‹ Corneille et Gerson dans l'Imitation de Jésus-ChristChapitre 7 sur 107 · PREFACES · texte numérisé non relu

PREFACES

chapitre, Ama nesciri, s'il ne V eut pratiqué lui-même. Aussi ne puis-je dissimuler que je penserais aller contre l'intention de l'auteur que je traduis, si je portois ma curiosité dans ce qu 9 il a voulu et su cacher avec tant de soin. Ce m'est assez d'être assuré par la lecture de son livre que détoit un homme de Dieu, et bien illuminé du Saint- Esprit. J'y trouve certitude qu'il étoit prêtre, j'y, trouve grande apparence qu'il étoit moine. »

A peu près du moins : Gerson étoit retiré chez les Célestins de Lyon quand il fit en latin pour ces religieux I'Imitatioh de J. G. à laquelle il joignit on livre , le IV e ,' et quelques détails relatifs à la vie monastique qui ne sont pas dans le manuscrit françois de Valenciennes. Corneille ajoute : a Mais fy trouve aussi quelque répugnance à le croire Italien. 9

Ce qui domine , en effet , dans le latin de I'Imttàtioh , ce sont les gallicismes, et Corneille dit à ce propos dans une édition de i65B : ,

« Non seulement sa diction, mais sa phrase même en quelques endroits est si purement françoise , qu'il semble avoir pris plaisir à suivre mot à mot notre communs façon déparier. C'est sans doute sur quoi se sont fondés ceux qui du commencement que ce livre a paru. , incertains qu'ils êtoient de l'auteur, l'ont attribué à S. Bernard, et puisa Jean Gerson, qui êtqient tous deux françois; et je voudrais qu'il se rencontrât assez d'autres conjectures pour former un troisième parti en faveur de ce dernier, et le remettre en possession oY une gloire dont il a joui assez long-temps. L'amour du pais m'y ferait volontiers donner les mains. »

Dans la même préface , faisant allusion aux débats animés et parfois scandaleux que nous avons rappelés dans nos Etudes, il ajoute :

« Cette question a été agitée de part et d'autre avec beaucoup d'esprit et de doctrine, et, si je ne me trompe, avec un peu de chaleur, r

Dans une autre préface de la même année, i653, Corneille dit encore au lecteur ;

- a J'ai bien des grâces à vous demander , mais aussi les difficultés qui se rencontrent en cette sorte de traduction méritent bien que vous

n'en soyez pas avare Les répétitions sont si fréquentes dans le

texte de mon auteur, que quand notre langue seroit al x fois plus abondante qu'elle n'est, je Vaurois déjà épuisée. Elles ont bien lieu de vous importuner, puisqu'elles m'accablent, et j'avoue ingènuement que je n'ai pu encore trouver le secret de diversifier mes expressions , toutes les fois qu'il me présente la même chose à exprimer ... Mais enfin je ne puis mieux faire ; et de quelque importance que soit ce défaut, je n'ai pas cru qu'il me dût j aire quitter un travail que d'ailleurs on me veut faire croire être assez utile au public, et pouvoir contribuer quelque chose à la gloire de Dieu et à l'édification du prochain. »

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