SCÈNE V
Vous pour lui !
Moi!
Toi?
Vous?
MOLLEFFO.
CASTORINE
MOLLEFFO
De prénoms quel déluge inoui !
malaga t se relevant vivement.
Ne vous amusez pas ; faites comme les autres. CASTOM3B.
Qu'entendez-vous par là ? quels projets sont les vôtres?
malaga , tirant sa bourse.
Voilà chacun six sous ; prenez, un omnibus ,
Et faites-vous mener barrière des Vertus.
Les Mêmes, CORN \ RO, sortant d'une trappe souterraine.
cornaro, d’un air furieux.
Je veux en Être, moi !... Pou osera peut-être Finir un mélodrame en l'absence du traître.
Pardon si je le dis ; mais c'est fort idiot ,
Suis-je nti père Sournois. Cnssandrc ou Goriot? Sois-je don*' mi hors-d*o*uvre , un inutile article? Une cinquième roue ajoutée an tricycle?
Ma femme se in trie... ah! parbleu! c'est I Sans mon consentement ?
fort neuf ;
Vous vouliez Être veuf, Voilà, selon nos vœux, les choses arrangées.
Vous n'uurez dans neuf mois qu'à paieries dragées.
cornaro, serrant la main de Malaga.
Ah ! vous me convainquez !. et sans crier : haro !
J’y consens... aussi vrai que je suis Cornaro ! castorine.
Mais, mon vieux bétat d'homme, êtes-vous en démence?
cornaro , d’un air sentimental.
Il fant toujours finir ainsi que l'on commence...
Au lever du rideau , je n'étais pas très-fin ,
Je fus sot au milieu , je suis bétc à la fin.
malaga, d’un air inspiré.
Ecoutez mes conseils! qu'ils vous soient profitables !
cornaro, étonné.
Quoi donc ?
MALAGA
Sollicitez un lit aux Incurables.
( Cornaro fait un mouvement pour sortir , Malaga le retient.)
Vous y verrez un couple à vos destins uni ,
Le vieux de Marion et le vieux d'Hemani.
cornaro , d’un air étonné.
Mes cousins! qu'on s'embrasse et que tout ca finisse ! Epousez mon épouse
(// offre une prise à Molle ffo et a Castorine qui éternuent. )
Et que Dieu vous bénisse !
(Il les bénit. L’orchestre joue l’air: Où peut-on être mieux?)
malaga, au publie.
Messieurs! voici la chose! au théâtre voisin,
On a fait de cet homme un curieux coquin ;
Ce farouche est censé tyranniser Padooe , lorsqu'au fond de lui seul tout le monde se joue. Chacun le fait aller, ma parole d'honneur,
Comme l’on fait aller un pauvre rémouleor.
( Castorine , Cornaro et Molleffo rient.) Comment se fait il donc que la foule s’y porte? J'en conviendrai , messieurs, l'objection est foi U ;
LE MAGASIN THEATRAL
C’est que , pour faire admettre une absurde action , Le drame » est place sous l'invocation I)c deux noms protecteurs, anges de notre scène, C’est sainte Kcttybell et sainte Céliniènc.
La critique h leur vue expire sans écho :
On voit Mars et Dorval ; on oublie Angclo.
COBNARO.
Enfin , résumons-nous , et malgré vos malices , Faut-il le voir ce drame?
IIAL^CA.
Allez voir les actrices.
jlu public .
Et vous aussi! pourtant revenez dans ces lieux. Parodistes hardis de talcns gracieux.
Heureux si nous |iouvons , efleuillant leur couronne , Recueillir quelques-uns des bravos qu’on leur donne !