‹ CorinneChapitre 19 sur 86 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Quinze jours se passèreut, peadant lesijuels lord Nelvil se coDsacra tout entier à la société de Corinne. 11 ne sortait de chez lui que pourse rendre chez elle;il ne voyaitrien, il De cherdiait rien qu'elle ; et sans lui parler jamais de soxt sentiment, il l'en faisait jouit à tous le& moments du jour. Elle était Bccoatu niée aux hommages vifs et flatteurs des ttsrtiens ; mais la dignité des manières d'Oswald , son apparente froideur, et sa sensibilité, guise trahissait malgré lui, exerçaient sur l'imagiualion une bien plus grande puissance. Jamais il ne racontait une action généreuse, jamais il ne parlaitd'unmalbeur, sans que ses yeut se remplissent de larmes , et toujours il cherchait a cacher son émotion. Il inspirait à Corinne un sentiment de respect qu'elle n'avait pas éprouvé depuis longtemps. Aucun esprit, quelque disiinguéqu'il fût, ne pouvait l'étonner; mais l'^évation et la dignité du caractère agissaient profondément sur elle. Lord Nelvil joignait à ces qualités une noblesse dans les expressions , une élégance dans les moindres actions de la vie , qui faisaient contraste avec la négligence et la familiarité de la plupart des grands seigneurs rouiains.

Bien que les goàts d'Oswald fussent à quelques ^ards différents de ceux de Corinne, ils se comprenaient mutuellement d'une façon merveilleuse. Lord Nelvil devinait les impressions de Corinne avecune sagacité parfaite, et Corinnedécouvrait, à la plus l^ère altération du visage de lord Nelvil, ce qui se passait eu lui. Habituée aux démouslràtions orageuses de la passion

D,mi,.=db, Cookie

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des ItalJeDS, cet altachemeaC limide et fler, ce sentiment prouvé sans cesse et jamais avoué, répandait sur sa vie un intéi^ tout à fait nouveau. Elle se sentait comme environnée d'une atmosphère plus douce et plus pure , et cliaque instant de la journée lui causait un sentiment de hoiiheur qu'elle aimait à goûter, sans vouloir s'ea rendre compte.

Un matin, le prince Castet-Forte vint chez elle ; il était triste, elle lui en denaaada la cause. —Cet Écossais, lui dît-il, va nous enlever votre affection; et qui sait même s'il ne vous emmènera pas loin de nous ! — Corinne garda quelques instants le silence, puis répondit : Je vous atteste qu'il ne m'a point dit qu'il- m'ai* mât. — Vous le croyez néanmoins , répondit le prince Castel- Forte ; il vous parle par sa vie , el son silence même est un habile moyen de vous intéresser. Que peut-on vous dire en effet que vous n'ayez pas enteudu ? quelle est la louange qu'on ne vous ait pas offerte? quel est l'hommage auquel vous ne soyez pas accoutumée? Mais il y a quelque chose de contenu, de voilé, dans le caractère de lord Nelvit , qui ne vous permettra jamais de le jugerentièrement comme vousnous jugez. Vous êtes la personne du monde la plus facile à connaître ; mais c'est précisément parce que vous vous montrez volontiers telle que vous êtes, que la réserve et le mystère vous plaisent et vous dominent. L'Jucounn, quoiqu'il soit,aplusd'aseendant sur vous que tous les sentiinentsqu'onvouslémoigne.— Corinne sourit. — Vouscroyez donc , cher prince , lui dit-elle , que mon cœur est ingrat et mon imagination capricieuse ? Il me semble cependant que lord INelvil possède et laisse voir des qualités assez remarquables pour que je ne puisse pas me flatter de les avoir découvertes. C'est , j'en conviens , répondit le prince Castel-Forte , un homme fier, généreux, spirituel, sensible même, et surtout mélancolique ; mais je me trompe fort, ou ses goûts n'ont pas le moindre rapport avec les vôtres. Vous ne vous en apercevrez pas tant qu'il sera sous le cliarme de votre présence ; mais votre empire Sur lui ne tiendrait pas, s'il était loin de vous Les obstacles le fatigueraient; sonâmeacontracté, par les cliagrins qu'il a éprouvés, une sorte de découragement qui doit nuire à l'énergie de ses résolutions ; et vous savez d'ailleurs combien les Anglais en gé-

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néral sont asservis aux mœurs et aux habitudes de leur pays. —

A ces mots , Corinne se tut et soupira. Des réfleiions péuibles sur les premiers événements de sa vie se retracèrent à sa pensée ; mais le soir elle revit Oswald plus occupé d'elle que jamais ; et tout ce qui resta dans son esprit de la conversalion du prÎDce Castel-Forte, ce fut le désir de fixer lord Nelvil en Italie , en lui faisant aimer les beautés de tout genre dont ce pays ' est doué. C'est dans cette intention qu'elle lui écrivit la lettre suivante. La liberté du genre de vie qu'on mène à Rome excusait cette démarche; et Corinne en particulier, bien qu'on pût lui reprocher trop de franchise et d'entraînement dans le caractère, savait conserver beaucoup de dignité dans l'indépendance , et de modestie dans la vivacité.

Corinne à lord Nelvil.

Cs IG décemtue I7N.

• Je ne sais, milord , si vous me trouverez trop de confiance

■ en moi-même , ou si vous rendrez Justice aux motifs qui peu- » vent excuser cette confiance. Hier, je vous ai entendu dire a que vous n'aviez point encore voyagé dans Rome, que vous « ue connaissiez ni les cliefs-d' œuvre de nos beaux arts , ni les H ruines antiques qui nous apprennent l'histoire par l'imagina- « tion et le sentiment; et j'ai conçu l'idée d'oser me proposer

■ pour guide dons ces courses à travers les siècles.

" Sans doute Rome présenterait aisément un grand nombre n de savants , dont l'érudition profonde pourrait vous être bien - plus utile; mais si je puis réussir à vous faire aimer ce séjour, » vers lequel je me suis toujours sentie si impérieusement atti- " rée, vos propres études achèveront ce que mon imparfaite es- ■■ quisse aura commencé.

« Beaucoup d'étrangers viennent à Rome comme ils iraient « à Londres, comme ils iraient à Paris , pour chercher les dis- « tractiousd'uuegrandevillejet si l'on osait avouer qu'on s'est " ennuyé à Rome, je crois que la plupart l'avoueraient; mais n il est également vrai qu'on peut y découvrir un charme dont " on ne se lasse jamais. Me pardomierez-vous, milord, de sou- » baiter que ce charme vous soit conna ?

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• SaQS doute il but oublier id tous les intérêts politiques du

■ monde; mais lorsque ces intérêts De sont pas unis à des de-

■ voirs ou à des sentiments sacrés , ils refroidissent le cceur. Il " faat aussi renoncer à ce qu'on appellerait ailleurs les plaisirs s de la société; mais ces plaisirs, presque toujours, flétrissent CI l'imagination. L'on jouit à Rome d'une existence tout à la

• fois solitaire et animée , qui développe librement en nous-

■ mêmes tout ce que le ciel y a mis. Je le répète , milord , par- « donneK-m^t cet amour pour ma patrie , qui me fait désirer X de la faire aimer d'un homme tel que vous ; et ne jugez point <■ avec la sévérité anglaise les témoignages de bienveillance

■ qu'une Italienne croit pouvoir donner , sans rien perdre à ses

• yeux, ni aux vôtres. Cobinre. - En vain Osnald aurait voulu se le cacher , il fut vivement

heureux en recevant cette lettre; il entrevit un avenir confus de jouissances et de bonheur ; l'ima^ation, l'amour, l'enthousiasme , tout ce qu'il y a de divin dans l'Sme de riiomme , lui parut réuni dans le projet enchanteur de voir Itame avec Corinne. Cette fois il ne réfléchit pas; cette fois il sortit à l'instant même pour aller voir Corinne; et, dans la route, il regarda le ciel, il sentit le beau temps, il porta la vie légèrement. Ses regrets et ses craintes se perdirent dans les nuages de l'espérance ; son cœur , depuis longtemps opprimé par la tristesse, battait et tressaillait de joie : il craignait bien qu'une si heureuse disposition ne pdt durer; mais l'idée même qu'elle était passagère donnait à cène Bèvre de bonheur plus de force et d'activité.

— Vous voilà ? dit Corinne en voyant entrer lord Nelvll ; ah ! merci. — Et plie lui tendit la main, Oswald la prit, y imprima ses lèvres avec une vive tendresse, et ne sentit pas dans ce moment cette timidité soulîfrante qui se mêlait souvent à ses impressions les plus agréables, et lui donnait quelquefois, avec les personnes qu'il aimait le mieux , des sentiments amers et pénibles. L'intimité avait commencé entre Oswald et Corinne depuis qu'ils s'étaient quittés ; c'était la lettre de Corinne qui l'avait établie; ils étaient contents tous les deux, et ressentaient l'un pour l'autre une tendre reconnaissance.

— Cest donc ce matin , dit Corinne, que je vous montrerai le

r,.i... ,., Cookie

Panthéou et SaiD^Fie^^e : j'avais bien quelque espoir, ajouta-telte en souriaot , que tous accepteriez te voyage de Rome arec moi ; aussi mes chevaux sont prêts. Je tous ai attendu , vous êtes arrivé ; tout est bien; partons. ~ ÉtonnaDte personne, dit Oswald , qui donc éles-vous? où avez-vons pris tant de charmes divers qui sembleraient devoir s'exclure : sensibilité, gaieté, profondeur , grâce , abandon, modestie, êtes- vous une illusion? étes-vous un bonheur surnaturel pour la vie de celui qui vous rencontre? — Ah! si j'ai le pouvoir de vous bire quelque bien, reprit Corinne, vous oe devez pas croire que jamais j'y renonce. — Prenez garde , reprit Osvrald ea saisissant la main de Corinne avec émotion , prenez garde à ce bien que vous voulez me faire. Depuis près de deux ans une main de fer serre mon coeur; si votre douce présence m'a donné quelque relâche, si je respire près de vous, que deviendrai-je quand il faudra rentrer dans mon sort? que deviendrai-je?.., — Laissons au temps, laissons au hasard, interrompit Corinne, a décider si cette impression d'un jour que j'ai produite sur vous durera plus qu'un Jour. Si nos âmes s'entendent, notre affection mutuelle ne sera point passagère. Quoi qu'il en soit, allons admî- ' rer ensemble tout ce qui peut élever notre esprit et nos sentiments; nous goûterons toujours ainsi quelques moments de bonheur. — En achevant ces mots, Corinne descendit; et lord Nelvil la suivit, étonné de sa réponse. Il lui sembla qu'elle adm^iait la possibilité d'un demi-sentiment , d'un attrait momentané. Enfin, il crut entrevoir de la légèreté dans la manière dont elles'était exprimée, et il en fut blessé.

Il SB plaça sans rien dire dans la voiture de Corinne, qui, devinant sa pensée, lui dit : — Je ne crois pas que le cœur soit ainsi fait, que l'on éprouve toujours ou point d'amour, ou la passion la plus invincible. Il y a des commencements de sentiraeut-qu'uneiamen plus approfondi peut dissiper. On se flatte, on se détrompe; et 'l'enthousiasme même dont on est susceptible, s'il rend l'encbantement plus rapide, peut faire aussi que le r^oidissement soit plus prompt. — Vous avez beaucoup réfléclii sur le sentiment, madame, dit Oswald avec amertume. — Corinne rougit à ce mot, et se tut quelques instants; puis

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reprenant la parole, avec un méiange assez frappant de franchise et de dignité : — Je ne crois pas, dit-elle, qu'une femme sensible soit jamais arrirée jusqu'à vingt-six ans sans avoir connu l'illusion de l'amour; mais si n'avoir jamais été heureuse , si n'avoir jamais rencontré l'<^jet qui pouvait mériter toutes les aûéctiona de son cceur, est un titre à l'intérêt, j'ai droit au vAtre. ~ Cesparolesjetl'accentavec lequel Corinne les prononça, dissipèrent un peu le nuage qui s'était élevé dans l'âme de lord Helvil; néanmoins il se dit en lui-même : — Cest la plus séduisante des femmes, mais c'est une Italienne; et ce n'est pas ce cœur timide, innocent, à lui-même inconnu , que possède sans doute la jeune Anglaise h laquelle mon père me destinait. —

Cette jemie Anglaise se nommait Lueile Edgeimont, la fille du meilleur ami du père de lord Helvil ; mais elle était trop enfant encore lorsque Oswald quitta l'Angleterre , pour qu'il pût l'époaser , ni mCme prévoir avec certitude ce qu'elle serait un jour.

Oswald et Corinne allèrent d'abord au Panthéon, qu'on appelle aujourd'hui Sainte-Marie de Ut Rotonde. Partout, en Italie, le catholicismeahérité du pagamsme;mais le Panthéon est le seul temple antique à Rome qui soit conservé tout entier, le senl où l'on puisse remarquer dans son ensemble la beauté de l'architecture des anciens , et le caractère particulier de leur culte. Oswald et Corimie s'arrêtèrent sur ta place du Panthéon pour admirer le portique de ce temple, et les colonnes qui le soutiennent.

Corinne fit observer à lord Nelvil que le Panthéon était construit de manière qu'il paraissait beaucoup plus grand qu'il ne l'est. — L'^Use Saint-Pierre, dit-elle, produira sur vous un effet tout différent ; vous la croirez d'abord moins vaste qu'elle ne l'est en réalité. L'illusion si favorable au Panthéon vient, à ce qu'onassure , de ce qu'il y a plus d'espace entre les colon-

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nés, et que l'air joue libremeDt autour; mais surtout de ce que l'on n'y aperçoit presque point d'omements de détail, tandis que S^t-Pierre en est surchai^. C'est ainsi que la poésie antique ne dessinait que les grandes masses, et laissait à lapensée de l'auditeur à remplir les interralles, h suppléer les développements : en tout genre , nous autres modernes , nous disons trop. Ce temple , continua Corinne , fut consacré par Agrippa , le favori d' Auguste , à son ami , ou plutôt â son maître. Cependant ce maître eut la modestie de refuser la dédicace du temple ; et Agrippa se vit obligé de le dédier à tous les dieux de l'Olympe , pour remplacer le dieu de la terre , la puissance. 11 y avait un char de bronze au sommet du Panthéon, sur lequel étaient placées les statues d'Auguste et d' Agrippa. De ctiaque côté du portique, ces mêmes statues se retrouvaient sous une autre forme ; et sur le firoutispiee du temple on lit encore : Agrippa l'a consacré. Auguste donua son nom à son siècle, parce qu'il a fait de ce siècle uneépoque de l'esprit humain. Les chefs-d'œuvre en divers genres de ses contemporains formèrent , pour ainsidire, les rayons de son auréole. Il sut honorer habilement les hommes de génie qui cultivaient les lettres , et dans la postérité sa gloire s'en est bien trouvée.

— Entrons dans le temple , dit Corinne ; vous le voyez , il reste découvert presque comme il l'était autrefois. On dit que cette lumière qui venait d'en haut étjiit l'emblème de la Divinité supérieure à toutes les divinités, t^es païens ont toujours aimé tes images symboliques. 11 semble en effet que ce langage convient mieux à la religion que la parole. La pluie tombe souvent sur ces parvis de marbre ; mais aussi les rayons du soleil viennent éclairer les prières. Quelle sérénité i quel air de fêle on remarque dans cet édifice! Les païens ont divinisé la vie, et les chrétiens ont divinisé la mort : tel est l'esprit des deux cultes; mais notre catholicisme romain est moins sombre cependant qne ne l'était celui du Nord . Vous l'observerez quand nous serons à Saint-Pierre. Dans rintérieur du sanctuaire du Panthéon, sont les bustesde nos artistes les plus célèbres; ils décorent les niches où l'on avait placé les oieui des anciens. Comme depuis la destruction de l'empire des Césars nous n'avons presque jamais eu

D,fiz=<i„Coonlc

d'indépendaDce poUtiiiueen Italie, on ne trouvR point ici des hommes d'Etat ni de grands capitoiDes. C'est le g^nie de l'imagination gui fait notre seule gloire : mais ne trouvez-vous pas , milord , qu'un peuple qui houore ainsi les talents qu'il possède mérilerait une plus noble destinée? — Je suis sévère pour les nations , répondit Oswald ; je crois toujours qu'elles méritent leur sort, quel qu'ilsoit. — Cela est dur, reprit Corinne; peutétre, en vivant en Italie , éprouverez-vous-un sentiment d'atlendrissement sur ce beau pays , que la nature semble avoir paré comme une victime; mais du moins souvenez-vous que notre plus clière espérance, ànous autres artistes, ànous autres amants de la gloire, c'est d'obtenir une place id. J'ai déjà marqué la mienne, dit-elle en montrant une nîclie encore vide. Oswaîd , qui sait si vous ne reviendrez pas dans cette même enceinte quand mon buste y "sera placé! Alors... — Oswald l'interrompit vivement, et lui i dit : — Resplendissante de jeunesse et de beauté , pouvez-vous parler ainsi à celui que le malheur et la souffrance font déjà pencher vers la tombe?— Ab! reprit Corinne, l'orage peut briser en un moment les fleurs qui tiennent encore la tête levée. Oswald, cher Oswald , ajoula-t-ellc, pourquoi ne seriez-vous [jas heureux P pourquoi... — Ne m'interrogez jamais, reprit lord Nelvil ; vous avez vos secrets, j'ai les miens ; respectons mutuellement notre silence. Non , vous ne savez pas quelle émotion j'Éprouverais s'il fallait raconter mes malheurs! — Corinne se tut, et ses pas, en#oriantdu temple, étaient plus lents, et ses regards plus rêveurs.

Elle s'arrêta sous le portique. — Là , dit-elle à lord Nelvil , était une urne de porphyre de la plus grande beauté , transportée maintenant àSaint-Jean de Latran;elle contenait les cendres d'Agrippa , qui furent placées au pied de la statue qu'il s'était élevée à lui-même. Les anciens mettaient tant de soin à adoudr l'idée de la destruction , qu'ils savaient en écarter ce qu'elle peut avoir de lugubre et d'eSrayanC. Il y avait d'ailleurs tant de magnificence dans leurs tombeaux , que le contraste du néant de la mort et des splendeurs de la vie s'y faisait moins sentir. Il est yai aussi que l'espérance d'un autre monde étant chez eux beaucoup moins vive que chez les chrétiens , les païens s'ef-

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forçaient de disputer à la mort le soutenir qtie nons d^KKooi sans crainte dans le sein de l'Étemel —

Oswald soupira , et garda le silence. Les td^ mélancoliques ont beaucoup de charmes , tant qu'on n'a pas &.é soi-ménte profondément malheureux ; mais quand la douleur, daus toute Eonâpteté, s'est emparée de l'âme, on n'entend plus , sans tressaillir, de certains mots qui jadis n'excitaient en nous que des rêveries plus ou moins doncea.

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