‹ CorinneChapitre 86 sur 86 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Connne , se croyant atteinte d'une maladie mortelle , souhaitait de laisser à l'Italie, et surtout à lord Nelvil , un dernier adieu qui rappelât le temps où son génie brillait dans tout son éclat.

OD l'iTALIK. 481

Cest une faiblesse qu'il feut lui pardonner. L'amoar et la gloire s'étaient toujoars confondus dans son esprit; et jusqu'au moment où son ùœui fit le sacrifice de tons les attachements de la terre , elle déàra que l'ingrat qui l'avait abandonnée sentit encore une fois que c'était à la femme de son temps qui savaitle mieux aimer et penser, qu'il avait donné la mort. Corinne n'avait plus la force d'improviser ; mais dans la solitude elle composait encore des vers I et depuis l'arrivée d'Oswald elle semblait avoir repris un intérêt plus vif à cette occupation. Peut-être désirait-elle de lui rappeler , avant de mourir , son talent et ses succès ; enfin , tout ce que le malheur et l'amour lui faisaient perdre. Elle choisit donc un jour pour réunir, dans une des salles de l'académie de Florence , tous ceux qui désiraient entendre ce qu'elle avait écrit. £Ue confia son dessein à Luûle, et la pria d'amener son ^>oax. — Je puis vous le demander, lui dit-etif, dans l'état oil je suis.

Un trouble affi^eux saiùt Oswald , en apprenant la résolution de Corinne. Lirait-elle ses vers elle-même? quel sujet voulaitelle traitwP Enfin il suffisait de la possibilité de la voir, pour bouleverser entièrement l'âme d'Oswald. Le matin du jour désigné , l'hiver , qui se fait si rarenKut sentir en Italie , S'y montra pour un moment comme dans les climats duNord. On entendait un vent horrible sifQer dans les maisons. La pluie battait avec violence sur les carreaux des fenêtres, et, par une singularité dont il y a cependant plus d'exemples en Italie que partout ailleurs, le tonnerre se faisait entendre au milieu du mois de janvier , et mêlait un sentiment de terreur à la tristesse du mauvais temps. Oswald ne prononçait pas un seul mot , mais toutes les sensations extérieures semblaient augmenter le frisson de son âme.

11 arriva dans la salle avec Lucile. Une foule immense y était rassemblée. A l'extrémité , dans un endroit fort obscur , un fauteuil était préparé; et lord Nelvil entendait àite autour de lui que Corinne devait s'y placer, parce qu'elle était si malade, qu'elle ne pourrait pas rédter elle-même ses vers. Craignant de se montrer, tant elle était changée, elle avait choisi ce moyen pour voir Oswald, sans être vue. Dès qu'elle sut qu'il y était, elle alla voilée vers ce fauteuil. Il fallut la soutenir, pour qu'elle

put avancer; sa démarche était chancelante. Elle s'arrêtait de temps en temps pour respirer , et l'on eût dit que ee coiut espace était un pénible voyage. Ainsi tes derniers pas de la vie sont toujours lents et difficiles-. Elle s'assit, chercha des yeux à découvrir Oswald , l'aperçut, et, par un mouvement tout à fait involontaire, elle se leva , tendit les bras vers lui , mais retomba l'instant d'après en détournant son visage, comme Bidon lorsqu'elle rencontre t.néc dans un monde où les passions humaines ne doivent plus pénétrer. Le prince Castel-Forte retint lord Nelvil, qui, tout à fait hors de lui, voulait se précipiter à ses pieds; il le contint par le respect qu'il devait à Co> rinne , en présence de tant de monde.

Une jeune fille, vêtue de blanc et couronnée de fleurs, parut sur une espèce d'amphithéâtre qu'on avait préparé. C'était elle qui devait chanter les vers de Corinne. Il y avait un contraste touchant entre ce visage si paisible et si doux, ce visage où les peines de la vie n'avaient encore laissé aucune trace , et les paroles qu'elle allait prononcer. Mais ce contraste même avait plu à Corinne ; il répandait quelque chose de serein sur les pensées trop sombres de son âme abattue. Due musique noble et sensible prépara les auditeurs a l'impression qu'ils allaient recevoir. Le malheureux Oswald ne pouvait détacher ses regards de Gorinne, de cette ombre qui lui semblait une apparition cruelle, dans une nuit de délire ; et ce fut à travers ses sanglots qu'il entendit ce chant du cygne, que la femme envers laquelle il était si coupable lui adressait encore au fond du cœur.

DEHMEll CHANT DE CORIHSE.

« Recevez mon salut solennel, 6 mes condtoyens! Déjà la - nuit s'avance à mes regards ; mais le ciel n'esUl pas plus beau « pendant la nuit ? Des milliers d'étoiles le décorent ; il n'est, de « jour, qu'un désert. Ainsi les ombres étemelles révèlent d'in- " nombrables pensées, que l'éclat de la prospérité faisait oublier. " Mais la voix qui pourrait en instruire s'affaiblit par degrés ;

D,mi,.=db, Cookie

ou LITALIB. 483

• rame se retire eu elle-même , et cherche à rassembler sa der- ■ nière chaleur.

Œ Dès lepremierjourdemajeunesse, jepromisd'hoDorarce ' nom de Romaine , qui fait encore tressaillir le cœur. Vous

• m'avez permis la gloire, ô vous nation libérale , qui ne bau-

• nissez point les femmes de son temple -, vous qui ne sacriliez « point des talents immortels aux jalousies passagères ; vous qui <i toujours applaudissez à l'essor du génie ; ce vainqueur sans o vaincus, ce conquérant sans dépouilles, qui puise dans l'ét> temité ponr enrichir le tempsi

• Quelle confiance m'inspiraient jadis la nature et la vie ! Je " croyais que tous les malheurs venaient de ne pas assez penser , " de nepasassezsentir;etquedéjàsur la terre on pouvait goû- » ter d'avance la félicité céleste, qui n'est que la durée dans « l'enthousiasme, et la constance dans l'amour,

« Non , je ne me repens point de cette exaltation généreuse ; n non, ce n'est point elle qui m'a fait verser les pleurs dont la •> poussière qui m'attend est arrosée. J'aurais rempli ma desti-

• née , j'aurais été digne des bienfaits du ciel , si j'avais consacré

• ma lyre retentissante à célébrer la bonté divine , manifestée par

« Vous ne rejetez point , ô mon Dieu, le tribut des talents.

• L'hommage de la poésie est religieux , et les ailes de la pensée n servent à se rapprocher de vous.

« Il n'y a rien d'éiroit , rien d'asservi , rien de limité dans la n religion. Elle est l'immense, l'infini, l'étemel ; et , loin que le

• génie puisse détourner d'elle , l'imagination , de son premier

• élan, dépasse les bornesde la vie; et le sublime en tout genre

• est un reflet de la Divinité.

■ Ah! si je n'avais aimé qu'elle, si j'avais placé ma tête dans

• le ciel, à l'abri des affections orageuses, je ne serais pas brisée

• avant le temps; des fautâmes n'auraient pas pris ia place de ■ mes brillantes cbimères. Malheureuse! mon génie, s'il sub- B siste encore , se fait sentir seulement par la force de ma dou-

• leur; c'est sous les traits d'une puissance ennemie qu'on peut " encore le reconnaître.

• Adieu donc, mon pays, adieu donc, la contrée oCi je reçus

484 COBINIIB,

• le Jour. Souvenirs de r«nfance, adieu. Qu'avez-mm à taire' < avec la mort? Vous qui dans mes écrits avez trouvé des senti-

■ ments qui répondaient à votre Ame , Ô mes amis , dans quelque

• lieu que vous soyez , adieu. Ce n'est poiat pour une indigne

> cause qneCoriune a tantsouftert; elle n'a pasdu moins perdu

• ses droits à la pitié.

• Belle Italie , c'est en vain que vous me promettez tous vos

• charmes , que pouriiez-vous pour un cœur délaissé? Ranime-

■ riez-TousniesEouhaits, pour accroître mes peines? Me rappel- <■ leriez-vouB le bonheur, pour me révolter contrç mou sort?

■ Cest avec douceur que je m'y soumets. O vous qui me sur-

■ vivrez, quand le printemps reviendra , souvencE-vous combien

■ j'aimais sa beauté : que de fois f ai vanté son air et ses parfums!

■ Rappelez-vous quelquefois mes vers , mon âme y est em-

• preinte ; mais des muses fatales , l'Amour et le Malheur , ont « inspiré mes derniers chants.

• Quand les desseins de la Providence sont accomplis sur « nous, une musique intérieure nous prépare à l'arrivée de l'ange

> de la mort 11 n'a rien d'cEErayant, rien de terrible; il porte « des ailes blanches , bien qu'il marche entouré de la nuit; mais

■ avant sa venue, mille présages l'annoncent.

f Si le vent murmure , on croit entendre sa voix. Quand le B Jour tombe , il y a de grandes ombres dans la campagne , qui

> semblent les replis de sa robe traînante. A midi, quand les

• possesseurs de la vie ne voient qu'un ciel serein, ne sentent

• qu'un beau soleil, celui que l'ange de la mort réclame aper^^it

• dans le lointain un nuage qui va bienUll couvrir la nature en-

■ tière à ses yeux.

■ Espérance , jeunesse , émotions du cœur , c'en est donc fait !

• Loin de moi des t^çrets trompeurs -. si j'obtiens encore quel-

■ ques larmes , si je me crois encore aimée , c'est parce que je

■ vais disparaître ; mais sije ressaisissais la vie, elle retournerait

• bientflt contre moi tous ses poignards.

■ Et vous , Rome , où mes cendres seront transportées , par-

■ donnez, vous qui avez tant vu mourir, si je rejoins d'un pas «tremblantvosombres illustres; pardonne&moi de me plaindre,

■ Des sentiments , des pensées peut-être nobles , peut-être récoo-

ta,i,.=db, Cookie

ou l'it&lib. 48d

■ des , s'éteignent avec moi -, et , de toutes les facultés de l'âina

■ qne je tiens de la nature , celle de soufËrir est la seule que j'aie

■ exercée tout entière.

■ n'importe, obéissons. Le grand myst^ de la mort, quel « qu'il soit, d<Ht donner du calme. Voua m'en répondez, tom-

■ beaux silencieux! vous m'en répondez, diTinite blen&isante!

■ Tavais choisi sur la terre,et mon cœur n'a plus d'asile. Vous B décidez pour moi ; mon sort en vaudra mieux. ■

Ainsi finit le dernier chant de Corinne ; la salle retentit d'un triste et profond murmure d'applaudissements. Lord Nelvil , ne pouvant soutenir la violence de son émotion, perdit entièrement connaissance. Corinne, en le voyant dans cet étet , voulut aller vers lui; mais ses forces lui manquèrent au moment où elle essayait de se lever : on la rapporta chez elle , et depuis ce moment il n'y eut plus d'espoir de la sauver.

Elle St demander un prêtre respectable en qui elle avait une grande confiance , et s'entrAmt longtemps avec lui. Ludle se rendit auprès d'elle; la douleur d'Oswald l'avait tellement émue, qu'elle se jeta elle-même aux pieds de sa sœur, pour la conjurer de le recevoir. Corinne s'y refusa , sans qu'aucun ressentiment en fût la cause, r— Je lui pardonne, di^elle, d'avoir déchiré mon cœur ; les hommes ne savent pas le mal qu'ils font , et la société leur persuade que c'est un jeu de remplir une âme de bonheur, et d'y faire ensuite succéder le désespoir. Mais, au moment de mourir , Dieu m'a fait la grâce de retrouver du calme;; et je sens que la vue d'Osvrald remplirait mon Ame de sentiments qui ne s'accordent point avec les ai^isses de la mort. La religion seule a des secrets pour ce terrible passage. Je pardonne à celui que j'û t^it aimé , continua-t-elle d'une voix affaiblie : qu'il vive heiureux avec vous I Hais quand le temps viendra qu'à son teur il sera pi^ de quitter la vie, qu'il se souvienne alors de la pauvre Corinne. Elle veillera sur lui, si Diai le permet ; car on ne cesse point d'aimer , quand ce sentiment est assez fort pour collter la vie. —

Os wald était sur le seuil de la porte, quelquefois voulant

4M COBUtNB,

eotrermalgré la défense positive de Cormne, quelqadbis snéanij pat la douleur. Lncile allait de riin à l'autre : ange de paix entre le désespoir et l'agonie.

Un soir, on crut que Corinne était mienz, et Lucile obtint d'Oswald qu'Us iraient ensemble passer quelques instants auprès de leur fille ; ils ne Taraient pas vue depuis trois jours. Corinne pradant ce temps se trouva plus mal , et remplit tous les devoirs de sa religion. On assure qu'elle dit au vidllard vénérable qui reçot ses aveux solennels : Mon père, vous connaissez maintenant ma triste destinée, jugez-moi. Je ne me suis Jamais vengée du mal qu'on m'a fait ; jamais une douleur vraie ne m'a trouvée insensible ; mes fautes ont été celles des passions, qui n'auraient pas été condamnables en elles-mêmes , si l'orgueil et la faiblesse humame n'y avaient pas mêlé l'erreur et l'eccès. Croyez-vous, A mon père, vous que la vie a plus longtemps éprouvé que moi, croyez-vous que Dieu me pardonnera? — Oui , ma fille , lui dit le vieillard , je l'espère ; votre cœur est-il maintenant tout à lui ?

— Je le crois , mon père , réponditelle ; écartez loin de moj ce portrait { c'était celui d'Oswald , et mettez sur mon cœur l'image de celui qui descendit snr la terre, non pour la puissance, non pour le génie, mais pour la souffrance et la mort; elles en avaient grand besoin. — Corinne aperçut alors le prince Casteh Forte qui pleurait auprès de son lit. — Mon ami , lui dit-elle en lui tendant la main , il n'y a que vous près de moi dans ca moment. J'ai vécu pour aimer , et sans vous je mourrais seule.

— Et ses larmes coulèrent à ce mot; puis die dit encore: —Au reste , ce moment se passe de secours; nos amis ne peuvent nom suivre que jusqu'au seuil de la vie. là commencent des pensées dont le trouble et la profondeur ne sauraient se confier. —

Elle se fit transporter sur un buteui), près de la fenCtre, pour v(Hr encore le dû. Lucile revint alors; et le malheureux Oswald, ne pouvant.plus se contenir, la suivit, et tomba sur ses genonx Oi approchant de Corinne, ^le voulut lui parler, et n'en eut pas la force. Elle leva ses r^ards vers le ciel, et vit la lune qui se couvrait du même nuage qu'elle avait fait remarquer à lord Nelvil , quand ils s'arrêtèrent sur le bord de la mer en allaot à

on l'itaub. 4S7

Naples. Alors elle le lui rnootra de sa main inoaranle, et son dernier soupir lit retomber cette main.

Que devint Oswald? 11 fut dans uu tel égarement, qu'on craignit d'abord pour sa raison et pour sa vie. Il suivit à Rome la pompe funèbre de Corinne. Il s'enferma longtemps à Tivoli , sans vouloir que sa femme ni sa Bile l'y accompagnassent. Enlin l'atlacliement et le devoir le ramenèrent auprès d'elles. Ils retournèrent ensembleen Angleterre. Lord H elvil donna l'exemple de la vie domestique la plus régulière et la plus pure. Mais se p^raonna■^il sa conduite passée ? le monde, qui l'approuva , le consola-t-il>seconlenta-t-il d'un sort commua, après ce qu'il avait perdu? Je l'ignore; je ne veux, àcet égard, ni le blâmer ni l'absoudre.

P. 12, 1. 20. Les Iiabitanfs d'Ancttte, n'ayant point ckex eux de panipe« en bon «lat. — Aocdoe est à peu près à cet égard dans le momcdénllmeat qu'alors.

P. 19, 1. 16. Mois (omnie des pèlerins qui\ se reposent auprès des raines. — Cette réilexiou est puisée dans une épitre sur Borne , de M. deHumboldt, frère du célèbre voyageur , et miaistrede Prusse à Borne. Il est diflicltede rencontrer oulle part un homme dont l'enlretien et les écrits supposent plus de conoai^aoces et d'j-

P. 3i, \. 33. Qianlvumùtone appelé catitiléne... — llfaul excepter de ce blâme, sur la manière de déclamer des Italiens , d'abord le célèbre Monti , qui dit les vers comme il les fait. C'est véritablement ua des plus grands plaisirs dramatiques que l'on puisse éprouver , que de l'entendre réciter l'Ëpisode d'Ugolin, de Francesca da Riraini, la mort de Clorinde , etc.

P. 36, [. 11. Mettaient aux pieds det dieux la courotme. —Il parait que lord Nelvil faisait allusbn à ce beau distique de Properce :

Dt caput 1d magnis obi non eal ponere ^gnle , PoTiilar hic ùnoa aal« corona pedcs»

P. 53, 1. 7. On voit sur le sommet un ange avec son épée nue. — Un Frani^a, dans la dernière guerre, commandait le château Saint-Angej les troupes napolitaines le sommèrent de capituler; il répondit qu'Use rendraitquandl'ange de bronze remettrait son épée dans le fourreau.

P. 63 , I. 33. Sans lequel le monde lui-m^e est un deierl. —

Ces deux vers soat de Goethe , le poète de TAUemagne , le philosophe , l'homme de lettres vivant , dont roripnalilé et l'imaginatioD sont les plus remarquables.

P. 67 , 1. 1 . L'orhèEiement d'un édifice dont eeux qtA l'élevidenl ne ;iouiNiienl se flatter de jouir. — On dit que cette église de Salut-Pierre eït une des principales causes de la réformation , parce qu'elle a coûté

490 nOTES.

tant d'argeal aux papes , que pour la Mtir iU ont multiplié les indulgences.

P. 7 1 , 1. 4. Deux Hons de basalte qu'on voit au pied de t'eseaUer du CaplMe. — Les minéralogistes affirment que ces lions ne sont pas de basalte, parce que la pierre volcanique qu'on désigne aujourd'hui sous ce nom ne saurait exister en Egypte; mais coiDiDePlioe appelle basalte la pierre égyptienne dont ces lions sont formés , et que l'historien des arts , Winckelmann , leur conserve aussi ce nom , j'ai cru pouvoir m'en servir dans son acception primitive.

P. 72,1. 20. Corinne raypeta ces ren deTibuBeetûeProperee- — Carpltetmnc, laari.dcsepteDicolUbiuherlKU, DAm licet. Hic magdx Jam lociu urbiseril.

TlBCLLI.

Boc qDOdcunqne lide» , boapes , qnàia mailnu Borna al , Anle Phrjrgem Xaeaa coUii el herba fuit , etc.

Phopirce, bv.iv, d. I.

P. 79, 1.8. Que penia-t-jt dans sa vieilles» de ta rie el de set pompn .'— Auguste est mort à Nota comme il se reodaJt aux eaux de Brundise, qui lui étaient ordonnées; mais il partit mooraDl de

P. 90,1. 35. l'iA vécu pure entre Ut deux flambeaux

TliiniiB iiuigitei inter nttanMpie tacem.

FBOTEICI.

P. 94, 1. 10. C'était U fleuve prophète-, la dlrinit^ lulélaire de

itome. — Plin. Hisl.natur. L.iii. Tiberis, quamlibet magnorum

navium ex Italo mari capax , rerum in toto ort)e nascentium mercator placidietùmus , pluribus probe solus quàm céleri in omnibus terris amnes , accotitur , aspiciturque villts. Nullique fluviorum miaùs licet , ÏDclusis utrinque lateribus : nectamen ipse pugnat , quanquam ereber ac snbitis incrementia, et nusquàm magis aquis quàm in ipsàurbe stagDanlibus. Quia imà vates iotelli^tur potiùs ac monitor , auclu semper religiosus veriùs quàm stevus.

P. f 05 , 1. 4 . Elfe rappelait les danseu$es d'Hn-niIanum.— C'est la danse de madame Becamier qui m'a donné l'idée de celle que j'ai essayé de peindre.

Cette femme, si célèbre par sa grâce et sa beauté, offre reieiople , BU milieu de ses revers , d'une ré^gnstiou A touchante et d'un oubli si lolal de ses intérêts personnels , que ses qualités morales semblent â tous les yeux ausù remarquables que ses aj;réaieats.

,., Cookie

HOTBS. 401

P. 119,1.23. L'hMOiTt HOU* apprmdgvelet papa, Ui prinettil tet peupltt ont rendudatu tout la tetaps aux peinlru, aux poëlei,

dtix écrivaim ditanguii Us \omnages lel ptui éclatants H. Roa-

coe , auteur de l'Histoire des Hédids , a fait paraître plus nouvellement en Angleterre, une histoire de LéonX, qui est un véritable chef-d'œuvre en ce genre , et il y raconte toutes les marques d'estime et d'admiration que les princes et le peuple d'Ilalie ont données aux hommes de lettres distingués; il montre aussi avec impartialiti qn'uu grand nombre de papes ont en, à cet égard, une conduite trèslibérale.

P. 1Î9,I. T. Cesarotti, VerH , BetRnelli tavent écrire et- ptn-

ser. — Cesarotti , Verri , BettiDelli, sont troisauteurs vivants qui ont mis de la pensée itans la prose italienne. Il faut avouer que ce n'est pas à cela qa'on la destine depuis longtemps.

P. I3S, 1.33. IVotu iomnut une nolion beaveoup trop modatt pour oser avoir da tragédies à nous, compositi avec notre kiitotre.— ' Giovanni Pindemonlea publié nouvellement un théâtre dont les sujets sont pris dans l'histoire Italienne , et c'est une entreprise Irês-inlfressanle et très-lonable. Le nom de Pindemonle est aussi illustré parippolito Pindemonle, l'un des poètes actuels de l'Italie qui a le plus de charme et de douceur.

P. 140, 1. 15. Cest en valnqu'Alfieri avec tout ton génie a voulu Itt y réduire .'il aieniilui-mtmequesontgittmeétait trop rigoureux. — On vient de publier les œuvres posthumes d'AlQeri , où se trouvent beaucoup de morceaux très-piquants ; mais on peut conclure d'un essai dramatique assez bizarre qu'il a fait sur la tragédie d'Abel, qu'il sentait lui-même que ses pièces étaient trop austères , et qu'il fallait sur la scène accorder davant^e aux plaisirs de l'imagination.

P. 159,1. 35.0 angej du Ciel ( remuez ton dme. —Je me suis permis d'emprunter ira quelques passages dudiacourawirlo Mort, qoi se trouve dans le Court de Morale religieuse . par H. Necker. Un autre ouvrage de lui , l'Importance des oplnioni reUgieutes , ayant eu le plus éclatant succès , on le confond quelquefois avec cdui.ci , qui parut dans des temps où l'attention était distraite par les événements politiques. Mais j'ose afQroier que le Court de morale religieux est le plus éloquent ouvrage de mon père. Aucun ministre d'État, je crois, avant lui , n'avait composé des ouvrages pour la chaire chrétienne ; et ce qui doit caractériser ce genre d'écrit fait par un homme qui a tant eu affaire ayec les hommes, c'est la connaissance du cœur hu-

D„i'"<i., Cookie

main , «t l'indalgencc que cette cMiDaiaaance Inspire i, il senAle don c que , sous ces deux rapports , le Cour$ de Moralt est complètement original. Les iiommes rdigieux, d'oidinaire, ne Tivent pas dans le monde^lesbommesdumoiuie, pour la plupart, ne sont pas religieux: où serait-il donc possible de trouver à ce point l'obsenration de la vie et réiévation qui en dégage P Jo dirai , sans craindre qu'on attribue mon opinion k mes sentiments, que, p&ntù les écrits religieux, ce livre est l'un des premiers qui coosolent l'èlre sensible , et inléressenl les esprits qni réfléchissenlsur les grandes questions que l'âme et la pensée agitent sans cesse en iious-mêmea.

P. 109,1. 9. Lfsbeaulii nalunlla se découvrent chofue Jour dO' vantage. — Dans un journal , intitulé t'Europi . on peut trouver des observatioDs pleines de profondeur et de sagacité sur les sujets qui conviennent à ta peinture; j'y ai puisé (dusieurs des réflexions qu'on vient de Itr^. H. Frédéric Scblegel en est l'auteur ; c'est une minn inépuisable que cet écritain, et queles penseurs allemands en général.

P. 182 , 1. Ifl. Enfin , roici les dfux tableaux oà , ««ton moi , l'hijloircrl la poésie sont hearetiienent unies au paysage, — Les tableaux historiques qui coniposeot la galerie de Corinne sont des copies ou des originaux du Brutus de David , du Marina de Drouet , du Bélieaire de Gérard. Parmi les autres tableaux âtéa , celui de Didon a étéfaitparM. Rehberg,peintreallemaod; celui deClorindeestdans . la galerie de Florence; celui de Macbeth est dans la collection anglaise des tableaux pour Shakespeare , et c«lui de [^èdre est de Guôrin ; eoBn , les deux pajrsages de Cincinnatus et d'Ossiao sont à Rome, et M. Wallis , peintre anglais , en est l'auteur.

P. 1 85 , 1, 9. L'innocence de cet Age et la matiee nuturcllc de la langue font un contraste tris-piquant. — Je demandais à une petite fillo toscane laquelle était la plus jolie d'elle ou de sa sœur : Ah ! me répondit-elle , il plù bel viso i il mio , le plus beau visage est le mien.

P.1S9,L 2. Celid qui attait jagné le premier prix le rccon-

tnonda à sotnl Antoine. — Un postillon italien , qui voyait monrû" son cheval , priait pour lui , et s'écriait : 0 sont' Antonio , abbiate pietà dell ' anima sua I O saint Antoine , ayez pitié de son àme 1

P, 189,1. 14. Qaela belle princds'esiAt tuée l que le seigneur abbi loit tué I — Il faut lire , sur ce carnaval de Rome , une charmante des(»'iplioo de Goethe , qui en est un tableau aussi Bdcle qu'animé.

1*. 323 , 1. 7. te totnlieau des Horaces et des Curiacts. — I) y a une charoianlo description du lac d'Albanc , dans uu recueil de poésies

D,mi,.=db, Cookie

de madame BrauD, née UilDter, fuitedeatemmeade bod pays dont le talent el l'ioiagiDatioa méritent le plus d'vlogeB.

P. !SS, I. 1. NousiMttttrouviriojaeffacii au milieu mtmedtnot beaux jourt , m milieit det triimpltei iont nom timmts h phti éblouit. — Discours fur les devoin des eafans mvart ieurt pirei . Court dt Morale rtUgieim.Xajra la notedu premier volume.

P. 268 , 1. IS. Celui-là teul est ttratiger aiu: a^itallanf d'un* àme timorée, quinet'eitjamaiiescaminiliti'intiiu. — Discours m r TJndulgeiice, dans le Cours de Morait relinituse. Voyez la noie du premier Tolume.

P. !S8,Lll). Mais U froid ie Vtau, kl efforts violtrtti d'Oiwald eontrt la mer agiUe. — M. Eliot, ministre d'Angleterre, asauTéla vie d'un vieillard à Naples,deia même manière que lordNelvil.

P. 313, I. ï2. Je fudiï à personne mon viritableium Jepris.

teulement celui de Corinne. — Il ne faut pas confondre le nom lie Corimie avec celui de la Coritla , improvisatrice italienne , dont tout le monde a entendu parler. Corinne était une femme grecque , célèbre "^ la poésie lyriquei Pindare lui-même avait rendes leçons d'elle.

P. 3!& , I. 23. Une ancienne croyance n'apprend-elU pas que It diumant est plus fidite que rtiomme , et qu'il se ternit quand celai qui l'a donné nous trahit.* — Une ancienne tradition appuie le préjugé d'imagination qui pn^uade h Corinne que le diamant avertit de la trahison ; on trouve cette tradition rappelée dans des vers espagnols dont le caractère est vraiment singulier. Le prince Fern and , portugais , les adresse , dans une tragédie de Caldéron , au roi de Fez , qui l'a fait prisonnier. Ce prince aima mieux mourir dans les fers que de livrer à on roi maure une ville chrétienne que Bon frère , le roi Edouard, offrait pour le racheter. Le roi maure , irrité de ce refus, St éprouver les plus indignes traitements au noble prince , qui , pour le flédiir , lui rappelle que la miséricorde et la générosité sont les vrais caractères de la puissance suprême. Q lui cite tout ce qu'il y a de royal dans l'univers : le lion, le dauphin, l'aigle, parmi les animaux; il cherche aussi parmi les plantes et les pierres , les traits de bonté naturelle que l'on attribue à celle qui semble dominer toutes les autres , et c'est alors qu'il dit que le diamant , qui sait résister au fer, se brise do lui-même , et se fond en poudre , pour avertir celui qui le porte do la trahison dont il est menacé. On ne peut savoir si cette manière de considérer toute la nature comme en rapport avec les sentiments et ta destinée de l'homme , est mathémaliquement vraie , toujours.

est-il qu'elle plall à l'imagiDatioii , et que la (loésie en général , et les poètes espagnols en particulier, en tirent de graades béantes.

C^éron ne m'est connu que par la traduction allemande d'ÂugiAte Wilhelm Schl^el. Mais tout le monde sait en Allemagne que cet écrivain, l'un des premiers poètes de son pays, a troufé aussi les. moyeus de transporter dans sa langue , avec la plus rare pertection , les beautés poétiques des Espagnols , des Anglais , des Italiens et des Portugais. On peut avoir une idée virante de l'original , quel qu'il soit , quand on le lit dans une traductiou ainsi faite.

P. 330 , 1. 27 . Deux étra çui t'aiment assez jjour ««Kir gu'ilt n'exiiteraientpat l'un tant l'autre, ne petivent-ilt pas arriver à cttttnobU «t louchante intimité qui met tout en commun, mime la mort? — M. Oubreuil , très-habile médedQ français , avait un ami intime , H. de Péméja, homme aussi distingué que lui. H. Dubreuil tomba malade d'une maladie morlelle et contagieuse; et l'intérêt qu'il inspirait remplissant sa chambre de visites , H. Dubreuil appela H. ife Pé- (Véja,et luidit : — Il faut raivojrer tout ce monde; vous savez bien, mon ami, que ma maladie est contagieuse; il ne doit y avoir que vous ici. — Quel mott Heureux celui qui l'entendl H. de Péméja mourut quinze jours après son ami.

P. 3&4 , 1. 7. Cettepiéce, comme laplupart d« celles il« Goai. était

con^oUtdeféeriet txtravaganta ~ Parmilesauteurs comiques

italiens qui peignent les mœnra, il faut compter le chevalier de BosSi, Romain, qui a singnlièrement, dans ses pièces, l'esprit observateur et satirique.

P. 394,1. ît. Il faut i'uvtant plus de génit pour (Ire grand acteur en France , qu'il g a peu de Uberti pour la moni^ individuelle — Talma , ayant passé plusieurs années de sa vie à Londres , a su réunir dans son admiraUe talent le ^sctère et les beautés de l'art théâtral des deux pays.

P. 4!S,1. 15. {rnlntleawmrhonamrdn Dante. -.- Après la mort du Dante, les Rorentins , booleux de l'avoir laissé périr loiu de son séjour natal , envoyèrent une députalion au pape , pour le pntt de leur rendre ses restes ensevelis à Ravenne ; mais le pape s'y refusa , trouvant avec raison que le pays qui avait donné asile à l'exilé , était devenu sa patrie , et ne voulant point se dessaisir de la gloire attachée à posséder son tombeau.

P. 42S,1. 18. Enfin, plusieurs autres nom* lumorabletie font auui rtmarqutr tant ce Uea. — Altieri dit que ce fut en se promenant

ta,i,.=db, Cookie

HOTBS. 496

dausi'égliBe Santa-Croce,qu'ilsen(lt,potirta première Ibis, l'amour

de la gloire ; et c'est là qu'il est euseveli. L'épilaphe qu'il avait composée d'araoce pour sa respectable amie , madame la comtesse d'AIbany , et pour lui , est la plus touclianle et la plus simple expression d'une amitié Iraigue et parfaite.

P. 464, 1. 4. La vie$éiealmnferfeciiimneVordniaclal:miAi le loleil gui permet de lAtre dans lu rues , introduil quelque chose de laavage dans les habitudes dei gène du peuple. — On avait anooDcé , pour deux heures après midi , une éclipse de soleil à Bologne ; le peuple se rassembla sur la place publique pour la voir ; et, impatient de ce qu'elle tardait, il l'appelait intpélueusemcnt' comme ud acteur qui HC fait attendre ; enHo , elle commença : et , comme le temps nébuleux empêchait qu'elle ne produisit un grand effet, il se mit à la siffler à grand bruit , trouvant que le spectacle ne répondait pas à son attente-

ta,i,.=db,Gooylc

Page 1