ACTE TROISIÈME
GEORGES
Rien!. . Je lui ai laissé croire que, dans son intérêt môme, j’avais renoncé à venger l’outrage qu’elle avait reçu.
CCRTIS.
C’est peut-être ce que vous auriez fait de plus sage ! car de quelque façon que ce duel tourne, il aura pour elle et pour vous de fâcheuses conséquences; les événements qui se préparent ont surexcité les esprits, et si vous sortez sain et sauf du combat, il ne faudra rien moins que l’intervention de votre Consul pour vous sauver des fureurs populaires.
GEORGES
Quand le sang bout, monsieur Curtis, on ne raisonne pas!... Ce qui me serre le cœur, je l’avoue, e’esl la pensée que, loin de la défendre, j’aurai attiré sur elle de nouveaux dangers! — Vous m’avez déjà donné tant de témoignages d’amitié que j’ose vous demander une dernière grâce...
CURTIS
Parlez!..,
GEORGES
Mon premier soin en quittant le Selma a été de retenir une barque pour nous ramener celte nuit même au lac Pontchartrain, par lberville et le lac Maurepas. Me promettez-vous, si je meurs, de reconduire Cora à l’habitation de son père?...
CURTIS
Je vous le promets...
Merci!
GEORGES, lai terrant la main.
CURTIS
Mais qu’est- elle donc venue faire à lberville?
GEORGES
Sa mère y est morte!...
CURTIS
Ah ! je comprends.
GEORGES
Je l’ai laissée se dirigeant avec Toby vers les cases de la plantation lîraig. A dix heures elle sera de retour au débarcadère, où la barque nous attend.
C’est bien!...
BILL. (On entend ta voir dans l'éloignement.)
Garde à vous!...
CORA OU L’ESCLAVAGE-
CURT1S, donnant la firabine h George*.
Voici voire arme!... Johnson est mon parent, monsieur Bessières, et je vois en vous un ami! Je ne puis faire de vœux ni pour lui ni pour vous! A la grâce de Dieu!...
(Goorges, après avoir serré la main de Cnrtis, s'éloigne et disparaît par le sentier qui conduit dans le bois.)