Couposrs D'EUROPE, COMPARÉS AU MIEN
nt cCOM- Question.—En Angleterre et en France, on fait aussi des sent pas composts qui sonttraités par la fermentation. Les vôtres sont-ils supérieurs à ceux-là ? S'ils le sont, voudriez-vous me dire pourquoi ?
Réponse—Les Anglais, qui passent pour être très-avancés en agriculture, sont précisément ceux qui suivent le système le plus dissemblable à mon procédé. Ils opèrent avec des matériaux secs, qu'ils n’humectent jamais. Leurs tas sont fore facile. més de couches de matières végétales ligneuses,de chaux et de nq pieds terre. Ce système est très-onéreux et demande beaucoup de 1 —SOUS temps. De plus, l’engrais n’est obtenu qu'après un délai d’un an et plus, souvent ; les composts ne sont pas de bonne quanner la lité ; la chaux vive,mise en contact avec les substances végéépenses, tales, détruit quelquefois une grande partie de l’humus que
sà l'air. les corps ligneux auraient fou:ni par leur décomposition. S'il e, où du . N'y avait pas assez de chaux dans les composts, le travail de désorganisation ne s’opérerait pas comme il faut, même dans eux, Je un long espace de temps. Il est très-difficile de se tenir dans en moT- un juste milieu pour une opération de ce genre, tandis que, de ma- de mon côté, je suis en mesure de préparer un mélange prét la faire férable à celui des Anglais, et cela, dans l’espace dequelques
‘ver les
des han- heures, au lieu d’un an.
Les Normands fabriquent aussi des engrais terreux pour nt plu- la culture du lin. Lis ont appris par une longue expérience s quali- qu'un riche engrais était défavorable à la graine des
plantes texi ::: ; vu sa petitesse et son contact avec les partià cules de l’engrais, il arrive qu’elle se consume avant d’avoir OMPOSTS: germé. De là, la préparation d’un compost qui devait fayodans là riser la germination, se laisser absorber par les racines, et fournir de la nourriture à la tige du lin, sans cependant l’engorger par une sève trop épaisse. Le procédé suivant a été adopté : Une couche de fumier et une couche de terre sont les éléments de l’engrais en question. Les matériaux sont
En, en
brassés et remués de temps en temps. Après un an, ce compost est prêt pour la culture du lin, ainsi que pour d’autres usages, mais surtout pour la culture du lin.
Le fumier,ainsi incorporé à de la terre et remué plusieurs fois, se consomme par une fermentation lente, par l’action des pluies, de l'air, par la végétation de gros chardons « d’autres plantes parasites qui poussent sur les tas et pompent tous les jus. Bien plus, la maturité de l’engrais n’est pas complète, même après beaucoup de travail,et un an consa:ré à sa production. Mon procédé produit un résultat bien diffé. rent : tous les sels et les substances riches en humus sont dissiminés dans les éléments terreux qui retiennent forte. ment les principes fertilisants. Ceux-ci sont distribués aux plantes, au fur et à mesure de leur besoin. L’engorgement n’est pas à craindre, car, la terre pétrie retient, avec plus’'de ténacité, les matières en question, et mon ferment se com: pose d'éléments divers, qui se décomposent les uns après les autres, suivant la nature des plantes. On sait qu’une fermentation lente et prolongée est destructive ; mais, une fermentation rapide et énergique produit plutôt une augmentation de voluine qu’une perte. Exemple : Les fêves cuites dans l'eau bouillante ne perd:nt aucun de leurs éléments: elles sont seulement ramollies et disposées à devenir solubles, au moyen de la fermentation digestive. Ces mêmes corps soumis à la cuisson, sans eau, se réduisent en poudres, comme les marrons laissés dans les cendres chaudes.
Eh bien ! c’est à ce résultat qu’on arrive en fabriquant des composts secs par une fermentation prolongée. Au contraire. en faisant décomposer promptement les matières végétales vertes, préalablement mélangées avec des substances ter: reuses, on prévient toute perte de principes volatils. Il s’en suit que le compost ainsi préparé peut s’enfouir tout de suite. dans un an, ou même, après plusieurs années. Sa puissance fertilisante ne s’affaiblit pas, tandis que les autres composts s’appauvrissent, en conséquence de leur préparation défectueuse et de leur défaut de cohésion, défaut qui disparait par une combinaison liquide.