ADDITIONS ET CORRECTIONS
De nouvelles données que je dois à l’obligeance de M. le Prof. Roth de Munich, revenu depuis peu de temps d’un second voyage dans la Palestine, m’obligent à quelques nouvelles remarques par rapport à plusieurs espèces, dont il est question dans cette notice.
1. L'espèce de Rhodes que j'ai nommée Zonites aequatus, jouit, non sans quelques modifications, d’une
grande extension; M. Roth l’a recueillie à Athènes, à
Jérusalem et sur plusieurs autres points de l'Orient. Il la considère comme identique avec l’H. superflua Rossm., provenant originairement de l'île de Candie. On ne connais de cette dernière que la diagnose et la figure qu’en a donné M. Pfeiffer (Mon. HIT. 101. Chemn. T. 121. f. 10. 12), lesquelles diffèrent essentiellement du Z. aequatus. Ce dernier est plus déprimée, sa surface reste presque matte (au lieu de ,nitidula{), sa suture est superficielle (rien moins qu'impressa{); il a un moindre nombre de tours (dans les plus grands individus 5 au lieu de 6), les tours ont un prompt accroissement (non »Sensim accrescentes(); le dernier, ainsi que l'ouverture, est surbaissé et fortement transverse, tandis que M. Pfeiffer le désigne comme ;teres{ et l'ouverture comme
»lunato-circularis®. La sulpture au côté supérieur de la
coquille paraît assez semblable, seulement dans le Z. ae-
PR re
quatus les lignes spirales, sont peu visibles: et lon voit dominer, même au-delà de la circonférence, des rugosités minimes dans le sens des stries d’accroissement, D’après cela il me paraît assez évident, que le Z. aequatus n’est pas l'espèce décrite et figurée par M. Pfeiffer; reste à savoir, ce que je ne puis décider, à laquelle des deux formes devra en définitive revenir le nomtde M. Rossmaessler. Au reste nous répétons de nouveau que le Z. aequatus (H. superflua Eossm. sec. Roth nec Pfr.) doit être très voisin de l’H. protensa Fer. (Fer. Æ. 82. f. 3. Chemn. T. 83. f. 4. 6), ‘également de la Syrie, et que peut-être il devra lui être subordonné. :
2. M. Roth se prononce également pour l’adjonction de l’H. flavida Lieglr. à son H. Erdelñ. : N y joint de plus l'H. sudensis Pfr. (Mon. EL. 103. Chemn. T. 121. f. 7—9} et FH. Friwaldshyana sec. Desh. (Hist. E 97. Fer. T. 82. f. 1), laquelle paraît différente: de’ l’espèce de la Rumélie pour laquelle M. Rossmaessler avait pro- : posé ce nom (Rossm. Icon. No. 691). L'H Erdehi devient’ainsi fort caractéristique pour la partie orientale de la Méditerranée. Elle a été trouvée en Sicile :{H. striolata Phil. ou flavida Liegl.), à Naples (Escher d. L L.}, à Suda en Candie: (Forbes sec. Pfr. H. sudensis), Rhodes (H. Erdelü. Roth, Bellardi), PAsie mineure (Parr. in sched.), Beirut (Oliv.: Æ Friwaldshyana sec. Desh.), : Palestine (Roth). | |
3.: À Voccasion du Zonites smyrnensis Roth, j'avais - fait mention, non sans doute, de l'H. carica du même
auteur. L'examen d’un exemplaire authentique de cette
espèce me prouve que la forme, que j'avais prise pour telle d’après un envoi de M. Parreyss, en différait sous. divers rapports: par l'élévation plus forte de la spire, par la convexité des tours, enfin par la sculpture, quoiqu'a-
he
nalogue, bien moins développée, et qu’elle devra en être séparée, sinon comme espèce, du moins comme variété.
k. L'espèce décrite sous le nom de Chondrus aitenuatus n’est pas particulière à l'ilé de Cypre, M. Roth venant d'en rapporter une variété des environs de Jérusalem, qui n’en diffère que par sa columelle plus droite et presque dépourvue de plis. Il la considère comme le vrai B. obesatus des auteurs. Ce nom fut choisi par M. de Ferussac (Prodr. 451) pour une espèce de Syrie, dont il ne donna ni diagnose, ni figure. Le grand ouvrage de ce même auteur n’en fait pas mention; M. Deshayes la passe également sous silence. Plustard MM. Webb. et Barthelot disposèrent du même nom en faveur d’une espèce des Canaries, qui ne partage avec notre Ch. attenuatus qu’une ressemblance superficielle, puisqu'il faut placer l’une sous le groupe Napaeus Alb., et classer l'autre sous celui de Chondrus. En effet le B. obesatus W.., d'après les envois de M. Blauner, quoique »ovalo-cylindricus«, ne s’amoindrit pas dans son dernier tour, comme le fait d'une manière si frappante le Ch. attenuatus, et a en général une forme moins contractée et renflée, des tours plus élevés et plus convexes. Sa surface, fortement striée, presque costulée, laisse toujours apercevoir cà et là les granules irrégulières, qui caractérisent plusieurs espèces des Canaries; le Ch. attenuatus n'a que des fines stries d’accroissements, croisées par quelques stries spirales, mais sans aucunes granules. L'ouverture de lobesatus est plus alongée, plus régulière, analogue à celle des autres espèces voisines; celle de l’attenuatus rappelle les Pupas et les deux bords se rélient au moyen d’une callosité, qui développe à l'insertion supérieure du bords, à l'instar du Ch. pupa L., un petit tubercule calcaire,
dont l’autre espèce ne montre aucune trace, Nonobstant ces différences, M. Pfeiffer (Mon. IL. 117) fond les deux formes en une seule espèce et donne sous le titre de B. obesatus Webb., avec la patrie Canaria, une diagnose qui ne convient qu'à l'espèce de la Syrie. Il semble, que même sans l'examen direct des deux formes, l'éloignement de leurs patries, sans lien intermédiaire, aurait dû prémunir contre un rapprochement semblable. — En admettant la différence des deux espèces, il reste à décider à laquelle devra être donné le nom de B. obesatus? Si, d’un accord commun, on revendique la priorité d’un nom pour l’auteur qui le premier en a clairement fixé le sens, certes l'espèce de M. Ferussac, étayée d’aucune description, ni figure, enveloppée aujourd’hui encore de doute, ne pourra le réclamer, et il faudra le laisser, conformément à l'emploi qu’en ont fait la plupart des auteurs, à l'espèce de M. Webb, L'espèce de Syrie restera ainsi sans nom et il faudra lui donner ou celui de B. obesus (Mastus) Beck, qui paraît aussi peu fixé que le nom de M. de Ferussac, ou celui d'aftenuatus que j'ai proposé dans cette notice,