‹ Corneille et Rotrou, comédie en un acte en proseChapitre 23 sur 37 · CORNEILLE, ROTROU · texte numérisé non relu

CORNEILLE, ROTROU

ROTROU

Quelle peut être la pensée du Cardinal en mandant près de lui Mllfl de Lamperrière ?

Ah ! Rotrou ! mon cœur me l'a dil !... il veut la marier !

ROTROJJ.

N'as-tu pas entendu ce que disait lout-à-1'heure M. de Lamperrière lui-même? Oui... oui... je le sens à mon trouble, au désespoir qui s'empare de moi. Richelieu a disposé de la main de Julie pour quelque noble protégé !... il a Frappé le père ! il veut élever , enrichir la ii lie ! Et moi, Rotrou , je la perds au moment où un rayon d'espoir venait ranimer mon cœur !

ROTROU

Pourquoi la perdre ?... si elle t'aime... si elle te l'a dit...

Mon ami ! pas un mol d'amour n'a été prononcé entre Julie et moi! Elle ne m'a parlé que de son amitié!.... Ah ! si je dois tout perdre en un jour ... si Richelieu me dispute à la fois mes succès et mon bonheur... eh bien ! je n'y survivrai pas !... Celte pensée est affreuse! elle m'accable, elle me tue!

ROTROU

Corneille !... mon ami !... commande à ta douleur ! songe à Julie, à son père, aux dangers qui les menacent et que tu peux contribuer à détourner... songe à cet enfant de ton génie que le Cardinal peut condamner avant qu'il n'ait vu le jour!... (Corneille parait indécis.) Ah ! c'est le ciel qui m'inspire!... Je tremblais pour le père d'Horace , c'est Horace qui te sauvera !

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