ÉPITRE
diocèse. Ses commandements ont fait taire nette juste défiance que j'avais de ma faiblesse ^ et ce qui né toit sans eux qttun effet aune insupportable présomption , est devenu un devoir indispensable pour moi , sirtot quejejes ai reçus* Oserairje avouer à V. S. qu'ils m'ont fait une douce violence , et que j'ai été ravi de pouvoir prendre cette occasion d 'applaudir à nos Muses , et de votes remercier pour elles des moments que vous avez autrefois ménagés en leur faveur f parmi les occupations illustres où vous attachaient les importantes négociations que les Souverains Pontifes vos prédécesseurs avaient confiées à votre prudence ? Elles en reçoivent ce témoignage éclatant, et cette preuve invincible , que non-seulement elles sont capables des vertus les plus éminentes et des emplois les plus hauts ; mais qu'elles y disposent même et conduisent f esprit qui les cultive, quand il en sait faire un bon usage (1). €?est une vérité qui brille partout dans ce préciettx Recueil de vers latins , où vous n'avez peint voulu (P autre nom que celui iïami des Muses , et que ce grand prélat a pris plaisir de me faire voir des premiers* (2) // me ta fait lire, il me ta fait admirer avec lui; et pour vous rendre justice partout durant cette lecture, je ne faisais que répéter les éloges que chaque vers tirait de sa bouche. Mais , entre tant de choses excellentes, rien ne fit alors et ne fait encore tous les jours une si forte impression sur moname que ces rares pensées
(1) Napoléon aussi avoit foi dans le geuie des lettres et sa voit s'entourer de leur gloire: a Messieurs, dit-il dans le Mémorial de S te.- Hélène , ê\ Corneille vivoît, je le feroîs prince. »
(9) Ce recueil de poésies latines, intitulé PhilomathiMusœ Juvéniles, a été imprimé in -toi. au Louvre. 1656.
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de la mort, que vous y avez semées si abondamment. Elles nkê plongèrent dans une réflexion sérieuse , qu'il fallait comparaître devant. Dieu, et lui rendre compte du talent dont il ni avait favorisé. Je considérai ensuite , que ce riétoitpas assez de T avoir si heureusement réduit à purger notre théâtre des ordures que les premiers siècles y avaient comme incorporées 9 et des licences que les derniers y avaient souffertes; qu'il ne me devait pas suffire d?y avoir fait régner en leur place les vertus morales et politiques , et quelques-unes même des chrétiennes; quil fallait farter ma reconnaissance plus loin , et appliquer toute t ardeur du génie à quelque nouvel essai de ées forces 1 qui ri eût point d autre but que le service de ce grand Maître et t utilité du prochain. C'est ce qui nia fait choisir la traduction de cette sainte mo~ raie qui, par la simplicité de son style, ferme la porte aux plus beaux ornements de la poésie; et bien loin $ augmenter ma réputation , semble sacrifier à la gloire du souverain Auteur tout ce que j'en ai pu acquérir en ce genre décrire. Âpres avoir ressenti des effets si avantageux de cette obligation générale que toutes les Muses ont à V. S., je serais le plus ingrat de tous les hommes , si je ne lui consacrais un ouvrage dont elle a été la première cause. Ma conscience ni en ferait à tous moments des reproches Sautant plus sensibles , que je vis dans une province qui ri a point attendu à vous aimer et A vous honorer qu'elle fût obligée d'obéir à V. S. et ou votre nom a été en vénération singulière, avant même que vous eussiez quitté celui de Chigi, pour être Alexandre VII.
Tant qu'a duré le dernier conclave , nous ri avons demandé que vous à Dieu. Je ri ose dire que nos prières agent attiré les inspirations du S. Esprit sur