ACTE TROISIÈME
curtis.
Ne parlons pas de la pratique, monsieur Kraig, mais de la loi 1- .. Au Brésil, du moins, l’esclave peut se racheter, et, devenu libre, il a les droits d’un homme libre (1)1...
(Curtis et Kraig disparaissent.)
JOHNSON, à Brndley.
Voilà encore Curlis sur son grand cheval de bataille ! Mais M. Kraig n’est pas homme à se laisser désarçonner facilement.
Ml STB EPS BD ADI.EY.
Ne me parlez pas de votre M. Kraig, Williams! Depuis que vous m’avez raconté l’histoire de cette Francilia, il mi fait horreur!
JOHNSON
Bon! il a été assez puni par sa mort, puisqu’il y a perdu les mille dollars qu’elle lui avait coûtés.
MtSTRESS BBADI.EY.
Vous réduisez tout à des questions d’argent. (j«unt i«» yeui *ur le oum»i.) Tenez! ne voilà-t-il pas encore de vos infamies?
JOHNSON
Qu’est-ce que c’est?...
. MISTREPS BBADI.EY, lirai.
« Le 9, à midi, il sera vendu à la Rotonde, par Lewis : — Sci- « pion, noir en bon état, sain et sans tare; — Narcisse, mulâtre « foncé, idiot! » — Vendre un idiot (2)1 ...
JOHNSON
Eh bien ! aimez-vous mieux qu’on le jette à l’eau ?
MISTBEPS BBADI.EY, «mtlnusnl.
« Cassy, négresse, garantie des vices et infirmités prévus par « la loi ; son enfant sera vendu avec elle ou séparément, au « gré de l’acheteur (3). » Ne dirait-on pas des bétes de somme?
(Elle froisse le journal et le jette.)
JOHNSON
Ma chère tante, ne parlez pas si haut, je vous en prie; Curtis est déjà assez compromettant.
(t) Ilildreth.
(Z) Ampère.
(3) L’usage, selon Hildrcth, est de vendre les enfanta en bas âge au pria d’on dollar la livre — L'exactitude de cette assertion est contestée.
BILL, te levant.
Encore perdu!... (a part.) On dirait que ce Butherfly tire les cartes de sa poche, tant il a de chancel... (Haut) Ma revanche au crcps, si vous voulez?
Butherfly.
Soit!...
(Bill «'installe de nouveau à la table et engage une partie de crêpa avec des cornets et des dés. Curtis et Kraig rentrent en scène.)