‹ Corps et biensChapitre 80 sur 96 · Orfraie : oiseau de proie diurne · texte numérisé non relu

Orfraie : oiseau de proie diurne

L'étoile sans merci brillant au fond des bois Et les désirs meurtris en des nuits insensées

Et ces phrases tordues comme notre amour même Et que je murmurais lorsque minuit blafard

Posait ses maigres doigts sur des visages blêmes Séchant les yeux mouillés et barbouillant les fards

Dans ces temps-là le ciel était lourd de ténèbres Le sonore minuit conduisait vers mon lit

Des visiteuses sans pitié et plus funèbre

Que la mort l’anémone évoquait la folie

Les fleurs qui s’effeuillaient sur les fruits de l’automne Laissèrent leurs parfums aux fleurs des compotiers

Et sur le fût tronqué des anciennes colonnes

Le sel des vents marins mit des lueurs de glaciers

Et longtemps ces parfums orgueil des porcelaines Flotteront dans la paix des salles à manger

Et les cristaux de sel brilleront dans la laine

Des grands manteaux flottants que portent les bergers

Mes baisers rejoindront les larmes qui vont naître

Ils rejoindront la solitude sans pitié

Les vents marins soufflant sur les chaumes sans maîtres Et les parfums mourants au fond des compotiers

Je suis marqué par mes amours et pour la vie Comme un cheval sauvage échappé aux gauchos Qui retrouvant la liberté de la prairie

Montre aux juments ses poils brûlés par le fer chaud

SIRÈNE-ANÉMONE

Tandis qu’au large avec de grands gestes virils La sirène chantant vers un ciel de carbone au milieu des récifs éventreurs de barils, au cœur des tourbillons fait surgir l’anémone.

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