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= F des RER
parmi nos élégantes, ne veulent à aucun prix se séparer de leurs « brodequins » (ceci dit dans le sens du célèbre supplice), si délicieusement courts et si joliment pointus. Il est d’ailleurs inutile de chercher à expliquer à de tels malades que toutes ces petites déformations viennent de leurs chaus-
sures. « Maïs, pensez-vous, Docteur, vous répondent-elles, je les prends toujours trop grandes, si je prenais une pointure
de plus, je les perdrais; d’ailleurs, c’est du rhumatisme, etc. » Insister dans de telles conditions est parfaitement inutile.
Quant à proposer à ces malades le port de chaussures ration- -nelles, c’est du temps perdu, jamais elles n’y consentiront,
même pour une heure.
En pratique, le problème qui se pose est donc beaucoup
plus celui d’une arthrite traumatique que celui d’une lésion
dermatologique. C’est contre la déformation osseuse sousjacente qu’il va falloir lutter et non contre le cor lui-même : en supprimant la cause, la lésion disparaîtra.
Il est d’ailleurs à noter que, même dans les cas de diathèses
telles que la goutte ou le rhumatisme, une intervention
portant sur l’article malade amènera un soulagement définitif et, comme nous l’avons déjà vu, la possibilité pour le malade de marcher normalement.
La conduite à tenir ne sera évidemment pas la même suivant l'importance de la déformation de lorteil. Pratiquement, les problèmes qui se posent sont des problèmes de mécanique : il faut agir sur les bras de levier formés par l’ensemble métatarsien, phalange, phalangine, phalangette,
bras de levier qui sont soumis d’une part au poids du corps
transmis par le métatarsien, d’autre part à un mur d’arrêt : le bout de la chaussure.
Il est donc évident que toute thérapeutique qui ne tiendra pas compte de ces faits est vouée à un échec certain. C’est le cas en particulier des prothèses destinées à redresser les orteils : leur mode d’action est parfait sur le pied nu, mais dès que le malade se rechausse, le seul résultat qu’il obtienne est d'introduire un corps étranger dans une chaussure déjà trop petite pour son pied.
L'exemple le plus net est celui de l’'Hallux Valgus; les appareils orthopédiques les moins mauvais sont ceux proposés par HOHMANN (Fuss und Beïn), qui, en resserrant les métatarsiens les uns contre les autres, redressent la première phalange, mais même avec ces appareils, dès que le malade remet son pied dans la chaussure, le gros orteil a immédiatement tendance à en gagner la pointe et, par le fait même, la phalange se reluxe sur la tête métatarsienne; l’appareil de contention est alors plus nuisible qu'utile. Il serait indispensable, dans ce cas, pour le malade, de porter une chaussure à bord interne rigoureusement rectiligne, sinon une intervention sur l’Hallux Valgus s'impose; elle devra viser à rac-
courcir le bras du levier, donc la phalange, car toucher à la”