Corneille Agrippa
Séjour à Cologne; visite de Brennonius; le traité de Marcus Damasceniis. — Agrippa se rend de Cologne en Suisse; son passage à Metz; mort de sa première femme. — Séjour à Genève. — Relations avec l'offlcial de l'évêché, Eustache Ghapuys, à Genève; avec le célestin Claude Dieudonné, à Annecy. — Second mariage d'Agrippa. — Agrippa médecin, il Fribourg; correspondances diverses. — Départ de Fribourg pour Lyon. — Prétentions d'Agrippa à la chevalerie ; au doctorat ; à la noblesse de naissance.
Agrippa venait de passer à Melz environ deux années, depuis le milieu de lévrier 1S18 jusqu'à la niême époque à peu près de l'an loâO. Vers la fin de janvier de celle dernière année, il avait réussi à briser la chaîne qui l'y retenait. Il n'avait obtenu néanmoins qu'après beaucoup d'instances, et non sans dilTiculté ce semble, le congé régulier grâce auquel il se trouvait dégagé des obligations qu'il y
avait conLractécs. Libre enfin, il part. Quelques jours après, il est à Cologne. Le 12 des calendes de mars, 19 février, il écrit de cette ville à un ami de Metz, et date sa lettre do l'heureuse Cologne, ex felici Colonia; c'est-à-dire sans doute de Cologne oîi il est lui-même heureux de se retrouver. Cette satisfaction ne devait pas durer longtemps; car Agrippa était incapable de se fixer nulle part. Une année était à peine écoulée, qu'il abandonnait aussi l'heureuse ville de Cologne, déjà rassasié du bonheur d'y vivre i.
Pendant les quelques mois passés à Cologne par Agrippa, il y avait reçu la visite de son ami Brennonius, visite dès longtemps annoncée et dont Agrippa avait emporté de Metz même la promesse. 11 la lui rappelait dans son premier billet écrit le 19 février, à son arrivée dans sa ville natale.
— Je t'attends, lui disait-il, pour la Pentecôte, ainsi que tu me l'as promis (Ep. II, 43).
L'été tout entier et l'automne en grande partie se passent cependant, sans que la promesse ait été réalisée. Brennoniu's paraît n'être venu à Cologne que vers la fin de septembre 1520 -. Il devait ap-
1. Agrippa dut, en réalité, passer alors à Cologne environ quatorze naois, depuis le commencement do février 1520 à peu .près, jusque vers le mois d'avril 15Î1. Il y était encore le 21 mars de cette dernière année : « Quinta feria ante domi- « nicam palmarum », date d'une lettre qu'il écrit pour annoncer qu'il va en partir (Ep. 111, 6\