‹ Cornaro, tyran pas doux traduction en quatre actes et en vers d'Angelo, tyran de PadoueChapitre 29 sur 42 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

CORNARO , puis CASTOR1NE.

corn ab o , d'abord seul.

Descendra-t-on bientôt ? (faisons ma grosse voix ;

Pour faire de l’effet c’est très-bon quelquefois.) Descendra-t-on bientôt ? madame , êtes-vous prête ? castor INB , entrant.

Prête h quoi?

cornai o.

La demande est passablement bête.

Je suis, et maintes fois vous l’avez éprouve ,

TJn vieux lapin farouche et qui n’est pas prive'. Savez-vous cc qu ou fait aux femmes trop sensibles ? |

CASTOREVR.

Non!

COnXARO.

On leur fait passer le goût des comestibles.

CASTORTNB.

Comment ça?

cornaro , tirant sa montre.

Je vous dis que je veux être veuf ,

A dix heures sonnant, et comme il en est neuf... Faites votre calcul, vous savez votre affaire. castorinb , étonnée .

Mais comme ilme dit ça ! quel vieux Robert Macairc !

CORNARO

Je voos accorde une heure !

CASTORINB.

Et si je ne veux pas !

Monsieur vous dit : Madame, il faut sauter le pas. Sans façon, comme on dit : Allons-nous à la noce ?

CORNARO

Mais vous me faites dire une bêtise atroce !

Je n’ai pas dit : Madame ; et de vos tours affreux , Si je voulais parler, nous vous aimons à deux; Dirais-je donc les traits et les tours île madame ,*

Je dirais tout au plus les tours de notre dame .

Je crois savoir ma langue.

castorinb , à part.

Affreux grammairien !

cornaro , s'appuyant sur la table et prenant une attitude tragique.

Cependant , notre dame, il vous reste un moyen D’tchappcr au décès.

CASTORINB.

Lequel ?

Il faut me dire

Quel est le paltoquet qui s’est permis d’écrire Le billet que voici.

castorinb , à part.

J’ai froid! j’ai froid! j’ai froid!

cornaro , après avoir été la regarder île très-près. Si c’est un calembourg, il est fort maladroit. castorinb.

Grâce !

cornaro , avec force.

Grâce pour vous! cet objet-là, ma chère,

Je le refuserais même aux os de ma mère I Voyez un peu !

CASTORINB.

Grand Dieu ! que c’est de mauvais goût!

cornaro , d'un ton très-calme.

Parce que j’ai dit ça ? ça ne fait rien dn toul ; Puisque je suis tyran, il faut que mon ramage,

Pour être conséquent, ressemble h mon plumage.

castorinb , à part.

Absurde scélérat!

(Haut.)

Mais vous ignorez donc

Que pour un pareil trait il n'est point de pardon ?

COAKARO.

LE MAGASIN THEATRAL

Qu’importe? vons savez? chez voua, de mère en fille, L'adultère toujours fut un mai de famille :

Défunt votre grand-père, et ccrte il eut raison ,

Fit condamner sa femme en ti ois ans de prison ;

Sa fille, quoique borgne et rousse de naissance ,

Du panier conjugal fit trèi-bicn danser l'anse ;

Son epoux invoqua l'article Thoiuassin ,

Et l’appliqua lui -même...

( // fait ie geste (T appliquer des coups de canne. ) CASTORJNB.

Exécrable assassin !

CORKAAO.

Vous avez sur mes jours renverse du cirage.

Ma vie en est noircie h sa plus belle page.

Notre dame! en vos mains, je laisse ce billet,

Vous écrirez au bas le nom du gringalet.

CASTORIKB.

Eh bien ! non !

CORJIAAO.

Vous avez une heure!

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