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LEUR RAPPORT AVEC L'ACTION

. De tous ces mensonges, d'ailleurs, il n'y en a qu'un seul, celui du faux, mariage, qui se rattache directement à l'action principale, c'est-à-dire à l'amour de Dorante pour Glarjce. — Lorsque Géronte vient parler à son fils d'épouser Glarice, Dorante, ignorant que cette Clarice est justement celle qu'il aime, imagine, afin d'éviter le mariage que lui propose son •père, l'histoire d'un mariage secret déjà conclu à Poitiers (1). Cette invention de Dorante est liée à l'action principale aussi

bien dans ses conséquences que dans son principe : car elle résulte à la fois de l'amour que Dorante a conçu pour Glarice, et de l'ignorance où il est du véritable nom de la jeune fille ; d'autre part, elle permet à l'intrigue de se prolonger, et, par suite, de s'embrouiller davantage.

Les autres mensonges de Dorante ont tous un caractère plus ou moiûs épisôdique. — Sans doute l'histoire de la fausse grossesse (1) est liée à celle du faux mariage : car Géronte s'est mis en tête de voir aussitôt que possible sa prétendue belle-fille, et il veut que son fils aille la chercher pour la lui amener ; Dorante a besoin alors d'un second mensonge pour se tirer d'affaire. Mais en somme l'idée prêtée à Géronte ne forme qu'un incident qui n'a aucune suite particulière dans l'action : c'est un épisode qui n'a d'autre effet dans la pièce que de provoquer de la part de Dorante un mensonge de plus comme conséquence du premier. — D'autres inventions de Dorante dans la pièce sont, plus encore que celle de la fausse grossesse, indifférentes au développement de l'action principale : telle est celle du début, sur les campagnes auxquelles Dorante prétend avoir pris part : quand Dorante, en effet, ne se donnerait pas à Glarice pour un héros des guerres d'Allemagne (2), il n'en aurait pas moins lié avantageusement connaissance avec la jeune fille, et l'action de la pièce pourrait demeurer la même, avec ce mensonge en moins. Telle est encore l'histoire de la collatioi* imaginaire, avec laquelle Dorante se pose en rival aux yeux d'Alcippe : ce n'est là qu'un épisode de fantaisie qui vient s'ajouter à l'action principale et enrichir la collection des menteries de Dorante.

Du moment que la pièce était faite pour développer devant nous le caractère d'un menteur, elle devait naturellement être conçue de manière à nous présenter, dans un cadre restreint, une assez longue série de mensonges : elle devait par suite en multiplier autant que possible les occasions. C'est là juste*

il) iv, 4.

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