Cilé par M. Bouquet, v.t supvà
AMiiriiS DU l'iiETE. lO"
dit que très-probablement le directeur de la troupe ambulante, le futur auteur de tant de chefsd'œuvre comiques, n'épargna rien pour déterminer Corneille à rompre un silence qui était un péril et un deuil pour la scène française. De son coté, Fauteur du Cid et du Menteur, esprit très-réfléchi, très-méditatif, aimant à raisonner sur son art et qui précisément alors préparait ses Discours sur la poésie dramatique, dut être en bien des points, pour cet ami plus jeune, un excellent guide, un précieux initiateur. C'est ce qu'à fort bien senti et vivement exprimé ^I. Eugène Noël, dans les Cau-' tueries qu'il a consacrées à l'histoire de Rouen'.
« Que de conseils demandés et reçus ! Quelle bonne fortune pour Molière, au moment de s'établir à Paris, d'avoir en quelque sorte ces six mois de tète-à-tète avec le plus grand et le plus expérimenté des maîtres! Molière, à Rouen, acheva d'organiser sa troupe et de la porter à un degré de perfection qui jamais n'avait été égalé et qui peut-être ne l'a pas été depuis...
« Ce qu'il importe de constater, c'est que Molière ne prit vraiment son grand vol, ne commença luimême la série de ses chefs-d'œuvre, qu'après le séjour à Rouen, c'est-à-dire après les six mois passés en compagnie de Corneille. »