ACTE TROISIÈME
JOHNSON
Elle ici !... Pardieu ! elle mérite à tous les égards votre sympathie, Curtis! car, j’avais oublié de vous le dire, elle m’a chassé de chez elle !
CURTIS
Vous?
JOHNSON
Oui; pour me punir de l’avoir trouvée jolie!
CURTIS
Johnson! vous vous rappelez sans doute la clause de notre contrat qui prévoit le cas où l’un de nous romprait l’association?
JOHNSON
Oui.
CURTIS
A partir de ce jour, je ne suis plus votre associé.
JOHNSON
Prenez garde 1 vous y perdrez la moitié de votre patrimoine.
CURTIS
Il me restera assez pour aller vivre loir, d’un pays que je renie pour le mien! Quant à votre sœur, vous pouvez lui dire que je lui rends sa liberté !
C’est inutile, car elle l’a reprise ! (curlii le regarde evec étonnement.) Lucy osait aimer le même homme que mademoiselle Cora : comprenez-vous?
CURTIS
Ah! vraiment?... Eh bien! tant mieux pour elle! son amour l’excuse, au moins!...
CORA, refenant J elle.
Georges!...
(Bill et Toby entrent en scène, portant Georges évanoui, les jambes appuyées sur le canon de la carabine tenue par Bill. Ils le déposent i terre; Toby lui soutient la tète.)
JOHNSON, à Bill.
Eh bien?...
BILL
La balle a pénétré entre les côtes; je le crois perdu.
CORA, sa relevant et courant s'agenouiller près de Georges.
Ah! Georges!... mort!... mort pour moi!
TOBT.
Il respire encore, maîtresse! nous pourrons peut-être le sauver!...
CDRTIS.
Voulez-vous le conduire A l’habitation de vo!re père, mademoiselle?... je vous accompagnerai.
CORA., V retournant vers Curtis et ini serrant la main.
Ah! mousieur Curtis!...
JOHNSON, à pirt.
Elle est vraiment belle !...
CDRTIS.
Cent dollars pour vous, monsieur Bill, si vous voulez être du voyage.
BILL
Cent dollars! je suis à vos ordres ! Avez-vous une barque?
CDRTIS.
Oui. (Prenant la place de Tobj auprès du blessé.) Toi, Toby, cherche des
branches pour nous faire un brancard.
TOBY
Oui, maître.
(II ramasse des branches sous les arbres.)
BILL, à Johnson*
Vous m’excuserez auprès de M. Kraig, n’est-ce pas?
(Il ldi rend sa carabine; Johnson la met avec l’autre snr son épaule.)
Soyez tranquille! Adieu, Curtis!...
CDRTIS.
Adieu !...
(Johnson s'éloigne. — La toile tombe.)