‹ CorotChapitre 1 sur 11 · TOUS DROITS DE REPRODUCTION ET TRADUCTION RÉSERVÉS · texte numérisé non relu

TOUS DROITS DE REPRODUCTION ET TRADUCTION RÉSERVÉS

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Le talent aussi bien que le caractère font de Corot une des figures les plus attachantes qu'on puisse rencontrer dans l'histoire de l'art contemporain. Il avait reçu des dons exceptionnels ; mais le travail et l'amour profond de son art ont puissamment fe'condé ces dons. De bonne heure, il mérita les confidences que la nature réserve à ses fidèles. Il l'étudiait avec une telle ardeur et une si vive pénétration qu'elle le révéla en quelque sorte a luimême, en même temps qu'elle lui prodiguait ses enseignements. Simple, désintéressé, étranger à toute coterie, il a toujours rendu pleine justice à ses confrères engagés dans d'autres voies ; mais il ne songea pas un seul instant à les imiter. Rien ne pouvait entamer ses convictions. Longtemps méconnu, il supporta son obscurité avec une patiente sérénité. Presque pauvre, il était heureux de sa vie frugale et ses seules joies étaient celles de l'étude. Quand le succès vint tardivement sourire à sa persévérance, il se montra surtout sensible aux marques de sympathie et d'affection qu'il lui valut. L'aisance et bientôt même une certaine richesse, acquises par son labeur incessant, ne profitèrent qu'à son inépuisable charité. Il faisait le bien avec la délicatesse exquise et la belle humeur qu'il mettait en toutes choses. On ne saurait trouver d'exemple plus accompli de l'accord d'une belle vie et d'un grand talent; il aura été, en tout cas, le plus original et le plus poétique de nos paysagistes contemporains.

Camille Corot était né à Paris le 26 juillet ijqé. Rien dans son entourage ne semblait faire présager sa future vocation. Son père était le petit-fils d'un cultivateur originaire d'un village de Bourgogne, Mussy-la-Fosse, aux environs de Semur, et, après avoir résidé à Rouen, il s'était fixé à Paris où il exerça d'abord le métier de coiffeur. Il y renonçait en 1798, afin de s'occuper des achats pour le commerce de modiste que sa femme tenait au coin de la rue du Bac et du Pont-Royal. A l'âge de onze ans, Camille avait été admis avec une demi-bourse au lycée de Rouen, où il resta jusqu'au milieu de la rhétorique, en 1812. Ce n'était pas un élève brillant, et, pendant toute la durée de ses classes, il n'obtint pas une seule nomination aux distributions de prix de cet établissement, même pour les cours de dessin. Si médiocre que fût son instruction littéraire, il avait cependant acquis

FRANCK, PEINTRES, QOEOT. — 1

LES ARTISTES CÉLÈBRES

un sens assez tin de la poésie et de la mythologie antiques, ainsi qu'il le montra plus tard dans ses compositions. Peut-être tira-t-il encore plus de profit des promenades qu'il faisait avec son correspondant aux environs de la ville, sur les bords de la Seine, dont les beautés pittoresques laissèrent en lui une impression très vivace. A son retour à Paris,

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