‹ Corneille: études sur le théâtre classiqueChapitre 89 sur 134 · JSPOSITION : LES PLANS D'ARSINOÉ · texte numérisé non relu

JSPOSITION : LES PLANS D'ARSINOÉ

ut faire régner sou fils Attale. Mai; elle ne peut ivertement son but. Elle a, sans doute, beaucoup Prusias, mais Prusias a encore quelque affection de : il pourrait se révolter contre une proposi- •e une insinuation, même, — qui tendrait dîrecfaire déshériter son fils aine. Arsiuoé juge plus er, pour arriver à ses fins, une voie détournée. Et Ile a combiné.

t d'abord pour elle de faire revenir à la cour de Is Attale, qui, depuis l'âge de quatre ans (Sj, était ie comme otage. Pour obtenir ce retour, elle a

Le Ponl sera pour vous avec la GtlMie.

Avec la Cappadoce. avec la Bilhjole.

Dis l'éfi de quatre a«t ils vous oui Éloigne...

décidé Prusias (1) à trahir Annibal, son hôte, du moins ce que suppose Corneille, sans gra' vérité historique, — Borne elle-même eiït mourir en paix dans les Etats de Prusias (2) ; i compté sur le ressentiment personnel [3) q contre Annibal, à cause de la défaite infligée romain Flaminius, fils du vaincu de Trasimc excité les rancunes de ce Flaminius, et, en pro livrer Annibal, elle a obtenu du Sénat, par son le retour d'Altale (5).

Grâce à l'accord ainsi établi entre elle et ) s'est servie de lui (6) encore pour dénoncer à tion de Nicomède, et pour alarmer le Sénat su laisser ce prince ajouter, par son mariage l'Arménie à ses récentes conquêtes. Elle a réu la politique de Rome étant naturellement oppo tion d'un empire trop puissant. Flaminius s't par le Sénat (7) la mission d'empêcher le mariaj avecLaodice. A l'instigation d'Arsinoé, il pou donner Laodice au prince Atlale 18. 1 , qui d'ail retour, s'est posé en prétendant auprès de !a re

Est-ce donc là le véritable but d'Arsinoé :

Laodice à son fils pour le faire ainsi régner s

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tend point la forcer. Ses efforts apparents pour

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Tépoux de Laodice ne sont de sa part qu'une feinte (1). Elle compte seulement irriter Laodice et Nicomède en menaçant leur amour et leur union (2) ; en faisant agir Prusias, d'après les conseils de Flaminius, pour rompre le mariage espéré par Nicomède, elle espère brouiller le père avec le fils (3 ; elle se dit que Nicomède, dans sa colère, se laissera sans doute emporter jusqu'à braver son père ; elle se chargera elle-même, alors, d'animer contre le prince, par d'habiles détours (4), le ressentiment de Prusias offensé, de telle sorte que celui-ci finisse par déshériter Nicomède au profit d'Attale (5). Et une fois Attale devenu l'héritier du royaume de Bithynie, on aissera Laodice devenir ce qu'elle voudra (6).

Tel est le plan, un peu compliqué, mais habile, de l'artificieuse Arsinoé. Son principe est celui-ci : faire en sorte que Nicomède se fasse lui-même déshériter par ses bravades, que Prusias arrive de lui-même à déclarer Attale son successeur, — sans qu'elle-même paraisse avoir rien fait pour obtenir ce résultat. Se dissimuler constamment derrière la personne de Flaminius, mettre en avant l'ambassadeur romain pour faire agir Prusias, et, par l'attitude que l'on fera ainsi prendre au roi, irriter Nicomède contre son père : voilà l'idée d'Arsinoé. Elle-même n'interviendra auprès de Prusias que pour l'animer, sans en avoir l'air, dans les sentiments où il sera de lui-même entré.

Ainsi Arsinoé tient dans ses mains tous les fils de l'intrigue. Avec une grande habileté, elle fait concourir tous les personnages de la pièce à la réalisation de ses plans ; eile spécule sur ce qu'elle connaît du caractère, des passions et des intérêts de chacun : elle compte sur la fierté de Laodice et de Nicomède, comme sur la faiblesse de Prusias ; elle fait servir à ses vues

(1) Cf. I, 5. Et je n'engage aussi mon fils en cet amour... etc.

(2j Cf. I, 5. ... Que pour aigrir les cœurs de son amant et d'elle...

(3) Cf. 1, 5. ... S'emportera sans doute, et bravera son père...

(4) Cf. I, 5. ... Et comme a réchauffer j'appliquerai mes soins...

(5) Cf. I, 5. ... Je cherche à m'assurer celui de Bithynie...

(6) Cf. I, 5. ... Que cette reine après se choisisse un époux...

l'exposition 30 1

les passions personnelles de l'ambassadeur romain, elle y fait servir aussi la politique impersonnelle de Rc Ce n'est pas que Corneille ait prétendu donn petite reine de Bithynie une invraisemblable in affaires générales de la grande République : 1 sinoé consiste justement, non pas à prétendre pi et les choses à ses propres desseins, mais à combinaisons aux éléments qu'elle trouve en I pouvoir les changer. Elle ne dispose, directem chose : l'empire qu'elle a sur Prusias ; et c'e compromettre celte influence qu'elle évite tout* qui pourrait provoquer les défiances du roi ; po prend, comme elle les trouve, les données aux. s'appliquer ses calculs. Elle savait que Flamin Annibal: elle s'est servi de cette rancune pour o de son fils; elle sait queNicomède et Laodice r sans s'irriter leur amour menacé : elle s'arrang provoquer de leur pari les emportements et les elle a besoin; elle sait que la politique- de contraire à la réunion de trop d'Etats sous un 1 elle la fait intervenir pour s'opposer à l'unioi avec Laodice. En faisant agir ainsi l'ambassade a le triple avantage d'abord de s'effacer elle-i lui, ensuite de conduire Prusias par la crai Romains (2), enfin d'irriter plus sûrement Nic< connaît l'esprit de jalouse indépendance à l'égi vention de Rome. Et l'ambassadeur romain ployé ainsi par Arsinoé au service de ses d connait que dans la mesure où il doit y conco pas qu'il n'est qu'une pièce dans le jeu d'Arsi marche auprès de Prusias en faveur d'Atta qu'une feinte destinée à irriter Nicomède, but d' Arsinoé est d'avoir pour son fils non ]

l'Arménie, mais le royaume héréditaire de Prusias luimême.

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