EE ET
les démarches que je crus de mon devoir de prendre à cet égard dans mes relations avec les membres de lu législature dans la semaine que je fus à Montréal. Plusieurs membres de l'opposition me demandèrent, entre autres choses, mon opinion sur le bill. Ma réponse fut que dans mon opinion le bill demandait des amendements ; mais je ne mentionnai aucune objection particulière au bill, et je remarquai que l'impression générale était que j'avais, comme de raison, pris part à la rédaction du bill ; et je sais de bonne source que M. Cameron déclara à un membre marquant de l’opposition qu’il (M. C.) avait adopté mes suggestions par rapport au bill. Dans ce moment d’excitation, J'oserais dire que certains membres de l'opposition auraient été bien contents d’avoir des raisons pour s’opposer à la mesure ; mais je crus qu’en honneur je devais m'en tenir aux remarques que j'avais faites aux membres du gouvernement sur le caractère général et les dispositions du bill. Le seul membre de la législature autre que vous, M. Merritt et M. Hincks, auquel j'aie parlé des dispositions du bill, (et je dis cela à M. Merritt dans le temps) est M. Joseph C. Morrison, avec lequel j'avais agi comme membre du bureau d'éducation pendant près de trois années ; avec lequel
| j'avais souvent parlé de la loi des écoles et qui était un
partisan bien décidé du gouvernement. On me dit que c’est une impression générale dans le pays que jai non seulement approuvé, mais que j'ai encore aidé à dresser le bill—-bien qu’on ne m'ait pas même fourni l’occasion d'exprimer personnellement mes vues sur les dispositions de ce bill, et bien que les clauses qui m’intéressent le plus aient été introduites à la fin même de la session, (sans qu’il en ait été donné préalablement avis comme cela se fait toujours dans le parlement anglais) et n’aient pu être bien somprises par dix membres au plus, puisque tout 1 ‘!l de trente-et-une pages a passé dans la chambre & -: mblée dans moins de deux heures.
De la manière dont l'on a procédé à mon égard dans toute la question de mon département, je passerai maintenant à quelques-unes des dispositions du bill qui ont une application générale ou personnelle. Je ne ferai que les mentionner ici avec une ou deux observations, vous renvoyant à ma communication du 12 mai pour de plus amples remarques explicatives sur le caractère et la tendance de ces dispositions.
1. D’après le bill, les corporations actuelles de syndics d'écoles cessent d'assister le premier janvier prochain, sans qu'il soit établi aucune disposition pour continuer les engagements qu’ils ont pris ou pour donner des garanties aux personnes qui pourront avoir alors des réclamations contre les syndics. J’apprends que la cour a récemment décidé, que les syndics ne sont pas personnellement responsables des engagements qu’ils ont pu prendre dans leur qualité de corporation, L'effet d’abolir les corporations actuelles d'écoles sans voir à ce qu’elles remplissent leurs engagements sera donc de faire perdre aux pauvres maîtres d'écoles plusieurs milliers de louis qu’ils ont bien gagnés. L’expérience des dernières années fait voir que les instituteurs ne reçoivent pas en moyenne plus de la moitié quelque fois moins de la moitié de leurs salaires au 3i décembre de chaque année. On ne peut pas supposer que cela ira mieux cette année, bien que par l’entremise du Journal of Education, j'aie porté ce sujet à l’attention des parties intéressées. Les pertes et les diffcultés que l’on a rencontrées dans des occasions précédentes sous des circonstances semblables constituant l’époque le plus pénible du système d'éducation dans le Haut-Canada.
2. Sous le nouveau bill, (comme je l’ai fait voir dans ma communication du 12 mai dernier), les maîtres d'écuies perdront (mème en supposant qu’il ne serait accordé aucun per centage aux trésoriers de comté) plus d’un quart du montant actuel du fonds des écoles
Nt
élémentaires qui leur est payé. C’est là un des traits d'courageants que ce b'Îl présente pour les maitres d'écoles élémentaires.
3, Le nouveau bill donne aux syndics moins de
pouvoirs et leur impose des obligations et des devoirs |
plus grands que la loi actuelle ne leur en donne et ne leur en impose, et augmente ainsi les incertitudes et les difficultés qui ont rapport au paiement du salaire des maîtres. L | pouvoirs, de simplifier et faciliter les devoirs des syadics ut d'établir plus de ponctualité et de promptitude dans le paiement du salaire des instituteurs, ainsi qu’on peut le voir dans chacun de mes trois rapports où commu ications transmis au gouverneur-général en conseil au sujet de la loi des écules élémentaires du Haut-Canada et qui n’ont pas été publiés. Les dispositions du nouveau bill sont d’une nature tout-À-fait opposée comme l'a fait voir la communication mentionnée plus haut, En vér bill font aux instituteurs est si dé:curugeant, qu'un ancien instituteur est venu me trouver il y a quelque temps pour savoir à quelles conditions son fils pourrait être admis pour peu de temps à l’école normale, comme écolier payant, en disant qu'il avait eu l'intention de préparer son fils à entrer duns la profession qu'il suivait et le faire entrer à cette fin à l'école normale, mais l'avenir que la nouvelle loi préparait aux instituteurs tait si peu encourageant qu'il voulait maintenant qualifier son fils pour le commerce. Dans tous mes rapports et cominunications sur la loi des écoles j'ai parlé des difficultés que les syndics rencontrent sous la Li actuelle, et de la nécessité et des moyens de les diminuer, mais le nouveau bill les augmente. Et il me parait iniuste d'imposer à certaines personnes, sous une pénalité, l'obligation de remplir les devoirs de syndics, sans les indemniser de leurs troubles, comme le sont les conseillers, et encore restreindre leurs pouvoirs et les surcharger de formules et de conditions nouvelles dans l'exécution de leurs devoirs. Il n’est pas possible, suivant moi, d’avoir de bonnes écoles élémentaires, de les améliorer sous de telles circonstances,
4. Le nouveau bill abolit les bureaux actuels de syndics pour les cités et villes incorporées, renverse le système des écoles commencées dans plusieurs villes et rétablit l’ancien système que l'expérience de l'Amérique nous montre comme incapable de produire autre chose que des écoles élémentaires, isolée de la classe
Dès l'origine, j'ai t@ché d'augmenter les |
ité, l'avenir que les dispositions du nouveau |
la plus inférieure—#£ablissant aucune disposition
quelconque pour créer un système où une gradation
écoles dars aucune ville ou cité, comme écoles primaires intermédiaires et supérieures comme il en est fondé dans chaque ville et cité considérable dans les Etats voisins. Îlest bien vrai que l'on a fait peu de chose dans nos cités et villes en comparaison de ce ps nous aurions pu et de ce que nous aurions dû aire ; mais il est également vrai que l’on a fait beau-
coup plus dans toutes les cités et villes incorporées du |
Haut-Canada (Toronto excepté) sous la loi actuelle que sous aucune loi précédente, nonobstant l'omission d'une disposition pour imposer des taxes—omission dont
je vous aï expliqué la cause lorsque j'étais à Montréal, |
l'automne dernier. On doit aussi remarquer que les
corporations des diverses villes ont noblement com- !
mencé à construire des maisons d'écoles convenables et à établir un bon système d'écoles,
quatre beuux terreins d'écoles, et l’on a pris des mesures pour y ériger un égal nombre de belles maisons d'écoles. A Ste Catherine, j'apprends que l'on a entrepris la construction d'une grande maison d'école centrale avec les divers départements. A Brandford, l'on s'est décidé à commencer une constru tion semblable, et un membre de la corporation à été récemment envoyé à Toronto, a reçu de moi des plans très
A Hamilton, | lon s'est procuré dans différents quartiers de la ville |
convenables —et que je pouvais lui recommander. Dans
ES
= tee
la ville de London, on a déjà commencé une bâtisse semblable capuble de recevoir 600 enfants, dans différents départemert: confiés à différents maîtres, —le tout sous la direction d'un maître principal. La part de l'allocation législative qui revient l'in ville de London pour l'année courante est d’un peu plus de £100, mais les taxes d'écoles que les habitants se sont imposés volontairement excèdent £700, un ou deux cents louis de plus que le montant de la taxe des écoles de la grande ville de Toronto! Ces faits annoncent des temps plus heureux pour la jeunesse de nos villes, si l’on n'étouffe point dans leurs germes ces nobles efforts en introduisant un nouveau bill d'école, qui, sans avoir été demandé par aucune pétition d'aucun endroit, et sans un seul mot d'avis où d'explication dans la législature, efface de notre statut la loi actuelle des écoles pour les cités ct villes, et condamne les amis d'une bonne éducation dans nos cités et villes au désappointement, à la disgrâce et au dégoût,
5. Le nouveau bill détruit tout ce qui a été fait sous le présent ucte pour introduire dans nos écoles une série uniforme de livres excellents—annule l'autorité que le bureau provincial d'éducation possède de recommander des livres pour les écoles et donne cette autorité à un grand nombre de bureaux de comté qui seront nommés par la couronne. L'emploi d'une série uniforme de livres convenables, est un des traits les plus caractéristiques d’un bon système d'école et le plus difficile à établir: cependant dans moins de trois années, une série de livres d'écoles, sans pareil sous le rapport de l'excellence et du bas prix, a été introduite dans une majorité considérable des écoles élémentaires du Haut-Canada, et cela sans prohiber les autres livres ou sans user d'un pouvoir arbitraire, mais uniquement par la persuasion et en dorount l'occasion de faire connaître ces livres et de les mettre à la portée de toutes, les parties de la province. Je ne connais sur ce point aucun exemple d’un succès pareil, même durant une période de cinq années, dans aucun Etat onu province d'Europe ou d'Amérique, Mais non seulement Île nouveau bill enlève au bureau d'éducation le pouvoir exercé ainsi d’une manière si salutaire, mais n'établit aucunes dispositions pour continuer les livres déjà recommandé» jusqu’à ce qu'on en autorise d’autres. Les procédés du bureau d'éducation relativeme.t à l'école normale et aux livres destinées aux écoles Clé. mentaires en général n'ont causé à ma connaissaner aucun murmure où mécontentement dans nicune jpartie du Canada,—cependant sans qu'on Pat demandé par pétition, sans qu'on ait donné pour cela nucune raison dans la législature, on va anéantir les travaux de deux années que le bureau a accomplis relativement aux livres ; les écoles du Haut-Canada, le ler janvier, 1850, se trouveront sans livres autorisés, et pourront être encombrés de toute espèce de livres inférieures que lex colporteurs, et leurs dupes et agents viendront introduire, jusqu’à ce que les bureaux des localités soient organisés et préparés À agir—ce qui n'aura pas lieu beaucoup avant la fin de l’année, D'ailleurs, le bill ne pourvoit point au paiement des dépenses qu'entraîne. ruat ces bureaux de localités, Il ne leur est pas alloué un denier pour pouvoir être en état de se procurer un échantillon des livres, pour conduire leurs déhilérutions ou pour donner effet à aucune de leurs délibrations. [1 leur faut Lâtir suns les matériaux ncccssaires,
L'idée ou l'espoir d’avoir une série de livres uniformes dans les écoles, quand l'adoption de ces livres dépend de vingt-cinq bureaux locaux indépendants est ridicules ; et dans la dernière entrevue que j'ai eu avec vous, j'ai suffisamment expliqué combien sont inférieurs les moyens qu'un bureau local a de constater et recommander et donner les moyens de se procurer des livres convenables en comparaison de ceux que possèdent un bureau provincial et le surintendaut des
bl
CE
écoles, Je vous ai aussi expliqué la grande impor. tanco du principe suivi dans d’autres pays que c'est aux autorités qui dirigent l’école normale ou les écoles de l'Etat À recommander des livres en usage dans les Écoles de cet Etat, et pour la raison évidento, que les livres en usage dans l’école normale et l’école modèle devraient aussi être en usage dans les écoles élémentaires, et qu'il est d’une grande importance pour les instituteurs de savoir comment se servir de ces livres, ainsi que d’avoir quelques connaissances du caractère des livres qui doivent composer des bibliothèques d'écoles élémentaires—exemplaires desquels devraient comme de raison former partie de la bibliothèque de l’école normale, et il devrait en être donné un analyse dans quelques lectures des écoles nognales.