CHAPITRE DEUXIEME
son imagination. » La touche est juste; et voilà enfin Fartiste classé au premier rang. Il avait été décoré à la suite du Salon de 1846^ où se trouvait une Vue prise dans la forêt de Fontainebleau, — il avait fait là une de ses premières études en octobre 1822, avant d’aller en Italie. Corot venait d’atteindre exactement sa cinquantième année ; désormais il a sa place au soleil, mais il est loin encore d’être adopté par « la foule idolâtre et pleine d’enthousiasme ^ » qui, sur le tard, viendra assiéger son atelier de la rue de Paradis-Poissonnière; il n’avait, il est vrai, conquis que les délicats, mais c’était assez, puisque leur suffrage entraîne tous les autres.
Toujours attiré vers l’Italie, Corot fit son
troisième voyage en 1843 ; la durée n’en fut
pas longue, cinq ou six mois au plus. Cette
fois, avant d’aller à Rome, il s’arrêta à Gênes,
et fit de cette ville une Vue générale, qui, par
ses qualités et la lumière limpide qui l’éclaire,
est digne d’être placée au même niveau que l’étude du Colisée , et mérite une mention à