LE DJEBEL DRUSE
Central. Jusqu'en 1880, la population druse du Hauran, qui compte environ 20,000 âmes, avait réussi à se soustraire à toute ingérence dans ses affaires, tant de la part de la Turquie que de celle de TÉgypte et a résisté avec succès les attaques du formidable Ibrahim Pacha d'Egypte et du pacha turc Kibrisli. Ce n'est que sous l'administration de Midhat Pacha, alors Gouverneur Oénéral de Syrie, que Ton réussit à les dompter après une lutte obstinée et qu'on pût leur imposer l'autorité du Gouvernement Central. Un certain Ibrahim, de la famille puissante des Attrach en fut nommé kaimakam et ce fonctionnaire ne cessa de se montrer partisan dévoué des intérêts du Gouvernement. Cet Ibrahim possédait une certaine indépendance et relevait directement de Damas, à l'exclusion de l'autorité du mutessarif du Hauran. On lui adjoignit un Médjiiss administratif avec le personnel finaucier et fiscal en usage. On voulut ainsi abolir l'influence des che& de famille et faire cesser les extorsions qu'ils commettaient dans le pays en leur assignant de modestes appointements soit de mudirs, soit d'autres postes. Ils ne voulurent pourtant pas se prêter à cette combinaison. Incités par leurs chefs, les druses refusaient de payer l'impôt ou de faire le sei*vice militaire. En 1896, une expédition composée en grande partie d'irréguliers circassiens et bédouins leur donna une leçon tellement sévère que les survivants se soumirent aux conditions, du reste assez généreuses, du Gouvernement. Depuis cette époque, le seul privil^e qui leur a été accordé consiste en l'exemption du service militaire octroyée en vertu de leur qualité de défenseurs de la frontière contre les nomades du désert.