‹ Cora ou L'esclavage drame en cinq actes et sept tableauxChapitre 62 sur 96 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

JOHNSON

Voici ces messieurs!...

(Cartia et George* entrent en scène.)

C1JRTIS.

Veuillez nous excuser; nous avions pris une fausse direction et nous marchons à l’aventure depuis dix minutes.

JOHNSON

Nous arrivons nous-mêmes à l’instant. — Avez-vous des armes, Curtis ?

CDRTIS, linnl des reTo'.sers de sa poche.

Impossible de nous procurer des pistolets de tir; nous n’avons que des revolvers.

BILL

Et' que diable voulez-vous qu’on en fasse?... C’est tout justement de quoi tirer sa poudre aux moineaux. Nous ne sommes pas venus pour percer des chapeaux ou brûler des chemises, comme on dit.

GEORGES

Aussi n’est-ce pas mon intention, monsieur... Ne peut-on charger un pistolet sur deux et tirer à bout portant?

BILL

Je ne sais ce qu’en pense M. Johnson; mais je n’aime pas un duel où l’on ne peut se défendre.

GEORGES

Faites donc les conditions vous-même...

JOHNSON

J’ai apporté ces carabines : monsieur Bessiôres veut-il que nous nous en servions?

GEORGES

Soit!

Permettez! Si vous tirez en même temps, il fait encore assez de jour pour que vous ne vous manquiez ni l’un ni l’autre.

JOHNSON

Eh bien! que le hasard décide qui de nous tirera le premier!,..

CURTIS

Alors la question se représente dans les mêmes termes que tout à l’heure.

BILL

Faisons mieux !... (indiquant u droite.) Voici un bouquet de bois qui

COR A OU L'ESCLAVAGE

n’a guère plus de cent pas de large; que les adversaires se placent aux deux extrémités, et à un signal convenu, en avant l Cela leur donnera par-dessus le marché le plaisir de la chasse I

CURTIS

Vous ne songez pas que M. Bessières- ne connaît pas le terrain.

JOHNSON

Je ne le connais pas plus que lui, car c’est la première fois que je viens de ce côté.

CURTIS, k Georges.

Acceptez-vous?

GEORGES

C’est enlendu.

BILL, prenant la carabin» que porte Johnson et la présentant à Curlis arec la sienne.

Choisissez, monsieur 1...

CURT1S, prenant une des carabines au hasard.

Les armes ne sont pas chargées?...

BILL

Non 1 (lui donnant des munitions.) Voici de la poudre et des balles... — Restez-vous ici ?

CURTIS

Soill...

BILL

C'est à nous de tourner le bois, monsieur Johnson; dépêchons, car le jour baisse.

CURTIS

Et le signal?

BILL

Nous restons à portée de la voix ; je vous avertirai...

C’est bien !...

(Bill et Johnson sortent par la droite.)

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