‹ Cor Hygroma OstéiteChapitre 9 sur 30 · GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS

L'étude du cor, qui a pu être défini comme étant un épaississement circonscrit des couches cornées de l’épiderme s’enfonçant plus ou moins dans le derme par une saillie qui en est la caractéristique anatomique,

. tient actuellement dans les ouvrages de dermatologie, même les plus complets, une place extrêmement réduite à l’intérieur du chapitre des dermatoses traumatiques. Tout est dit lorsqu'il en a été fait une description clinique succincte, se imitant du point de vue anatomo-pathologique aux lésions cutanées de parakératose, et n’abordant la thérapeutique que pour conseiller lutilisation des divers agents physiques à notre disposition : du cautère d’antan à la moderne cryothé-

rapie, en passant par les divers caustiques salicylés ou autres, la diathermo-coagulation, la radiothérapie, ne parlant que

- rarement et timidement du bistouri manié par des mains:

- expertes. =

} Seuls, les rares ouvrages spécialisés destinés aux pédicures

…. s'étendent plus complaisamment sur les diverses techniques

. employées pour abraser.les parties cornées à laide de bis-

. touri, de gouge, de tranchet, de pierre ponce, et, plus récem-

ment encore, de la fraise électrique analogue à celle qu’em-

pioient les dentistes. Mais là encore, il n’est question que des

lésions épidermiques.

Si, par contre, nous nous tournons vers les anciens auteurs, nous les voyons traiter du cor avec un luxe de détails qui - surprend au prémier abord : ALIBERT lui-même ne consacre- . : t-il pas tout un chapitre de son traité de dermatologie à LE . l'étude du TYLOSIS? h = - Et pourtant je ne pense pas que le cor soit une affection

plus rare actuellement qu’à l’époque d’Ambroiïise PARÉ ou

d’ALIBERT. Aucune statistique n’a, à ma connaissance, été

sa

LOS TUE j-

faite dans ce sens, mais le fait qu’il y ait, dans le département de la Seine, plus de 2.000 pédicures, officiellement inscrits sur les listes de leur syndicat, sans compter les autres Kalors qu’il y a environ 6.000 médecins), est je pense suffisamment éloquent par lui-même lorsqu'on songe à la disproportion qui existe entre le champ d’action du pédicure et celui du médecin. ‘

Si les auteurs anciens s'étaient ainsi intéressés à la question du cor, c’est que l'importance sociale d’une affection aussi répandue et aussi douloureuse ne leur avait pas échappé.

Depuis les premières civilisations en effet, les hommes et surtout les femmes ont enfermé leurs pieds dans des chaussures qui généralement, pour élégantes qu’elles étaient ou voulaient être, n’en étaient pas moins irrationnelles, leur forme n’ayant que de lointains rapports avec celle du pied au repos et ne tenant aucun compte des modifications subies par ce dernier au cours de la marche. 2-4

Notons d’ailleurs que les chaussures de confection moderne ne sont guère mieux conçues et que les quelques efforts qui sont tentés sporadiquement pour en améliorer la forme sont voués à un échec certain du fait des exigences de la mode. Quant aux chaussures sur mesure, elles sont peut-être encore plus néfastes : le bottier n’ayant qu’un souci : écraser le plus possible les orteils de façon à obtenir une forme petite, pointue et sans plis, c’est d’ailleurs de que demande la clientèle féminine qui préfère souffrir de ses pieds comprimés plutôt qe de son élégance compromise, en se souvenant du vers

vide :

Ne vagus in laxa pes tibi pelle natet.

A NPA

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