‹ Cora ou L'esclavage drame en cinq actes et sept tableauxChapitre 70 sur 96 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

GEORGES, CURTIS, BILL, P »n TORY.

BILL, entrant en scène par l'escalier du Tond. Il est à moitié gris.

Oui! je lui parlerai! nous verrons, mille diables!... (Apercevant Curtis et Georges ) Bonjour! — Où est M. Gérard? il faut que je lui parle !...

GEORGES

Il s’est absenté ce matin pour aller en ville.

Je vous dis qu’il faut que je lui parle!...

CURTIS

Qu’avez- vous, monsieur Bill? Vous ne paraissez pas de sangfroid ?

BILL

Ce que j’ai?... J’ai que votre ami Kraig est un fier coquin!...

CURTIS

Pardon, monsieur Bill! mais vous vous méprenez! M. Kraig n’est pas mon ami !

BILL, lui serrant la main.

Alors, vous êtes un brave! — Savez-vous ce qu’il m’a dit, à moi? — Que j’étais un homme de sac et de corde!... Oui, de corde pour te pendre, vieux scélérat!... Ah ! l’on ne me croira pas!... Eh bien! je connais le moyen de me faire croire, moi ! — Où est M. Gérard?...

CURTIS

M. Bessières vous a déjà dit qu'il était à la Nouvelle-Orléans!

CORA OU L’ESCLAVAGE

BILL

A la Nouvelle-Orléans?

GEORGES

Il doit en revenir ce matin même.

BILL

C’est bon!... Je vais prendre patience dans un lunch que j’ai aperçu aux environs; mais je reviendrai, parce qu’il faut que je lui parle, entendez-vous? — Le diable ne m’en empêchera pas!

GEORGES

Je ne manquerai pas de lui dire combien vous tenez à le voir.

BILL, regardant George*.

Tiens! c’est vous! Je vous croyais mort .. enchanté de vous revoir!... Kraig n’est pas non plus de vos amis, n’est-ce pas?... Soyez tranquille!... je lui prépare un coup de barre auquel il ne s’attend pas!... Pour cent misérables dollars, monsieur! Me refuser cent dollars, à moi! quand d’un mot... — oui, j’en ai dépensé mille... Eh bien! est-ce qu’il n’y a plus de wislcey ni de banques de faro à la Nouvelle-Orléans?...

GEORGES, bas à Curtis.

Que peut-il avoir à dire à M. Gérard?...

CURTIS, b*».

Je ne sais, mais tout ce qui concerne Kraig est bon à entendre. (serrant i* main de George*.} Adieu 1 mon cher Georges, et à bientôt.

BILL

Vous partez? c’est bon! je vais avec vous!... (se retournant «r* George*.) Mais il faut que je lui parle, vous entendez?

GEORGES

C’est convenu !

BILL, en s’éloignant avec Curtis.

Voulez-vous que je vous dise, monsieur Curtis? J’ai toujours soupçonné ce Kraig d’être un abolitionistel

CURTIS

Vous allez trop loin, monsieur Bill !

BILL

Non ! il en est capable ! (S’arrêtant derant Tobj qui entra en tcine et lui

montrant le poing.) Tenez !... s’il était de cette couleur-là seulement!,., j'e l’achèterais!...

(Curtis fait à Georges un dernier signe d’adien et descend l'escalier dn fond.

— Bill le soit en faisant le geste ae bétonner quelqu'un.)

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