SAINTE LUDMILLA REINE ET MARTYRE
Tout ce qui est voilé, tout ce qui est sans visage et sans attrait,
L'épouse qui n'a pas d'amies, la mère timide et qui se tait,
Dont le cœur profond quelquefois ne se découvre qu'à son fils,
Tout ce qui a donné beaucoup et qui est fait pour le fruit,
Tout ce qui a reçu beaucoup et qui est plein jusqu'aux bords,
Tout ce qui sait beaucoup et ne livre rien au dehors,
Tout ce qui, comme les grandes reines et les nonnes,
Contient complètement son âme, a Ludmilla pour patronne.
Elle ne quitte point son voile et meurt étouffée
Sans aucun étonnement et sans s'être retournée.
Le meurtrier, comme on secourt une femme qu'on voit faiblir,
COR ON A BENIGNITATIS
La tient étreinte, le temps qu'elle met à mourir,
Et tout-à-coup, entre ses bras, se détache et se dénoue
La lourde tresse blanche où brillent quelques fils roux.