PRUNIER, LE NOTAIRE, L'ÉDITEUR, JEAN
M. PRUNIER
Qu'y a-l-il encore, imbécile?
JEAN
C'est le courrier, monsieur !
M. PRUNIER, amer {Il ricane)
Des commandes, probable ! (Il regarde son courrlcr.) Des prospectus, du vin, des corsets, des coupures de l'agence « Les Ciseaux de la Presse >, les bulletins de victoire! ah! le gredin ! {Ironique) Je fai^ gémir les presses. {Il lit.) Qu'est-ce que je disais. C'est la journée des tuiles. Ecoutez, c'est le bou(|uet. « Un fait assez curieux vient de se produire à l'Académie Française. M. Prunier des Reinettes était candidat à l'un des prix Monlhyon, comme traducteur d Horace. Comme il n'a aucun titre litléraire sérieux — c'est un rien, mais c'est charmant — aucun titre litléraire sérieux, l'examen de sa candida-
ture a fait découvrir en lui un de nos plus intéressants philanthropes, fondateur d'une crèche au biberon pour les nouveaux-nés de Seiaeport. C'est l'un des titres que M. de Moathyon a entendu récompenser, et M. Prunier des Reinettes a ainsi reniporté le prix souhaité pour des titres autres que ceux qu'il mettait en avant. Voilà un acte de bonne justice, et, pour le lauréat, le résultat est le même. » Le résultat e>t le même! Mais non, le résultat n'est pas le même.
LE NOTAIRE
Cette récompense est des plus honorables.
l'éditeur Elle honore le lauréat et l'Académie.
M. PaUNIER
Ah! fichez-moi la paix! Cne crèche! N'importe quel imbécile peut fonder une crèche. Il sutfit d'avoir de l'argent. Mais traduire Horace avec amour, avec o^énie. Ah I tous ct^s gens se sont donné le mot, aujourd'hui, pour m'arracher une à une les plumes de mes illusions.