‹ Cora ou L'esclavage drame en cinq actes et sept tableauxChapitre 47 sur 96 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

CURT1S, JOHNSON, KHAIG, BILL, BUTHERFLY, LUCY, Mistress BRADLEY, le maître du bar-room, passagers, musiciens allemands; puis PERSIFER «t GEORGES.

(Les passagers sont dispersés çà et là, soit debout, soit assis sur des bancs, lies chaises ou des rocking-chairs, sorte de chaises longues. — Une demi-dour.aine d’hommes entourent la table de jeu, présidée par Butherfly. — Bill y est installé — La plupart des hommes fument ; quelques-uns lisent desjournaui. — Curtiset Kraigse promènent de long en large en causant, et à chaque tour disparaissent dans la coulisse à gauche. — Johnson, assis prés de Lucy et de mistress Bradley, lit un journal. — Le maître du bar-room, debout derrière son comptoir, sert à boire à quelques passagers. — Son costume se compose d’un pantalon à plis retenu par des bretelles brodées, d'une chemise dont le jabot et les ma-cnes sont attachés par des boutons de diamants, et dont le col est rabattu sur un ruban de soie noire. Quelques passagers, et entre autres M. Butherfly, sc font remarquer par une exagération analogue dans leur toilette. — Les musiciens allemands, au nombre de trois, cornet à pistons, clarinette et trombone, exécutent, debout, sur un banc adossé à la cage de l’escalier du salon des dames, la Un de l'ouverture de Guillaume Tell, avec un arrangement de fantaisie.)

LFS PASSAGERS, après que les mnsiriens ont terminé leur ouverture.

Bravo! charmant! très-bien!

MISTRESS BRADLEY, à Johnson.

Voilà l’ouverlure de Guillaume Tell étrangement exécutée, mon neveu !

JOHNSON

Gomment? un trombone, un cornet à pistons et une clari-

CORA OU L’ESCLAVÂGR.

nette! Vous ôtes difficile à contenter, chère tante!... Nous ne sommes pas à Paris.

MISTRESS BRADLEY

Je m’en aperçois !

BDTHERFLY.

Atout!...

Que le diable soit de l’euchre ! j’y perds toujours!

(Gnrtis entre en scène en se promenant avec Kraig.)

CURTIS

La loi, monsieur Kraig!... Mais on ne va pas jusqu’aux limites de la loi ! [railleurs toutes les règles protectrices sont tombées en désuétude et les rigueurs subsistent! Que reste-t-il dans notre Code noir de l’édit de Colbert? A latin du dernier siècle déjà, Malouet écrivait qu’eu réalité tout était à la discrétion du ' maître.

KRAIG.

Eh bien! n’avouez-vous pasvous-môme que la pratique?...

(A un de* musiciens qui fait le tour du bateau en recueillant les offrandes des passagers.)

Je n’ai pas de monnaie.

CURT1S, donnant de l'argent au musicien.

Tenez !

(Le musicien achève de faire le toar de la scène et sort avec ses camarades.) JOHNSON.

Curtis!... aperçoit-on encore le dôme de Saint-Charles?

CDRTIS.

A peine, comme un point ; on ne voit plus que les côtes. Le salon réservé est-il plein, que ces dames nous font la grâce de rester sur le pont?

MISTRESS BRADLEY

Les moustiques nous en ont chassées, mon neveu !

CURTIS, riant.

Vous vous y accoutumerez!

MISTRESS BRADLEY

Oh! les vilaines bétes!...

CURTIS, tirant un journal de *a poche et le lui donnant.

Voulez-vous un journal.?

(Il reprend sa promenade avec Kraig.) KRAIG.

Je vous disais que la pratique...

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