X PREFACE
parti et souhaiter là victoire de Tun ou de l'autre des belligérants. Et si, d'une part, il y avait quelque amusement — le mot sonne mal ici — à observer l'attitude des trembleurs de l'AtTaire Dreyfus, de ceux-là qui disaient jadis : « Pas de révision : vous allez provoquer la guerre ! » — devenus aujourd'hui des braves à trois poils, s'acharnant à jeter la France dans une aventure folle et misérable, de l'autre, on restait péniblement surpris du zèle intempestif qui invoquait les dieux en faveur des troupes du Mikado ! Il est bien vrai que les f,'randes amours manquent de sang-froid — les amours russes comme les japonaises !
A ces japonisants à tous crins, je conseillerais fort de relire une lettre de Pierre Kropotkine :
<c Mais, s'ensuit-il qu'il soit d<^sirable de voir un Etat aussi belliqueux et si plein de rêves impérialistes que le Japon s'établir en Mandchourie ? Je ne le crois pas. Il n'était certainement pas dans l'intérêt de la civilisation européenne que l'Angleterre ajoutât à sa puissance maritime celle d'une nation continentale, en s'installant autrefois en Bretagne ou aux Pays-Bas. D'ailleurs, le Japon lui-même y perdrait bientôt ce que la civilisation a eu d'attrayant. Fruit de siècles de paix, celle-ci va vite disparaître sous l'uniforme européen, aux sons d'une méchant'î traduction de God Save the King ! »
En temps de guerre, les pacifistes se doivent de l'être plus que jamais, scientifiquement et humai-