‹ Cor Hygroma OstéiteChapitre 27 sur 30 · LA TUA T · texte numérisé non relu

LA TUA T

longueur du métatarsien fait également courir le danger d’une modification des points d'appui normaux du corps, les têtes métatarsiennes voisines risqueraient alors de supporter des charges trop fortes, ce qui entrainerait des lésions de compression de la plante du pied, si souvent étiquetées mal perforant plantaire et si rarement rattachées à leur cause

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Le problème se pose donc dans deux cas différents : ou il

y a simplement sub-luxation traumatique sans lésions orga- ”

niques durables et, dans ce cas, le malade guérira avec des soins locaux et en portant des souliers orthopédiques; ou il y a sub-luxation chronique, avec atteinte de l'articulation, formation d’ostéophytes développés au voisinage d’une arthrite traumatique. Le cas est alors chirurgical : il faut libérer l’articulation et permettre à nouveau le jeu normal des phalanges. > ee

C’est encore aux Maladies du Pied de À. WALLET que j’emprunterai cette règle de conduite :

« L'intervention ne devra jamais tendre à supprimer les parties molles pathologiques qui sont l’effet et non la cause, car elles guérissent intégralement dans le mois qui suit la suppression du facteur qui les a créées.

« L'opération, toujours différente suivant les différents

sièges des hygromas, devra tenir compte, non seulement de l'obligation de supprimer l’exostose sous-jacente, s’il y en a une, mais surtout d'empêcher la résultante des forces agissant sur les axes osseux de continuer à appliquer son point de plus grande compression au niveau de l’hygroma. » La solution est aisée dans le cas des orteils en marteau; les techniques chirurgicales sont nombreuses et bien réglées, toutes pourtant ne donnent pas des résultats satisfaisants, les meilleures sont celles qui donnent à l’orteil le plus de souplesse.

Pour les Hallux Valgus qui, par 6rdre de fréquence, viennent immédiatement après les orteils en marteau, les chirurgiens ont à leur disposition une bonne centaine de méthodes et n’ont, somme toute, que l'embarras du choix: celles qui méritent de retenir l’attention sont, nous l'avons vu, celles qui donnent au malade un orteil extrêmement souple, sans toucher à la longueur du métatarsien.

Il faut, en effet, avoir toujours à l'esprit que ce qui intéresse le malade, c’est de pouvoir marcher normalement, et, de préférence, avec des chaussures de confection : inutile donc de lopérer si c’est pour lui faire porter ensuite des chaussures orthopédiques.

A côté de l'orteil en marteau et de l’Hallux Valgus qui sont, dans la majorité des cas, les deux grandes causes des cors et de l’hygroma, une place importante doit être faite aux accidents de compression de la plante du pied.

Ces lésions qui, à leur premier stade, sont généralement

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et proprement appelées bois et à leur Sade terminal mal perforant plantaire, avec tout ce que cette étiquette comporte de chronique et de désespérant, sont, comme je lai déjà montré, dues au jeu de bras de levier de la phalange refoulant la tête métatarsienne contre la semelle.

Le plus simple est donc de supprimer ce bras de levier en enlevant la phalange, la phalangine venant alors se mettre dans le prolongement du métatarsien avec, entre eux, une bonne épaisseur de tissu mou, non ossifiable, faisant tampon.

Mais bien souvent cette intervention ne suffirait pas car, surtout si l’hygroma a suppuré, la tête métatarsienne peut être altérée et des lésions d’ostéite, douloureuses par ellesmêmes, continueraient à faire souffrir le malade, empêcheraient la guérison du « mal perforant >» même apr ès suppression des efforts anormaux demandés à cette région. Dans ce cas, il faut enlever la partie malade, supprimer “la tête métatarsiéenne, et très rapidement disparaîtront l’hygroma et le durillon sous-jacent.

C’est donc toujours à l'articulation sous-jacente à la lésion qu'il va falloir aller, en ayant soin de la rendre encore plus souple si possible qu’une articulation normale. . D'autre part, on aura toujours intérêt, tant du point de vue esthétique que du point de vue pratique, à conserver la morphologie normale du pied, à éviter les amputations trop souvent pratiquées, en cas d’orteils en marteau par exemple.

Ces amputations donnent évidemment une guérison immédiate des accidents de compression, mais elles provoquent fréquemment, par la suite, une luxation des deux orteils voisins qui viennent occuper la place vide, d’où nouveaux cors d’une part, mais surtout possibilité de maladie de Morton : la tête du métatarsien de l’orteil amputé n'étant plus protégée par ce dernier se trouve comprimée entre les deux voisines, avec pincement des nerfs collatéraux. |

Le chirurgien doit donc viser à obtenir un orteil d’apparence intacte, mais dont les bras de leviers osseux sont supprimés ou modifiés de telle sorte qu’une fois le pied dans la chaussure, il ne puisse plus y avoir une zone de compression anormale.

Il va de soi que, dans ces conditions, toute manœuvre portant sur la bourse séreuse elle-même (exérèse chirurgicale, sclérose par injection modificatrice intra-cavitaire ou par irradiations aux Rayons X, électro-coagulation, etc.) est inutile et conduit à une récidive certaine, en admettant toutefois que la situation ne soit pas fâcheusement compliquée par une cicatrice douloureuse; tandis que cette même bourse séreuse disparaîtra d’elle-même une fois que, l'articulation sous-jacente étant correctement modifiée, toute pression aura disparu à son niveau, le tissu conjonctif reprend alors son aspect normal et on ne retrouve même plus une cavité virtuelle.

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