SAINT BARTHELEMY
Loué soit Dieu qui met le mal à néant et nous libère de la crainte !
La souffrance n'a plus douleur avec elle pour nous, la mort même n'a plus de pointe.
Nous sommes donc libres enfin ! Qu'on allume le feu qui brûle !
Que les bourreaux fouillent leurs ferrailles et brandissent leur petites scies ridicules !
Joie de voir plier tout-à-coup celui que l'on croyait le plus fort !
Ah, grand Dieu ! ce n'est pas trop cher que de payer la victoire avec la mort !
Joie de voir l'ennemi dans les yeux qui se trouble, et la paroi
De l'Enfer avec un affreux sanglot qui s'ouvre sous le signe de la Croix !
Ah ! prenez nos femmes et nos enfants ! prenez nos biens ! prenez tout !
Prenez ma vie ! pourvu seulement que ceux-ci aient le dessous.
Prenez ma peau, qu'est-ce que ça fait? puisque le cœur est à Vous.
Prenez mon sang, qu'est-ce que ça fait? pourvu que j'aie la bête infâme !
Prenez mon corps, qu'est-ce que ça fait? puisque je tiens leur âme !
On n'a pas mutilé Barthélémy et nulle des deux mains ne lui manque.
On n'a pas lié les pieds de l'Apôtre, on ne lui a pas coupé la langue,
On l'a tiré de son fourreau comme un sabre et l'on a mis au vent
L'Ange ensanglanté du Seigneur et l'homme rouge qui était par dedans.
Marche maintenant, on ne te retient pas ! Fais trois pas, colonne de Dieu !
Rien n'a plus prise sur toi. Tu n'as plus de surface ni de cheveux.
Apôtre vraiment nu ! athlète vraiment dépouillé !
CORON A BENIGNITATIS
Saint vraiment circoncis de ta chair et de cela qui était souillé !
Fais trois pas. C'est le troisième pas qui fera ta terre chrétienne.
Roi, de Ceux qui vont jusqu'au bout l'étendard et le capitaine !
Juif! Homme pur ! tu n'as plus de peau ni de visage et l'on ne sait plus qui tu es.
Mais Lui n'a pas oublié Son apôtre et te reconnaît.
Jette ça ! il n'y a pas besoin de corps pour entrer dans le Père !
Il n'y a pas besoin de visage pour faire trembler le monde et coucher l'immense Enfer !