‹ CorneilleChapitre 19 sur 19 · ARSINOÉ · texte numérisé non relu

ARSINOÉ

Grâce , grâce , seigneur, à notre unique appui ! Grâce à tant de lauriers en sa main si fertiles! Grâce à ce conquérant , à ce preneur de villes ! Grâce....

Et plus loin :

Je m'en dédis, seigneur, il n'est point criminel. S'il m'a voulu noircir d'un opprobre éternel , Il n'a fait qu'obéir à la haine ordinaire (^^)u"imprime à ses pareils le nom de belle-mère. De cette aversion son cœur préoccupé M'impute tous les traits dont il se sent frappé. Que son maître Annibal , malgré la foi publique, L'abandonne aux fureurs d'une terreur panique; Que ce vieillard confie et gloire et liberté Plutôt au désespoir qu'à l'hospitalité , Ces terreurs, ces fureurs , sont de mon artifice Quelqu'appas que lui-même il trouve en Laodice, C'est moi qui fais qu'Attale a des yeux comme lui ; C'est moi qui force R,ome à lui servir d'appui ; De cette seule main part tout ce qui le blesse ; Et pour venger le maître et sauver sa maîtresse , S'il a tâché, seigneur, de m'éloigner de vous, Tout est trop excusable en un amant jaloux.

(Je faible et vain eflbrt ne touche point mou âme ; Je sais que tout mon crime est d'être votre t'emnie.

Après s'être accusce de celle manière ironique , elle ment avec impudence ; puis elle ajoute pour répondre à la défense de Nicomède :

Vous voyez à quel point sa haine m'est cruelle; Quand je le justitie, il me fait criminelle; Mais, sans doute, seigneur, ma présence Talyrit, Et mou éloignement remettra son esprit : Il rendra quelque calme à son coeur maguauime 1

Toujours la raillerie ! L'aimante Arsinoé ne survivra pas cà Prusias ! mais elle se surpasse dans les derniers vers remplis d'une générosité et d'une dignité hypocrites :

Je me retire donc , afin qu'en liberté Les tendresses du sang pressent votre bonté ; Et je ne veux plus voir, ni qu'en votre présence Un prince que j'estime indignement m'offense, Ni (|ue je sois forcée à vous mettre en courroux Contre un fils si vaillant et si digne de vous.

Cette femme artificieuse tiendrait trop de la comédie , malgré l'étrange intérêt qu'elle inspire, si elle ne faisait les affaires de Rome. Rome et Flaminius, sans rien lui imprimer de leur majesté, sont cause que le spectateur soutfre moins de l'indignité d'un tel caractère et n'a point, en quelque sorte, le temps d'y réfléchir. Arsinoé fait aussi

mieux ressortir Nicomède et Laodice. Si ce n'est pas le comble de l'art , c'est du moins l'art véritable , sans convention , sans fausse grandeur , sans noblesse outrée.

Flaminius , c'est Rome arrivée au sommet de la puissance et de l'injustice ; Prusias est l'esclave , Rome est le tyran , sous le nom de Flaminius. Celui-ci commande , Arsinoé exécute , le roi obéit. Il y a dans le personnage de l'ambassadeur une gravité qui impose ; s'il n'a plus le vrai fond de l'antique vertu , il en a le sentiment et plus que l'apparence ; il reflète dans sa dignité la grandeur vraie d'une autorité souveraine sur le monde , établie par les siècles , le courage , le travail , le génie , et même un peu par la vertu ; il a de la maîtresse du monde la confiance hautaine , l'adresse hypocrite , la raison sans cœur, lïronie glaciale ; c'est l'ironie du triomphateur, mêlée de mépris , désarmée quelquefois par l'ironie plus forte de Nicomède ou de Laodice. Un exemple en dira plus que mes paroles ; je choisis cette scène où le fils aîné de Prusias refuse de donner à son frère Attale, c'est-à-dire à Rome , un des royaumes qu'il a conquis. Flaminius lui répond :

A ce que je puis voir, vous avez combattu, Prince, par intérêt plutôt que par vertu.

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Les plus rares exploits que vous ayez pu faire

N'ont jeté qu'un dépôt sur la tête d'un père ;

Il n'est que le gardien de leur illustre prix, '

Et ce n'est que pour vous que vous avez conquis ,

Puisque cette grandeur à son trône attachée

Sur nul autre que vous ne peut être épanchée.

Certes , je vous croyais un peu plus généreux :

Quand les Romains le sont, ils ne font rien pour eux.

Scipion , dont tantôt vous vantiez le courage ,

Ne voulait point régner sur les murs de Carthage-

Et de tout ce qu'il fit pour l'empire romain ,

Il n'en eut que la gloire et le nom d'Africain.

Mais on ne voit qu'à Rome une vertu si pure ;

Le reste de la terre est d'une autre nature. '

Quant aux raisons d'Etat qui vous font concevoir

Que nous craignons en vous l'union du pouvoir,

Si vous en consultiez des têtes bien sensées

Elles vous déferaient de ces belles pensées ;

Par respect pour le roi, je ne dis rien de plus :

Prenez quelque loisir de rêver là-dessus;

Laissez moins de fumée à vos feux militaires.

Et vous pourrez avoir des visions plus claires.

Voltaire trouve, à tort je crois, ces derniers vers d'un bas comique ; l'ambassadeur s'oublie , et la colère l'emporte jusqu'à une insolence familière , mais hautaine. C'est Rome à découvert. Le vaincu, Nicomède, est vainqueur. Toute la tragédie est là. Son défaut serait une ironie trop constante , et quelque chose de tendu , de pénible aussi, de cruel même, si l'auteur n'avait pris

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soin de tempérer cette sévérité tragique, déjà adoucie par la familiarité du langage , en créant un personnage plus humain , généreux et confiant jusqu'à la naïveté , héroïque cependant , mais sans raideur, un modèle, en même temps, d'amour fraternel , Attale , dont l'âme , insensiblement éclairée , comprend enfin Rome et Arsinoé , et qui, échappé aux pièges tendus à son innocence par une mère indigne, sauve de la façon la plus naturelle, la plus inattendue le dénoûment, en sauvant Nicomède.

Ce caractère d'Attale a un genre de beauté tout particulier; au lieu d'être constant, et, depuis le début jusqu'à la fin de la tragédie , conséquent avec lui-même , il se développe sur la scène , à mesure que se développe l'action , hésitant d'abord , docile à Rome qui l'a élevé , jusqu'à la servilité, puis au contact de Nicomède s'élevant peu à peu, et passant d'une admiration sans jalousie , malgré les rivalités de l'amour, jusqu'à un commencement de grandeur. C'est une ànie naturellement forte et que l'ignorance où Rome l'a nourrie , a empêchée de se découvrir à elle-même. L'égoïsme de Flaminius et d' Arsinoé, qui , en dernier lieu , le sacrifient impitoyablement, le surprend sans l'épouvanter, l'éclairé,

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l'illumine ; de cette épreuve il ;iurait pu sortir méchant ; il devient un héros.

N'est-il pas beau ce monologue, où Attale, détrompé de Rome par Flaminius et plein de respect pour Nicomède , Tennemi de Rome , prend le parti de son frère , en ces termes :

Attale, était-ce ainsi que régnaient tes ancêtres? Veux-tu le nom de roi pour avoir tant de maîtres ! Ah ! ce titre à ce prix déjà m'est importun : S'il nous en faut avoir, du moins n'en ayons qu'un. T.e Ciel nous l'a donné trop grande trop magnanime, Pour souffrir qu'aux Romains il serve de victime. Montrons-leur hautement que nous avons des yeux , Et d'un si rude joug affranchissons ces lieux. Puisqu'à leurs intérêts tout ce qu'ils font s'applique. Que leur vaine amitié cède à leur politique. Soyons à notre tour de leur grandeur jaloux, Et comme ils font pour eux , faisons aussi pour nous.

Si Attale, par sa fraternelle générosité, émeut l'âme plus doucement que Flaminiiis ou Nicomède , et nous console de Prusias , Laodice nous fait oublier Arsinoé et son rôle odieux. Celle-ci n'est qu'une femme perverse , égoïste , vulgaire au fond , malgré tout son esprit , sous le costume d'une reine. Laodice, prisonnière chez son tuteur, environnée , dans une cour servile , d'un cercle d'ennemis, malgré Prusias , Flaminius, Arsinoé , est reine par le courage , la fermeté , l'héroïsme.

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Elle n'a pas les hésitations et les timidités virginales d'une Chimène , elle a cependant l'intuition d'une femme ; elle aide à l'action , en poussant Nicomède à se défendre contre les desseins ténébreux d'Arsinoé ; elle la redoute ; son silence l'inquiète. Elle aime sans que son amour ait rien de commun avec celui des autres femmes ; Corneille , dans cette tragédie , a inventé ou plutôt découvert une nouvelle manière d'aimer. Ce qui unit Nicomède et Laodice, c'estlemême héroïsme, c'est l'inébranlable résolution de ne jamais céder devant Rome ; leur amour est sans faiblesse; chacun de ces deux cœurs est pour l'autre un support , double sa force et le maintient dans l'intégrité de la vertu. Ce n'est , en résumé , que la peinture idéale de l'amour vrai, comme la femme antique pouvait le comprendre. Notre âge met plus de lutte dans l'amour.

Laodice est une stoïcienne , Chimène une chrétienne. La première, toutefois, sort un instant de sa vertu stoïque ; c'est quand la reine lui annonce le départ de Nicomède pour Rome, à l'heure même oi^i elle se croit victorieuse au moyen de l'émeute qu'elle a soulevée. Que ne puis-je vous la peindre , en face de Flaminius ! Mais vous la retrouverez, avec les nuances nécessaires, dans

ou

le rôle de Nicomède lui-même. Je préfère vous lire ce passage où la femme poussée à bout l'adorable furie exhale sa colère ; c'est toujoui l'héroïne ; elle s'adresse à Arsinoé :

Fuyez donc les fureurs qui saisissent mon âme,

Après le coup fatal de cette indignité

Je n'ai plus ni respect ni générosité.

Mais plutôt demeurez pour me servir d'otage

Jusqu'à ce que ma main de ses fers le dégage.

J'irai jusque dans Rome en briser les liens ,

Avec tous vos sujets , avecque tous les miens.

Aussi bien Annibal nommait une folie

De présumer de vaincre ailleurs qu'en Italie.

Je veux qu'elle me voie au cœur de ses Etats

Soutenir ma fureur d'un million de bras ;

Et, sous mon désespoir rangeant sa tyrannie....

Ce dernier mot caractérise la fausse grandeur de Rome; Nicomède l'humilie, aussi bas que terre , dans la personne de Flaminius , avec un rare bonheur d'expression. Ce jeune héros , qui aime Laodice comme elle l'aime , sans que rien puisse désunir ces deux âmes fondues en une seule , par une conformité parfaite de sentiments vertueux et de constance héroïque; ce héros, dis-je , ce vaincu , puisqu'il est le fils de Prusias, est le véritable vainqueur de Rome , au faîte de sa puissance ; Rome , en lui , n'a pu vaincre une

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âme inexpugnable ; toute Tintelligence de Rome , toute sa force , toute sa prudence , toutes ses armées échouent devant la force morale d'un seul homme , né lui-même d'un esclave ! C'est un des plus beaux spectacles que Corneille ait pu nous offrir; il avait d'abord peint Rome, la plus belle des choses humaines, maxima rerum; dans Mcomède , il peint un sujet infiniment plus beau, la fermeté surhumaine d'un cœur dont la reine du monde ne saurait triompher; comme il avait su admirer Rome et l'idéaliser, il la châtie. Mais pour mieux le juger, entendons Nicomède lui-même , quand Flaminius et Prusias lui proposent de céder un royaume à son frère Altale. C'est la colère généreuse qui domine d'abord dans son langage, sous une forme à la fois sublime et familière :

De quoi se mêle R,orae , et d'où prend le Sénat, Vous vivant, vous régnant, ce droit sur votre Etat? Vivez, régnez, seigneur, jusqu'à la sépulture , Et laissez faire après , ou Rome ou la nature.

Nicomède est le digne élève d'Annibal ; il le peint :

11 m'a surtout laissé ferme en ce point D'estimer beaucoup Rome , et ne la craindre point. On me croit son disciple , et je le tiens à gloire ;

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Et quand Flaminius attaque sa mémoire , Il doit savoir qu'un jour il me fera raison D'avoir réduit mon maître au secours du poison.

A la colère succède l'ironie :

Eh bien ! s'il est besoin de répondre autre chose ,

Attale doit régner, Rome l'a résolu ;

Et , puisqu'elle a partout un pouvoir absolu ,

C'est aux rois d'obéir alors qu'elle commande,

Attale a le cœur grand , l'esprit grand, l'âme grande ,

Et toutes les grandeurs dont se fait un grand roi.

Mais c'est trop que d'en croire un Romain sur sa foi.

Par quelque grand effet, voyons s'il en est digne,

S'il a cette vertu , cette valeur insigne :

Donnez-lui votre armée et voyons ces grands coups , etc.

Prusias, quelques vers plus loin, demande j^râce pour Nicomède à Flaminius :

Le temps et la raison pourront le rendre sage.

A ces excuses de la lâcheté , le héros répond :

La raison e* le temps m'ouvrent assez les yeux, Et l'âge ne fera que me les ouvrir mieux. Si j'avais, jusqu'ici, vécu comme ce frère, Avec une vertu qui fût imaginaire , (Car je l'appelle ainsi quand elle est sans effets ; Et l'admiration de tant d'hommes parfaits Dont il a vu dans Rome éclater le mérite. N'est pas grande vertu si l'on ne les imite) ; Si j'avais donc vécu dans ce même repos Qu'il a vécu dans Rome auprès de ses héros , Elle me laisserait la Bithynie entière ,

Telle que de tout temps l'aîné la tient d'un père ,

Et s'empresserait moins à le faire régner,

Si vos armes sous moi n'avaient rien su gagner ;

Mais parce qu'elle voit avec la Bithynie

Par trois sceptres conquis trop de puissance unie ,

Il faut la diviser ; et, dans ce beau projet ,

Ce prince est trop bien né pour vivre mon sujet !

Puisqu'il peut la servir à me faire descendre ,

Il a plus de vertu que n'en eut Alexandre;

Et je lui dois quitter, pour le mettre en mon rang,

Le bien de mes aïeux ou le prix de mon sang.

Grrâces aux immortels , l'effort de mon courage

Et ma grandeur future ont mis Rome en ombrage.

Vous pouvez l'en guérir, seigneur, et promptement;

Mais n'exigez d'un fils aucun consentement :

Le maître qui prit soin d'instruire ma jeunesse

Ne m'a jamais appris à faire une bassesse.

C'est le même Nicomède qui dira plus loin à Flaminius :

Sachez que je ne vous prends plus Que pour l'agent d'Attale et pour Flaminius ; Et si vous me fâchiez , j'ajouterais peut-être , Que pour l'empoisonneur d'Annibal , de mon maître, Voilà tous les honneurs que tous aurez de moi. S'ils ne vous satisfont , allez vous plaindre au roi.

Voltaire a prétendu que Nicomède avait trop humilié Attale , pour que celui-ci ne devint pas nécessairement son ennemi , au lieu de le sauver. Mais Attale n'était point Voltaire , et les âmes élevées trouvent dans l'humiliation de quoi

s'élever davantage , reconnaître leurs faiblesses , aimer le rude médecin qui les a guéries. Oui , Voltaire avait l'Ame trop commune pour comprendre Attale , et Nicomède lui-même.

Revenons à celui-ci. C'est l'ennemi de Rome, ou plutôt c'est Rome elle-même , celle des temps antiques , celle de la pauvreté, des mœurs pures , de la vertu. Il pourrait dire mieux que Sertorius :

Rome n'est plus dans Rome , elle est toute où je suis.

C'est Rome qui renaît, pour punir une fdle dégénérée , avec les armes qui ont châtié Carthage et la Grèce. Nicomède est plus qu'Annibal, qu'un général haineux, habile et perfide , plus que la vieille Rome elle-même ; Nicomède porte déjà dans sa poitrine une âme chrétienne ; il hait Flaminius et la tyrannie dont il est l'image, de la haine d'un cœur généreux et" franc, de tout l'amour qu'il sent pour la vertu ! Je ne sais si ma pensée ne va pas trop loin , mais quand j'entends cette voix d'un vaincu s'élever seule dans l'univers asservi, et protester, pour le droit contre la force , je songe à cette autre voix , qui s'élève aujourd'hui de Rome elle-même, jadis la maîtresse tyrannique du monde , et qui proteste par la bouche d'un vieillard, de Pie IX,

contre la tyrannie du mal et le triomphe presqu'imiversel de l'impiété.

Oiii,Nicomède est un chrétien ; mais, avouonsle, avec une ombre d'orgueil et de stoïcisme. L'Auguste de Corneille , qui lutte contre luimême et contre l'humaine faiblesse, avant d'en triompher, peint mieux Thomme et le chrétien. Mais , tel qu'il est , Nicomède est grand , plus grand que le monde , puisqu'il lui résiste , en résistant à Rome, alors la capitale de la persécution. Aujourd'hui , c'est contre Rome elle-même , devenue le centre de la vérité , que l'éternelle persécution du mal dirige ses coups. Celle-ci a rencontré et rencontrera des Nicomèdes , des âmes inexpugnables. Il y a quelques inois , Fun de ces héros , trempés par le catholicisme , Garcia Moréno, périssait sous les poignards des sectaires , en prononçant ces paroles : <( Je meurs , mais la vérité ne meurt point. » Et même du sang des martyrs naissent les hommes et les chrétiens ; en ce moment , on les voit partout se lever, se reconnaître, s'unir, prendre confiance, former un peuple; c'est partout que se fortifie la ligue religieuse du bien , et la France la commande , la France des Œuvres et des Universités cathohques. Il est temps plus que jamais d'espérer.

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Ce cours public est le dernier d'une année scolaire oh j'ai eu l'honneur de vous faire entendre ma parole pour les Lettres et pour Dieu. Merci , chers auditeurs , de votre empressement à venir m'écouter, de votre constance , de votre bienveillance recueillie , de votre amour, en un mot , pour la totalité de la vérité.

A la rentrée prochaine, nous continuerons à étudier ensemble la famille poétique de Corneille. Dans Chimène et le Cid , nous avons observé les deux types de la piété filiale ; dans Attale , celui de l'amour fraternel. Après Rodogune , après le 3Ienteur qui présentent, sous autant d'aspects différents , le génie de Corneille , Horace sera pour nous le modèle du père , Cornélie et Pauline , ceux de l'épouse ou de la femme chrétienne. Dans une dernière perspective, nous contemplerons Auguste , le roi par excellence , le roi chrétien , maître du monde et de son cœur.

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