DOUZIÈME LETTRE
Ma dhère Cornélie,
Je vais employer cette dernière missive a enrichir votre anthologie latine. Si je me donne ce plaisir, c'est avec la conviction que vous prendrez la peine correspondante et que toutes ces lignes choisies par moi se fixeront dans votre mémoire pour n'en plus sortir.
Un petit fragment de l’éloquence de Cicéron doit ici trouver sa place. Voici le début fameux de la Première Catilinaire, c'est-à-dire de linvective prononcée par Cicéron au sénat contre Catilina, qui préparait une revolution sociale.
Quousque tandem abutere, Catilina, patientia nostraä ? Quamdiu etiam furor 1ste tuus nos eludet? Quem ad finem sese effrenata jactabit audacia ? . . . Patere tua consilia non sentis ? Constrictam jam omnium horum conscientia teneri conjurationem tuam non vides? . .. 0 tempora! O mores! Senatus haec intell sit, consul videt; hic tamen vivit. Vivit? Imo