‹ Corneille et son temps: étude littéraireChapitre 29 sur 31 · ULYSSE · texte numérisé non relu

ULYSSE

Vous ne m'en prirez point que je n'y salisrasse.

nentdes preuves d'une ignorance plus étrange encore «. Les poètes dramatiques de Tantiquité étaient traduits, et Sforza d^Oddi, auteur italien dont Rotrou a imité une comédie*, et qu'il vante pour ses imitations de Plante*, pourrait bien Tavoir aidé dans celles des Sosies et des Ménechmes.

On a beaucoup parlé de ce que l'Amphitryon de Molière avait dû aux Sosies de Rotrou, mais sans faire attention que les principaux traits de la ressemblance qu'on aperçoit entre les deux ouvrages se trouvent également dans l'original de Plaute. Ce que Molière a pu emprunter à Rotrou, ou, comme lui, à quelque auteur plus moderne, se borne à deux ou trois vers*, et à l'idée de la scène où Mercure chasse de la maison

ACHILLBb

Demeurons donc d'accord de Fheure et de la place.

{Iphigénie, acte V^ scène III.)

' Ainsi, dans la Sœur^ le vieillard Géronte, revenant de Gonslantinople où il a été esclave des Turcs, parle à Anselme de Tôgiise de Sainte-Sophie,

où les Chrétiens s'assemblent Pour l'office divin qui s'y fait avec soin.

[Acte m, scène IL) « La Clarice.

• Vovez la Préface de Clarice,

• Tels que celui-ci :

Si Ton mangeoit des yeux, il m'auroit dévoré.

(£ef Sotiet, acte IV, scène 11.)

388 ROTROU (lEAN).

Sosie, qui s'y est introdait pour difier. Dam te redte de la fÀece^ RobM»i «ait pas à ^^ k poète làUUy en étag^ant quelques déiails «ans intérêt fioat nous, ^ en res^afit, d!xme manière asses plaisante, œuKqiïi peavent nom . cemve&ir ; mais â ne se les approprie pomt, oo^ime Molière, par ce tour de plaisanterie vif et naturel^ (iKâr «es hedrcMes «dditîoBS q«ii font d' AiiyAtaryon wtt ^avrètge cnigâial quVm ne peut disputer à la scème firaârçftise ; Rotrou s'est oontenté de tradw^ avec assez 4e go(kt, ce que Molière a depuis imité avec génie.

Si des regards on pouvoit mordre^ Il m'aùroit déjà dévoré.

(ÀmpmrgtfÊh, <bcte iil, 9b^t U.)

et celui-ci, que Rotrou met darf» là l^ondhe de Tun des capîtdiaetr in viles par Jupiler, au nom d*Âmphytrion :

Point^ point d'Amphitryon «4 f^Mi ne dtne point.

ilélB SoftM^ aote tIV, acèmt IV.)

Ce qui est beaucoup ptuscolivenabiement dans la bouche de Sosie :

Le Vérita1>le Amphitryon

Est l'Alnphitryon oft Toli tftne.

{Amphitryon, acte 111, scène V.) La réflexion du Sosie de Molière :

Lé seigmMr JvpHer «Mt <AMrer la pilule

{Àcle m, tcène Xî)

est encore imitée de celle-ci du Sosie de RolroUi qui ne Ta [mai trouvée dans Plaûte :

On appelle cela lui sucrer le breuvage.

\Les Sùfiet, actp Y, scène dernière.)

ROTROU (JËAN)i S8â

La traduction des Ménechmes, où Rotrou a cru devoir transformer la courtisane Erotime en une jeune veuve coquette, mais honnête, fait moins pressentir que les Sosies ce que, plus tard, Regnard a su tirer d'un pareil sujet.

Les tragédies anciennes imitées par Rotrou annoncent, de même que ses comédies, un talent qui avait ►besoin d'être soutenu, maisrqui, du moins, savait se servir des appuis auxquels il avait recours. 11 n'y faut point chercher l'art de la composition, art qui, à cette époque, ne fut entrevu que du seul Corneille. VIphù génie en Aulide de Rotrou est, à quelques scènes près, une imitation exacte de celle d'Euripide. Son Hercule mourant est Y Hercule au mont OEta^ de Sénèque, auquel Rotrou a seulement ajouté Tépisode des amours d'iole avec un jeune prince nommé Arcas, épisode qui fait le sujet du cinquième acte ; enfin, son Antigone, composée des Phéniciennes d'Euripide, de la Thébaide de Sénèque, et de VAntigone de Sophocle, comprend deux tragédies en une seule. Hais^ dans ces trois ouvrages, Rotrou a le mérite de n'avoir pas trop défiguré les anciens par cette trivialité de langage que ses contemporains mêlaient à la pompe la plus ridicule ; s'il n'a pas assez imité la simplicité de Sophocle, du moins a-t-il atténué quelquefois renflure de Sénèque; et quelques passages heureusement rendus mettent Rotrou au-dessus de la classe commune des écrivains

de son temps. Dans V Hercule au mont OEta^ Hercule, vaincu par la douleur, implore pour la première fois le secours de Jupiter; il lui demande la mort ?

Tôt feras vici horridas, Regcs tyrannos; non tamen vuUus meos In astra torsi. Semper hœc nobis manus Votvm spopondit» NuUo propter me sacro Micuére cœlo fulmina^.

Rotrou étend ainsi cette pensée :

J*ai toujours dû ma vie à ma seule défense. Et je n'ai point encore imploré ta puissance ; Quand les tètes de l'hydre ont fait entre mes bras Cent replis tortueux, je ne te priois pas; Quand j'ai dans les enfers affronté la Mort même> Je n'ai point réclamé ta puissance suprême >; J'ai de monstres divers purgé chaque élément, Sans jeter vers le ciel un regard seulement ; Mon bras fut mon secours; et jamais le tonnerre N'a, quand j*ai combattu, grondé contre la terre *•

Çn ralentissant un peu le mouvement de Sénèque, Ro- Irou y a cependant ajouté d'assez belles images. Dans VAntigonef cette princesse revoyant, du haut

1 Voyez 1293 et seq.

« Racine, dans Phèdre^ a imité ce morceau, et particulièrement ces deux vers de Rotrou :

Dans les longues rigueurs d'une prison cruelle^ Je n'ai point imploré ta puissance immorlelle.

{Phèdre, acte IV, scène II.}

) Hercule mourant^ act. HI, scène H.

des murs, son frère Polynice, séparé d'elle depuis un an, lui adresse ainsi la parole :

Polynice, avancez, portez ici la vue ; Souffrez qu'après un an votre sœur vous salue ; Malheureuse ! et pourquoi ne le puis-je autrement ? Quel destin entre nous met cet éloignement ? Après un si long temps la sœur revoit son frère. Et ne peut lui donner le salut ordinaire ; Un seul embrassement ne nous est pas permis; ^Nous parlons séparés comme deux ennemis *.

Ce touchant morceau n'est point imité.

Vlphigénie offre aussi quelques idées qui appartiens nent à Rotrou , et que n'a pas dédaignées Racine *.

^ Acte H, scène IL

* Entre autres ces vers, qui ne sont point dans E«flnfpide, où Gy* temnestre ne parle qu'avec respect du sang d*Atrée :

Va, père indigne d'elle, et digne fils d'Atrée^ Par qui la loi du sang fut si peu révérée. Et qui crut comme toi faire un exploit fameux. Au repas qu'il dressa des corps de ses neveux»

{Iphigénie en Àulide, de Rotbou, acte IV, scén^ HT*)

Vous ne démentez point une race funeste ; Oui, vous êtes du sang- d'Atrée et de Thyeste : Bourreau de votre fille, il ne vous reste enfin Que d'en faire à sa mère un horrible festin.

(Racine, acte IV, scène lY.)

Les réponses équivoques et ironiques que Racine met d*abord dans la bouche de Glytemnestre, lorsqu'Agamemnon vient lui demander sa fille, ne sont point tirées d'Euripide. Dans Rotrou, c'est Iphigénie qui commence la scène avec son père par un dialogue de ce genre : ce qui est beaucoup moins convenable. (Voyez Vlphigénie de Rotrou, acte IV, scène II; et celle de Racine, acte IV, scène III et IV >

Cependant on n^y voyait pas encore le talent quî peut laisser des traces parce qu'il ne marche sur celles de personne , et Rotrou n'atait pas encore trouvé le genre où il pouvait être lui-même. Le Sélhairef drame d'invention, où il avait voulu donner à la tragédie le ton que lui avait assigné Corneillei est peut-^tre au nombre de ses plus mauvais ouvrages. Enfin il rencontra le sujet de Venceslas.

Ce sujet ne lui appartient pas; il l'emprunta à don Francisco de Roxas*, comme Corneille avait emprunté.

le Cid à Guillen de Castro. Ainsi on trouve dans Venceslas y comme dans le Cid, un assez grand nombre de beaux vers tirés de l'original espagnol ; on y en trouve même davantage, car des tirades eûtières et des dispotions de scènes sont absolument pareilles; l'entrée est la même, le dénouement est semblable^ si ce n'est que, dans la pièce espagnole, Ladislas ne reparle plus de son amour pour Cassandre qui demande et obtient la permission de se retirer dans ses terres* Rotrou, trompé par le dénouement du Cid, ne remarqua point la différence des situations; il ne sentît pas que le spectateur, satisfait de voir , du moins en espérance , couronner l'amour de Rodrigue , cet amour innocent et partagé , est au contraire révolté de Tidée qu'an jour le coupable La^

* La pièce de Francisco de îloxas se trouve à la Bibliothèque royale, dans un recueil cote 6380, B; elle a pour litre : No ay $er Padre êiendo Ile, litléralement : Il n*y a pas à être Père étant Roi.

disks pourra obtenir, pour prix de son furieux amour, la feirnne qui le hait^ et à laquelle il vient de donner tant de nouvelles raisons de le haïr *. La réflexion n'avait pas encore appris aux auteurs dramatiques à quel point la différence des sentiments change l'effet moral de deux actions semblables en apparence. A cela près, la pièce espagnole contient les traits principaux du

i Marmoutel, entre autres corrections qu'il avait faites à la tragédie de Rotrou , avait voulu changer ce dénouement ; dans la dernière scène, Ladislas disait à Gassandre :

Ma grâce est en vos mains * • •

i Voilà donc ton supplice,

répondait-elle en se donnant un coup de poignard. Ce dénouement, plus conforme aux habitudes du théâtre qu'à la vérité des mœurs, répondait peu au ton moderne qui règne dans toute la pièce. Cependant les corrections de Marmontel avaient été approuvées par le maréchal de Duras, gentilhomme de la chambre, et comme tel chargé de la conduite des spectacles. 11 voulait faire jouer à Versailles ce Venceslas corrigé, et donna ordre à Lekain d'apprendre son rôle à la nouvelle manière. Lekain, qui n'aimait pas Marmontel, s'en défendit autant qu'il lui fut possihle; mais le maréchal parla si positive^ ment qu'il fallut au moins avoir l'air de céder : cependant Lekain s'était secrètement adressé à Colardeau , pour avoir d'autres correc* tions ; il les substitua à celles de Marmontel. Venceslas, ainsi représenté, eut un grand succès à la cour; le maréchal, qui ne s'aperçut de rien, s'applaudissait de l'heureux résultat de sa fermeté. Il y a lieu de croire, cependant, que la ruse se découvrit bientôt. Mar* montel nous apprend lui-même que son Venceslas fut représenté à \\ cour et à Paris, mais que la cour seule approuva le nouveau dénouement, et qu'il déplut au public de Paris : ce qui obligea à l'aban*» donner, pour revenir à l'ancien. (Voyez Chefs-d'œuvre dramatiques, examen de Venceslas. Paris, i 773.) On a depuis abandonné toutes les corrections, et sauf quelques expressions, le Venceslas qu'on représente aujourd'hui est entièrement celui de Rotrou.

dernier acte de Venceslas^; ce n'est que dans l'intrigue du drame et dans les circonstances qui amènent la catastrophe que Rotrou a cru devoir s'écarter de son original. Dans l'ouvrage de Roxas, le prince Roger (le Ladis las de la pièce française) ne paraît pas avoir l'intention d'épouser Cassandre; mais amoureux d'elle et jaloux du duc, qu'il regarde comme son rival, il se montre fort peu délicat sur les moyens de lui enlever sa maîtresse. Ces tentatives déshonorantes que Rotrou a placées dans l'avant-scène, bien que Cassandre les rappelle un peu trop souvent et trop énergiquement*, l'auteur espagnol les a mises en action. Roger forme le projet de s'introduire la nuit chez celle quUl aime; Cassandre, avertie de ce dessein, en donne avis au roi, afin que son autorité la délivre des poursuites de Roger. Celui-ci arrive, trouve Cassandre seule dans une salle, et, avant qu'elle

^ l\ rCen faut excepter qu*un petit nombre, entre autres ce beau vers de Venceslas, lorsqu'il apprend que le peuple révolté veut le forcer à révoquer la sentence de Ladislas :

Et me vouloir injuste est ne me vouloir plus»

[Acte V, scène dernière*)

On remarquera aussi, dans les imitations françaises, une tournure plus vive, plus serrée que celle de Fauteur espagnol, et plus propre à faire effet sur notre théâtre, où Ton aime à voir la pensée renfermée en un vers.

« Les sales désirs^ les sales plaisirSy les libres entrctienSy les messages infâmes f expressions beaucoup trop familières à Cassandre, sont au nombre de celles qu'on retranche aujourd'hui à la représenta liou.

ait pu le reconnaître, il éteint la lumière et se prépare aux dernières violences ; mais Cassandre effrayée s'est échappée à la faveur de Tobscurité, et a laissé le prince tête-à-tète avec la chaise sur laquelle elle était assise, et où il est fort étonné de ne plus la retrouver. Pendant qu'il la cherche, arrive le prince Alexandre S marié secrètement à Cassandre. et qui, depuis un mois, éloigné de la cour par suite d'une querelle avec son frère, est venu pendant la nuit pour voir sa femme. Les deux frères se rencontrent; le roi arrive; ils se cachent; et celte aventure produit un imbroglio dont le résultat est de persuader au prince que le duc est Tépoux de Cassandre. Furieux, il s'introduit une seconde fois chez elle, pénètre jusqu'à l'appartement où Cassandre est endormie dans les bras d'Alexandre, tue celui-ci sans le reconnaître et sans qu'il se réveille; et Cassandre, en ouvrant les yeux, trouve son mari mort, et le poignard laissé dans la blessure lui indique le meurtrier. Tels sont les incidents au moyen desquels marche l'intrigue espagnole , à travers les plaisanteries des valets et les descriptions ampoulées du prince.

Corneille avait appris aux poètes que de pareils moyens n'étaient point à l'usage de la vraie tragédie. Ceux qu'a imaginés Rotrou ne sont pas beaucoup meilleurs : c'est un bien mauvais ressort que celui sur

i Que l*auteur espagnol et Rotrou après lui appellent l'infant Alexandre. Rotrou a aussi Vinfante Théodore,

lequel roule toute l'intrigue de la pièce, cette promesse que le roi a faite au duc de lui accorder la première grâce qu'il lui demandera, quelle qu'elle puisse être'; et l'emportement de Ladislas, qui deux fois ferme la bouche au duc au moment où il va déclarer son amour pour la princesse Théodore, est une invention bien puérile pour prolonger la méprise qui amène la catastrophe.

Si Rotrou n'avait à réclamer, dans Venceslm, que ces inventions puériles, il ne vaudrait pas la peine de chercher à quel point elles peuvent lui appartenir; mais le caractère de Ladislas, ce caractère emporté, fougueux, intéressant par la violence même des passions qui le rendent dangereux et criminel, Rotrou se l'est approprié en le développant. L'auteur espagnol n'a montré la fierté de Roger que dans sa haine contre le duc et contre son frère ; il n'a fait connaître la véhémence de son amour que par celle de ses désirs, et la fureur de sa jalousie que par le crime auquel elle l'entraîne : il l'a montré beaucoup plus dur envers son père , et n'a guère déployé en lui que la férocité d'un caractère indomptable, sans y mettre cette tendresse de passion qui fait entrevoir les

^ Le même moyen employé dans Don Lope de Cardonne, le dernier ouvrage île Rotrou, qui a d^ailleurs les plus grands rapports avec VencesJas, me ferait penser que Rotrou doit aussi cette invention romanesque au théâtre espagnoL

ROTnou (JEAN). m

moyens de l'adoucir, et, comme le lui dit Venceslas,

Malgré tous ses défauts le rend epcore aimable ^

Rotrou a senti quels orages, quels combats un amour méprisé et jaloux devait exciter dans cette âme si hautaine, si brillante, si impérieuse; il en a représenté les emportements, les faiblesses, les retours, avec une vérité que ne connaissait pas encore notre théâtre. Corneille avait peint l'amour combattu par le devoir; mais on n'avait pas encore vu l'amour combattu par luimême, tourmenté de 13a propre violence, et tantôt sup*» pliant, tantôt furieux, se manifestant par l'excès de la colère comme par l'excès de la tendresse. Si Ton veut accorder quelque indulgence au temps, pour les défauts de convenance et pour ceux dû style, où trouvera-t-on un tableau plus fidèle des vicissitudes de la passion

que dans celte scène où Ladislas, outré des mépris de Cassandre, lui jure que son amour va se changer en haine?

Allez, indigne objet de mon inquiétude; J'ai trop longtemps souffert de votre ingratitude ; Je devois vous connoitre', et ne m' engager pas Aux trompeuses douceurs de vos eruels appas.

De vos superbes lois ma raison dégagée A guéri mon amour, et croit Tavoir songée. De rindigne brasier qui consumoit mon cœur, Il ne me reste plus que là seule rougeur

« Acte le', scène I'«.

Que la honte et Thorreur de yous avoir aimée Laisseront à jamais sur ce front imprimée. Oui, je rougis, ingrate, et mou propre courroux Ne nie peut pardonner ce que j*ai fait pour vou«« Je veux que la mémoire efface de ma vie Le souvenir du temps que je vous ai servie. J^étois mort pour la gloire, et je n*ai pas vécu Tant que ce lâche cœur s*est dit votre vaincu. Ce n*est que d*aujourd*hui qu*i1 vit et qu'il respire, D'aujourd'hui qu'il renonce au joug de votre empire , Et qu'avec ma raison, mes yeux et lui d'accord Délestent votre vue à l'égal de la mort i.

Après une réponse pleine de fierté^ Cassandre s'éloigne; alors Ladislas, au désespoir, conjure sa sœur de la rappeler :

Ma sœur, au nom d'amour, et par pitié des larmes Que ce cœur enchanté donne enoore à ses charmes, Si vous voulez d'un frère empêcher le trépas, • Suivez celte insensible et retenez ses pas.

TBéODOBB.

La retenir, mon frère, .après Favoir bannie !

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