SCÈNE IV
CORA, TOBY, pan CI1RTIS et JOHNSON.
TOBY
Oui, maîtresse, cette chanson que vous venez d’entendre, elle vous la chantait quelquefois pour vous endormir.
CORA, se parlant à elle-même.
Georges avait promis de nous rejoiudre : pourquoi n’est-il pas venu?
TOBY
Lejeune maître aura eu quelque peine à trouver une barque peut-être! Vous venez de voir la case où votre mère a vécu deux mois, maîtresse. — (Regardant autour d« ini.) Ce do't être ici qu’elle repose.
CORA
Ne m’as tu pas dit que tu avais planté une croix sur sa tombe?
TOBY
Oui, un jour que j’avais accompagné mon maître chez M. Johnson ; le temps aura tout détruit. — Mais je me rappelle qu'avec le .couteau môme dont elle s’était frappée j’ai fait une eulaille profonde dans l’arbre le plus voisiu.
(Il examine les arbres l’un après l’antre.)
COB A, 1 part.
Je n’aurais pas dû le quitterl
7fi
COR A OU L’ESCLAVAGE
TOBY, s'arrêtant près de la botte de gnon, derant on arbre où l’on remarque me entaille en forme de croix*
Tenez I c’est ici!...
CORA
O ma mère! pardonne-moi de penser à lui, quand je ne devrais penser BAS
dre sur ^esclaves comme sur les enfants! car leurs fautes ne viennent pas de leur volonté, mais de leur ignorance ou d e leur servitude!... Ce n’est donc pas pour ma mère que j im- Dlore votre miséricorde, mais pour celui qui, devant vous, est ïesionsaWe de ses fautes!... O mère chérie! n’est-ce pas que je 2 demander à Diîu de pardonner à mon père? n’est-ce pas que je dois lui pardonner? Je n’ai plus dans le cœur de place pour la haine!... je ne puis plus maudire!... — O ma mère....
Georges m’aime ! (On entend un co'up de feu d„„ s le bol». — Coraet Toby se relisent.) Tobv !... qu’est-ce que cela? (prêtant i-oreaie.) Lcoute!... on vient !... (Curtis entre rapidement en scène.) M. CurtlSl...
Vous, mademoiselle!...
CORA
Quel est ce coup de feu?
curtis.
Mais... quelque chasseur, sans doute!...
“ ^ ^Second coup de feu.)
CORA
Ions.)
JOHNSON
Je dois l’avoir atteinte..
CORA
A évanouie^sur
roc, au pied d'un arbre.)