‹ CorneilleChapitre 33 sur 35 · VIEILLESSE DE C0KNE1LLE · texte numérisé non relu

VIEILLESSE DE C0KNE1LLE

1647., se conduisit en cette circonstance avec beaucoup de délicatesse.Elle nomma, pour lui succéder, Thomas Corneille, son frère., celui que Boileau appelait un cadet de Normandie, et elle chargea Racine de prononcer l'éloge de son ancien rival. Racine le fit en des termes d'une rare élévation, et l'éloge de Corneille par Racine est une des plus belles pages qui soient dans la prose française. Vous le* lirez tout entier plus tard. En voici du moins quelques lignes :

«... Où trouvera-t-on un poète qui ait pos- « sédé àla fois tant de grands talents, tant d'ex- « cellentes parties, l'art, la force, le jugement, « l'esprit ? Quelle noblesse, quelle économie a dans les sujets ! Quelle gravité dans les sentice ments 1 Quelle dignité et en même temps quelle a prodigieuse variété dans les caractères ! Parmi a tout cela une magnificence d'expression pro- « porlionnée aux maîtres du monde qu'il fait sou- « vent parler; capable néanmoins de l'abaisser « quand il veut, et de descendre jusqu'aux plus « simples naïvetés du comique, où il est encore « inimitable... Personnage véritablement né « pour la gloire de son pays... Aussi, lorsque, « dans les âges suivants, on parlera avec étonne- « ment des victoires prodigieuses et de toutes « les grandes choses qui rendront notre siècle

ïlî CORNFILLE.

<( l'admiration des siècles avenir, Corneille, n'en € doutons point, Corneille tiendra sa place parmi « toutes ces merveilles.... Il aimait, il cultivait a les exercices de l'Académie : il y apportait « surtout cet esprit de douceur, d'égalité, de « déférence même, si nécessaire pour entre- << tenir l'union dans les compagnies. L'a-t-on « jamais vu sepréférer à aucun de ses confrères ? a L'a-t-on jamais vu vouloir tirer aucun avantage « des applaudissements qu'il recevait dans le puce blic ? Au contraire, après avoir paru en maître, « et, pour ainsi di're, régné sur la scène, il venait, a disciple docile, chercher à s'instruire dans a nos assemblées, et laissait ses lauriers à la « porte de l'Académie »

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