LUCY, CORA, CURTIS
LUCY
Comment! vous daignez faire à ma (ante la grâce d’assister à son bal, mon cher cousin ? Peut-être n’avez-vous pas songé que vous m’y rencontreriez?
CURTIS
Peut-être espériez-vous ne pas m’y voir ?
LCCT.
Je vous attendais avec impatience, au contraire! Non pas pour moi, rassurez-vous! mais pour mademoiselle Gérard, mon amie, qui veut vous demander des nouvelles de son père.
CÜRTIS.
J’allais vous prier de me présenter à mademoiselle !
LIICY, prétroUnt Curtii i Cor».
M. Curtis, Yankee, négrophile, propriétaire d’esclaves, mon cousin et mon futur mari, à ce que dit ma tante.
CURTIS
Je ne plaisante pas, Lucy.
LUCY
Vos nouvelles sont donc mauvaises?
CURTIS
Du moins ne sont-elles pas aussi favorables que je l’aurais désiré.
De grâce, monsieur, parlez! — Qu’est-il arrivé à mon père?
CURTIS
Rassurez-vous, mademoiselle ; je l’ai laissé en voie de guérison.
U a été malade ?
CORA
CURTIS
Blessé, dans une révolte de nègres, sur sa plantation.
CORA
Blessé! — Oh! vous ne me trompez pas, monsieur : celte blessure n’est pas dangereuse?
C 0 R A OU L’ESCLAVAGE
CURTIS
Elle ne l’était plus quand j’ai quitté la Nouvelle-Orléans, je vous en donne ma parole.
Tu le vois, Lucy, mes pressentiments ne m’avaient pas trompée 1 Cher père! et je n’étaîs pas là pour lui donner mes soins!
LUCY , serrant les mains de Cora.
Pauvre amie!
(On entend un prélude de taise. — Georges entre en scène.)