‹ Corps de droit ottomanChapitre 4 sur 61 · TITRE LXXXI* CIBCULATION MONÉTAIRE · texte numérisé non relu

TITRE LXXXI* CIBCULATION MONÉTAIRE

Le système monëtaire ottoman actuel, adopté en 1844, a pour base le double étalon avec un rapport fixe entre l'or et l'argent monnayé de 15.0909 Q),

Pour Tor, le système dédmal a été adopté et l'unité est la livre turque valant» depuis la loi de 1880, Ps. 100 (v. LXXXF). Pour l'argent l'unité est le médjidié de Ps. 20.

Mais l'état de choses actuel n'est pas aussi simple ; en efiet, il est difficile de se faire une idée des complications monétaires du pays. Ainsi l'unité du système devrait être la piastre qui n'est pourtant le plus souvent qu'une 'monnaie de compte' et une division variable d'autres monnaies courantes*

La monnaie courante varie d'ailleurs suivant les localités et son emploi Dans la Capitale, c'est la livre turque or, à Smyme c'est le médjidié d'argent, en Syrie c'est la piastre, en Arménie c'est l'altilik, au Témen c'est le réal étranger. Les comptes budgétaires et internationaux du Gouvernement et des Administrations se règlent en piastres or et en livres turques à cent piastres or ; mais les trans* actions intérieures du Gouvernement et des Administrations se règlent en médjidiés d'une valeur générale de Ps. ao d'argent mais réduite depuis 1880 à une valeur légale de fs. 19 (v. LXXXF, art. 4).

(^) Ce nppcfri t'obtient eomxne soit : U Talenr d*im dimmme d'op monnayé étant de Pfe. 4a4a|8 et U valeur légale d*im dramme d'axgent monnayé s^iaS, il en léeolte que 4ew4848 -f 3.9 laS * 15.0909.

Le lapport oommerdal est aigourd hoi d^environ 3^

La piastre se divise donc : d'abord en piastre or (* sagh,' monnaie de bon aloi) et piastre argent (' tchurok,' monnaie dépréciée). La piastre argent peut être considérée comme ayant trois cours principaux : un cours légal comme •^™* du médjidié, pour les opérations intérieures de l'Administration (payement d'impôts, salaires, eta), fixé en 1880 à Ps. 105I par livre turque ; un cours conventionnel pour le commerce de détail, établi à Ps. 108 par livre turque ; et un cours commercial intérieur avec trois valeurs selon la place ('), Toffre et la demande locale ou l'emploi (^), et allant du cours conventionnel jusqu'à la valeur intrinsèque (^). Par suite de la dépréciation du métal argent, cette

O Variations dans la Talenr de la piastre dans qaelques centres :

Constantinople Ps. 108 à 109

Smyme (▼. note 3) Ps; xoa à 178

Beyrcmth Ps. 104 à 195

Bajgdad Ps. Z03 à 153

(▼. Vemej et Dambmann: 'Puissances étrangères dans le Levant' et Bulletin de la Ch. de Comm. firanç. n"* 79 et 80 : cet. et noT. 1893). (') Variations dans la valeur de la piastre argent à Smyme :

Médj. £T.

Valeur légale : payement d'impôts, salaires et

autres opérations de TAdministration . . Pi. 19^00 Ps. 100,5 Chemins de fer et oompsgnies diverses,

opium, huile, fer, cuivre Psi ao^oo Ps. zo8,oo

Céiéales (sauf blé) graines oléagineuses,

peaux, cire Jaune Ps.ao,5 Ps. 210,75

Exportations de l'Ile de Chio, mastic,

citrons, ete Psi 03,00 Ps. 184,95

Monnaie de lettres de change ; et pour raisins

noirs, cotons, laines, charbon, vaUonnées Ps. 03,15 Ps. 105,00

Figues sultanines, cuira Ps. «3,3 p». la^loo

Monnaie ' du tarif' ; Spiritueux, acier, coton

fllé Pli. 05,05 Ps. 135.05

Beurre, étain, plomb, aine, fer-blanc, cloua . Pe. 08,00 Ps. 251.05

Monnaie courante : Blé, réglisse Pa. 33,00 Ps. 278 00

(v. Bougon ! 'Smyme,' p. 0x7). '

O) Dépréciation dans la valeur monétaire de la piastre jusqu'à la réforme monétaire de 2844.

Lapiastre avait été adoptée comme unité monétaire vers le ndlien da xm^ siècle ; battue à Torigine sur le module de la piastre espagnole, elle valait comme celle-ci de 5 à 6 frsncs ; en 2774 elle ne valait plus qym la moitié, en 2790 o fhuics, en 2803 2 f r. 60^ en 2820 2 franc, en 280a 60 centimes, en 2830 30 centimes et en 2838 03 centimes. ^^

Déprâciation dans la valeur intrinsèque de U piastre pour le dernier quart de siècle.

Bn 1875 la valeur intrinsèque de lapiastre fot d'environ Ps. 220,6 nar livre turquv» x88ode Ps. 200,7, en 2885 de Ps. 209,4, en i89ode VniJiû. an 2895 de Ps. 020^5, en 2900 et depuis environ Pik 036 pi^vxe tii^i»^^

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valeur intrixiBèque est aetuellement au-deesons de la moitié de la valeor monétairey soit à environ Fs. a$6 par livre torque.

D'autres complications encore sont attribuables à Texis* tenoe et à la circulation de monnaies telles que les altiliks» bechliks et métalliks, appartenant à l'anden système monétaire antérieur à la réforme de 1844. Les altiliks furent, par la réforme de 1880, réduits des valeurs précédentes de Ps. 6, Ps. 3 et Ps. i^ à Ps. 5, Ps. o^ et Ps. i^ respectivement; tandis que la monnaie bechlik était en même temps réduite de Ps. 5 et ses sous-multiples à Ps. 3, Ps. 2^ et Ps. li ; Ut valeur des métalliks se trouvant réduite de moitié soit de P. x, P. ^ et P. i, à P. i, P. ^ et P. |. La monnaie altilik, bechlik et métallik a vu aussi sa valeur intrinsèque réduite, mais à des degrés différents, par la baisse du prix de l'argent; ainsi, si comme on l'a vu plus haut, la valeur intrinsèque de la piastre d'aigent en médjidiés devrait être (au cours de 36 indiquant le rapport de l'or à l'argent) de Ps. 235 par livre, la valeur intrinsèque de l'altilik et de ses fractions sera de Ps. ai5, celle du becblik et de ses fractions de Ps. 194, et celle du métallik et de ses fractions de Ps. 240 par livre turque.

Une démonétisation partielle de ces monnaies a résulté de la réduction de leur valeur légale en 1880, parce que les changeurs (sarafs) trouvaient un bon bénéfice à acheter les meilleures de ces pièces à ce taux réduit pour les vendre à l'étranger à leur valeur intrinsèque comme métal. Ces opérations ne durèrent guère qu'un an, mais rMuisirent d'une somme de Ps. i5,ooo,cxx> à Ps. 20,000,000 les altiliks en circulation et les bechliks pour Pii. 30,000,000 à Ps. 40,000,000.

Vers 1887, le Gouvernement, la Dette Publique et la B^e, considérant que la circulation des altiliks influait sur la dépréciation toujours plus grande du médjidié, signèrent le 7-19 février 1888 un arrangement pour la démonétisation d'un montant de Pb. 50,000,000 d'altiliks et pour son remplacement par la refonte d'un montant

égaA de mëdjiâiéB à monnayer en pièces divisionnaires (y. LXXXP). Ces opérations, continuées jusqu'à ce jour, ont abouti à démonétiser des altiliks pour une somme de Ps. 41,500,000, et à refondre des médjidiés pour Ps. 130,000,000 en pièces de Ps. 5, Pa a et P. i.

n résulte de ce qui précède que la monnaie métallik est celle dont la valeur l^;ale est la plus dépréciée. Néanmoins la monnaie d'appoint est si rare que ces pièces métalliks de mauvais aloi, qui représentent une perte réelle de 60 y,, ont toujours cours et font même une prime sur Tor de a V^ à 4 /^, leur cours d'échange dans la Capitale étant de Pa 96 à Ps. 98 pour une livre turque. Cette situation a, dans ces dernières années, été partiellement modifiée par la refonte de médjidiés en monnaies division** naires et par l'introduction d'une nouvelle monnaie de cuivre.

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