‹ Corona benignitatis anni DeiChapitre 16 sur 65 · APÔTRE PATRON DES CAUSES DÉSESPÉRÉES · texte numérisé non relu

APÔTRE PATRON DES CAUSES DÉSESPÉRÉES

Saint Jude, qui ne craignit pas de porter le même nom que Judas,

Sans honneur et titre au soleil, consent à n'être invoqué que tout bas :

Patron des causes perdues, priez pour nous, Saint Judas !

Que celui qui n'ose appeler Marie ou quelque patron célèbre

Nomme du moins l'obscur marcheur qui évangélise les ténèbres !

Car, bien qu'il soit le dernier, Jésus aussi l'a ordonné comme Apôtre ;

Sa moisson est le grain perdu dont ne veulent pas les autres.

CORON A BENIGNITATIS

Sa journée ne commence qu'au soir, il n'embauche qu'à l'onzième heure.

Il est plus final que le désespoir et ne guérit que ceux qui meurent.

C'est Jude par un seul cheveu qui sauve et qui tire au ciel

L'homme de lettres, l'assassin et la fille de bordel.

Il est le médecin à moitié boucher qui fend comme avec un couteau

Le pécheur qui a le diable au corps et dont on n'aura l'âme qu'avec la peau.

Il est facile d'être secourable en paroles à ceux qui font le péché mortel :

Mais Jude est un homme du métier et sait le fond de notre poche à fiel,

Et pas plus que Satan même ne lâche le mauvais prêtre

Qui chaque matin à l'autel est homicide et trois fois traître !

Saint Jude est dans le Nouveau Testament l'auteur d'une étrange petite Épître

Où l'on parle du prophète Hénoch et qui n'est lue qu'obscurément au Chapitre.

Il a vu le diable avant la création de la terre, quand il est tombé du ciel.

Il a entendu ce qu'il a dit et ce que répondit Saint Michel.

CORON A BENIGNITATIS

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