‹ Cornaro, tyran pas doux traduction en quatre actes et en vers d'Angelo, tyran de PadoueChapitre 28 sur 42 · I.a rime ! qu'est-ce cela · texte numérisé non relu

I.a rime ! qu'est-ce cela

Qui m’ose encor parler de ces saletés-là ?

malaga.

Mais songez que jadis, à la raison absente,

Souvent on suppléa par la rime élégante.

cornaro , d’un air décidé.

On écrit maintenant en prose et sans façon... malaga. à part.

De sorte qu’on n’a plus ni rime ni raison.

CORNARO

Savez-vous, Malaga, la chose qui m’arrive ?

Un malheur trois fois plus ennuyeux... tjue la Juive. Je dormais, je ronflais... et tout ce qui s’en snit. Ne me croyant coifl’é que d'un bonnet de nuit, Lorsque dans mon logis ma femme a la bassesse D’introduire un gamin de la dernière espèce.

malaga.

Ah ! vou< vous abusez !

cornaro, s’inclinant.

C’est comme j’ai l’honneur D'être avec dévoument votre humble serviteur. MALAGA.

Alors vous êtes donc ?...

cornaro.

Vous avez dit la chose ;

Je suis un Actcon après métamorphose.

MALAGA

C’est juger votre femme avec trop de rigueur.

Et tenez, franchement vous êtes un...

cornaro , avec fierté.

Blagueur !

Oui, même un vicnx.

CORNARO

Non, non, mon épouse me joue ; Elle me fait la queue en ruban de Padoue !

Depuis deux mois passés ma femme me trompait! Tout est dans ses discours faux, tout... paix !

{Il remonte la scène avec inquiétude.) malaga, à part , étonnée.

Faux toupet !

cornaro , redescendant la scène.

J'ai cru qu'elle venait. Pour rentrer en matière,

J’ai saisi ce billet aux mains de la portière;

Un cruel incident dont je suis indigné,

C’estque ce billet— Ih n’est pas du tout signé. Connaissez-vous la main de ccs pattes de mouche ? Regardez cet écrit.

(// lui donne la lettre .) malaga , fort émue et à part.

C’est de lui ! Dieu ! je louche !

Je donnerais mes jours pour un oui, pour un non.

cornaro , tirant sa tabatière et d'un air furieux.

Ah ! de ret écrivain pour connaître le nom ,

Moi, je donnerais...

malaga

Quoi?

Mon œil droit, ma main droite

CORNA RO

Et mon pied ganche avec., et mon nez. . et ma boite.. Savez* vous qui traça ce billet?

MALAGA

Non!

cornaro, avec force.

Tant mieux !

L’exécrable femelle alors paiera pour deux.

{Prenant une prise.)

J’ai pour me priver d’elle un moyen homicide,

Mais un crâne moyen, un fameux, un solide !

(// met le doigt à son front d'un air malin.)

J’ai ma petite idée...

mal ac, a , à part.

Et moi la mienne aussi.

(Haut.)

Vous voulez la tuer ! bien ! j’approuve ceci.

Mais il faudrait sans bruit escoliier madame ;

J’aime fort l’arsenic, un demi-kilogramme Serait assez, je crois , pour son tempérament.

CORNARO

Je ne demanderais pas mieux certainement ;

Mais le poison d'abord est un point necessaire ;

Eh bien ! vous me croirez, si vous voulez, ma chère, J’ai tant empoisonne de femmes et de rats,

Que dans cette maison il ne m’en reste pas,

(De venin) pas un brin, pas la moindre parcelle,

Pour aller seulement à la saison nouvelle.

MALAGA

Qu'importe? moi j’en ai, vous le savez très-bien... cornaro, avec joie.

Oh ! sacrebleu ! c’est vrai ! qui vient de votre ancien ! Somnifère et poison...

malaga, d'un ton mystérieux.

Voulez- vous bien vous taire?

Vous devez oublier que j’ai le somnifère.

Hier, fort longuement j’ai pu vous en parler;

Ce n’est pas un motif pour vous le rappeler.

CORNARO

Alors je n’en sais rien , c’est convenu d’avance !

Allez donc la chercher cette horrible substance. Conclusion : Voilà ce qui nous prouve bien Qu'un bon tyran doit être un peu pharmacien.

( Malaga remonte la scène, (.'urnaro la retient. ) Autre conclusion : Pour obtenir la vogue,

Que faut-il composer, bien souvent? L ne drogue!

{Elle sort.)

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