‹ Corée, Chine et MandchourieChapitre 5 sur 39 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

nement. Pendant que, du coin de notre àtre, nous agitons gravement, un peu ridicules, des opinions et que nous exprimons des préférences ou des vœux, il y a déjà des blessés, des ruines, des douleurs en Extrême-Orient. Il y a déjà des blessés. Paris réunit des fonds pour les secourir. Mais, par une abominable distinction qui révèle bien que la guerre, en soi, supprime tous les progrès de la mentalité moderne, on se prépare à ne secourir que les blessés russes ! Comme si les blessés avaient une nationalité : comme si les blessés étaient autres que des blessés sans plus !

Nous aboutissons dès lors à un recul formidable Ters les siècles passés. Et il faut bien avouer qu'il doit en être ainsi jusqu'à ce que les conquêtes « pacifiques » mais « armées » aient cédé la place à la Paix.

M. George Lynch rapporte, dans The Path of Empire une conversation qu'il eut avecun officier japonais. Celui-ci estimait possible de faire un jour des chinois, selon son expression, des soldats de guerre. L'expression n'est pas nouvelle : nous la retrouvons dans les vieux refrains occidentaux, et je me souviens d'un couplet vendéen qui la reproduit mélancoliquement:

« Voici le mois de mars venu Soldats il nous faut partir en guerre Pour être tous soldats de guerre. »

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