‹ Corona benignitatis anni DeiChapitre 35 sur 65 · L'ENFANT JÉSUS DE PRAGUE · texte numérisé non relu

L'ENFANT JÉSUS DE PRAGUE

Il neige. Le grand monde est mort sans doute.

C'est décembre.

Mais qu'il fait bon, mon Dieu, dans la petite

chambre 1

La cheminée emplie de charbons rougeoyants

Colore le plafond d'un reflet somnolent,

Et l'on n'entend que l'eau qui bout à petit

bruit.

Là-haut, sur l'étagère, au-dessus des deux lits, Sous son globe de verre, couronne en tête, L'une des mains tenant le monde, l'autre prête A couvrir ces petits qui se confient à elle, Tout aimable dans sa grande robe solennelle Et magnifique sous cet énorme chapeau jaune, L'Enfant Jésus de Prague règne et trône. Il est tout seul devant le foyer qui l'éclairé

Comme l'hostie cachée au fond du sanctuaire, L'Enfant-Dieu jusqu'au jour garde ses petits

frères.

Inentendue comme le souffle qui s'exhale, L'existence éternelle emplit la chambre, égale A toutes ces pauvres choses innocentes et

naïves !

Quand il est avec nous, nul mal ne nous arrive. On peut dormir, Jésus, notre frère, est ici. Il est à nous, et toutes ces bonnes choses aussi : La poupée merveilleuse, et le cheval de bois, Et le mouton, sont là, dans ce coin tous les

trois.

Et nous dormons, mais toutes ces bonnes choses

sont à nous !

Les rideaux sont tirés... Là-bas, on ne sait où, Dans la neige et la nuit sonne une espèce

d'heure.

L'enfant dans son lit chaud comprend avec

bonheur

Qu'il dort et que quelqu'un qui l'aime bien

est là, S'agite un peu, murmure vaguement, sort le

bras,

Essaye de se réveiller et ne peut pas.

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