La peinture de l'esprit romain dans Horace
À. — Rapprocher et comparer Corneille et Tite-Live, pour les passages de sa pièce que Corneille a directement imités de l'historien latin (Discours du dictateur d'Albe, rapporté par Curiace, 1, 3 ; — Récit de la victoire d'Horace, fait par Valère, IV, 2 ; — Plaidoyer du vieil Horace en faveur de son fils, V, 3). — Apprécier, à ce propos, le jugement porté par Voltaire sur le discours du dictateur d'Albe :
f J'ose dire que dans ce discours imité de Tite-Live, l'auteur français est au-dessus du romain, plus nerveux, plus touchant... »
5. — Que faut-il penser du rapprochement que fait Corneille, dans son Examen à* Horace, entre le rôle de Sabine dans Horace et le rôle de l'Infante dans le Cid : u ... Sabine ne sert pas davantage à l'action que l'Infante à celle du Cid, et ne fait que se laisser toucher diversement, comme elle, à là diversité des événements. Néanmoins on a généralement approuvé celle-ci, et condamné l'autre... »
6. — Comparer le rôle du roi Tulle (dans Horace) avec celui de don Fernand (dans le Cid).
7. — Comparer le rôle de Valère (dans Horace) avec celui de don Sanche (dans le Cid).
8. — Rapprocher, au point de vue de la lutte entre le devoir et la passion, les personnages de Rodrigue (dans le Cid) et de Curiace (dans Horace).
9. — Comparer le rôle du vieil Horace avec celui de don Diègue.
10. — Comparer, au point de vue de la fidélité du tableau historique (peinture des mœurs chevaleresques dans le Cid, — des mœurs romaines dans Horace), les tragédies du Cid et d' Horace.
lt. — Le songe de Camille dans Horace (I, 2) : étudier la place qu'il occupe dans la pièce ; le rapprocher à ce point de vue, ainsi qu'au point de vue de la beauté poétique, du songe de Pauline dans Polyeucte.
12. — Le rôle et l'intervention des dieux dans la tragédie à* Horace: effet dramatique de cette intervention.
13. — Apprécier cette réflexion de Corneille à propos tfHorace (Examen) : ce c'est une croyance assez générale que cette pièce pourrait passer pour la plus belle des miennes, si les derniers actes répondaient aux premiers, d
14. — Apprécier cette opinion que Ton trouve exprimée dans Y Examen d'Horace : «c II passe pour constant, écrit Corneille, que le second acte est un des plus pathétiques qui soient sur la scène, et le troisième un des plus artificieux. »
15. — « Notre versification trop gênante, écrit Fénelon dans sa Lettre à V Académie (Projet d'un traité sur la tragédie), engage souvent les meilleurs poètes tragiques à faire des vers chargés d'épithètes, pour attraper la rime. Pour faire un bon vers, on l'accompagne d'un autre vers faible, qui le gâte. Par exemple, je suis charmé quand je lis ces mots :
Qu'il mourût!
Mais je ne puis souffrir le vers que la rime amène aussitôt : Ou qu'un beau désespoir alors le secourût. »
Discuter ce jugement de Fénelon.
16. —Etudier et apprécier, au point de vue de la rhétorique et des qualités oratoires, les discours du V e acte d'Horace (Discours de Va 1ère, d'Horace), et en particulier celui du vieil Horace.
sur Cinna.
1. — De l'unité d'intérêt dans Cinna. A la fin du deuxième acte, écrit Voltaire [Commentaire, II, 2), a l'intérêt change ; on détestait Auguste, on s'intéressait beaucoup à Cinna ; maintenant c'est Cinna qu'on hait, c'est en faveur d'Auguste que Je cœur se déclare. Lorsqu'ainsi on s'intéresse tour à tour pour les partis contraires, on ne s'intéresse en effet pour personne... »
2. — « Le conseil que Livie donne à Auguste, écrit Voltaire (Cofttmentaire, IV, 4), est rapporté dans l'histoire, mais il fait un très mauvais effet dans la tragédie. Il ôte à Auguste la gloire de prendre de luimême un parti généreux. Auguste répond à Livie : — Vous m'aviez bien promis des conseils d'une femme, vous me tenez parole, — et
SUJETS DE DEVOIRS PROPOSÉS 43i
après ces vers comiques il suit ces mêmes conseils. Cette conduite l'avilit On a donc eu raison de retrancher tout le râle deLivie, comme celui de l'Infante dans le Cid. »
Discuter ce jugement de Voltaire sur le rôle de Livie.
3. — Comparer le personnage d'Auguste tel qu'il figure dans le récit de Sénèque {De Clementia, I, 9) avec le personnage d'Auguste tel qu'il nous apparaît dans la tragédie de Corneille.
4. — Comment Corneille a traité l'histoire dans sa tragédie de
5. — Les Romains dans le théâtre de Corneille : <r les Romains, dit La Bruyère en parlant de Corneille, sont plus grands et plus Romains dans ses vers que dans leur histoire. » (Caractères, chap. des Jugements.)
6. — ce II me paraît, écrit Fénelon dans sa Lettre à l'Académie (Projet d'un traité sur la tragédie), il me paraît qu'on a donné souvent aux Romains un discours trop fastueux. Ils pensaient hautement/ mais ils parlaient avec modération Il ne paraît point assez de proportion entre l'emphase avec laquelle Auguste parle dans la tragédie de Cinna, et la modeste simplicité avec laquelle Suétone nous le dépeint dans tout Je détail de ses mœurs... »
On discutera ces critiques de Fénelon.
7. — Etudier, au point de vue de l'art oratoire, le récit que fait Cinna de la conjuration au premier acte de Cinna (I, 3) : « Ce discours de Cinna, remarque Voltaire (Commentaire), est un des plus beaux morceaux d'éloquence que nous ayons dans notre langage. »
8. — Apprécier le jugement que porte Balzac sur le rôle de Cinna t « Si celui-ci (Cinna), écrivait Balzac à Corneille, a plus de vertu que n'a cru Sénèque, c'est pour être tombé entre vos mains et à cause que vous avez pris soin de lui. Il vous est obligé de son mérite, comme à Auguste de sa dignité. L'empereur le fit consul, et vous l'avez fait honnête homme,.. »
9. — Comparer le rôle d'Emilie dans Cinna avec celui de Chimène dans le Cid.
10. — Comparer le rôle d'Emilie dans Cinna avec celui de Satine dans Horace, en s'inspirant de ce passage d'une lettre de Balzac à Corneille : « La femme d'Horace et la maîtresse de Cinna, qui sont vos deux véritables enfantements, et les deux pures créatures de jrotre esprit, ne sont-elles pas aussi les principaux ornements de vos afcux poèmes ? »
U. — Apprécier oe jugement porté par Corneille (Examen <3ç Cinna)
sur le style de ses trois premiers chefs-d'œuvre : « Comme les vers de ma tragédie d'Horace ont quelque chose de plus net et de moins guindé pour les pensées que ceux du Çid, on peut dire que ceux de cette pièce (Cinna) ont quelque chose de plus achevé que ceux d'Horace.., »
sua Polyeucie.
1. — Comparer,! au point de vue de l'expression de l'enthousiasme religieux, le Polyeucie de Corneille avec le Saint-Genest de Rotrou.
2. — Dans quelle mesure peut-on rapprocher le Polyeucte de Corneille et les Mystères du moyen âge ?
ô. — Comparer, comme tragédies chrétiennes, Polyeucte et Théodore (de Corneille).
4. — Discuter cette réflexion de Corneille à propos de Polyeucte : « Ceux qui veulent arrêter nos héros dans une médiocre bonté, où quelques interprètes d'Aristote bornent leur vertu, ne trouveront pas ici leur compte, puisque celle de Polyeucte va jusqu'à la sainteté, et n'a aucun mélange de faiblesse. » (Examen de Polyeucte.)
5. — Etudier et apprécier, au point de vue des quatre personnages principaux de la pièce, le dénouement de la tragédie de Polyeucte.
6. — Apprécier cette pensée de La Bruyère (chap. des Ouvrages de l esprit, — parallèle entre Corneille et Racine) : « Quelle plus grande tendresse que celle qui est répandue dans tout le Cid, dans Polyeucte et dans les Horace* ? »
7. — Rapprocher les rôles de Félix (dans Polyeucte) et de Maxime (dans Cinna).
8. — Comparer le personnage de Félix (dans Polyeucte) avec celui de Valens (dans Théodore).
9. — Comparer entre, onx les rôles de Pauline (Polyeucte) et de Chimène (le C«'d)
10. — La vakur * : -> ; <de la tragédie de Polyeucte: dans quelle mesure peut-on li*.-. L > a trouve dans la pièce la peinture de la société romaine al., .q 'es persécutions contre les chrétiens ?
il. — Compara le ^i« gue lyrique de Polyeucte (IV, 2) avec les stances de Rod™*u ; -.ua.is . • :Ud (1, 6),
12. — Apprécici ■; . JL,. ent de Corneille lui-même sur la tragédie de Polyeucte : ■■ K r < \ v M " je n'ai point fait de pièce où Tordre du
théâtre soit plus beau et l'enchaînement des scènes mieux ménagé. » (Examen de Polyeucte.)
13 — Apprécier ce jugement de Corneille sur le style de Polyettcte : ce Le style n'en est pas si fort ni si majestueux que celui de Cinna et de Pompée, mais il a quelque chose de plus touchant... »
sur Mcomède.
1 . — De l'originalité de Nicomèie parmi les chefs-d'œuvre de Corneille : « Yoiciune pièce d'une constitution assez extraordinaire, écrit Corneille dans son Examen de Nicomède", aussi est-ce la vingt et unième que j'ai mise sur le théâtre, et, après y avoir fait réciter quarante mille vers, il est bien malaisé de trouver quelque chose de nouveau, sans s'écarter un peu du grand chemin et se mettre au hasard de s'égarer. »
2. — Discuter ces réflexions de Voltaire (Commentaire) à propos de Nicomède : « Cette pièce est peut-être une des plus fortes preuves du génie de Corneille, et je ne suis pas étonné de l'affection qu'il avait pour elle. Ce genre est non seulement le moins théâtral de tous, mais le plus difficile à traiter... Ce genre de tragédie ne se soutenant point par un sujet pathétique, par de grands tableaux, par les fureurs des passions, l'auteur ne peut qu'exciter un sentiment d'admiration pour le héros de la pièce. L'admiration n'émeut guère l'âme, ne la trouble point. C'est de tous les sentiments celui qui se refroidit le plus tôt... »
3. — a Nicomède, écrit Voltaire {Commentaire), est dans le goût de Don Sanche d'Aragon. » Sainte-Beuve (Portraits littéraires, I) rapproche également ces deux pièces : expliquer et discuter ce rapprochement.
A. — Comparer, comme tragédies historiques (lutte des rois de l'Orient contre Rome) le Nicomède de Corneille et le Mithridate de Racine.
5. — La peinture de la politique romaine dans Nicomède : « Mon principal but, écrit Corneille {Examen), a été de peindre la politique des Romains au dehors, et comme ils agissaient impérieusement avec les rois leurs alliés. »
6. — La politique dans les tragédies de Corneille, en particulier dans Cinna et Nicomède.
7. — Etudier brièvement la série des tragédies romaines de Corneille.