‹ Corot, souvenirs intimesChapitre 2 sur 79 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

O ROT occupe une place considérable dans Fart de notre temps par son talent et par Tinfluence qu’il a exercée sur Fécole du paysag-e ; peut-être est-il permis d’ajouter qu’il appartient, dans une certaine mesure, à l’histoire générale de la peinture, parce qu’il est du très-petit nombre de ceux qui ont mis quelque chose d’intéressant, de personnel dans leurs ouvrages, et que tout en restant classique lui-

COROT

même, — ses dessins sont làpour le montrer, — il a réagi contre Fexcès de traditions appauvries qui ne produisaient plus que des fictions conventionnelles sans aucun souci de la réalité. A force de vouloir être nobles, les pseudo-classiques étaient devenus secs et guindés et représentaient plutôt des décors conçus par Fimagination que la véritable nature.

Par son goût de Fantiquité, Famour des lignes pures, le soin qu^il apportait dans ses compositions, Corot se rapproche des maîtres et resta dans leur voie. Avant lui, avant Michallon, son contemporain, qui servit de transition et prépara Favénement de la manière moderne, malgré les indications données par Prud'hon dans certains fonds de ses tableaux, comme le Zéphyr, Vénus et Adonis, et, il faut le reconnaître, malgré le naturalisme apporté chez nous par Fécole anglaise, qui la première avait repris la tradition des Hollandais et des Flamands, on avait tellement abusé du genre dit historique, on avait tant imité le Poussin et ses imitateurs qui Pavaient déjà amoindri, que Fart merveilleux auquel nous devons les Bergers d^ Arcadie était devenu quelque chose

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