Orfraie : oiseau de proie diurne
L'étoile sans merci brillant au fond des bois Et les désirs meurtris en des nuits insensées
Et ces phrases tordues comme notre amour même Et que je murmurais lorsque minuit blafard
Posait ses maigres doigts sur des visages blêmes Séchant les yeux mouillés et barbouillant les fards
Dans ces temps-là le ciel était lourd de ténèbres Le sonore minuit conduisait vers mon lit
Des visiteuses sans pitié et plus funèbre
Que la mort l’anémone évoquait la folie
Les fleurs qui s’effeuillaient sur les fruits de l’automne Laissèrent leurs parfums aux fleurs des compotiers
Et sur le fût tronqué des anciennes colonnes
Le sel des vents marins mit des lueurs de glaciers
Et longtemps ces parfums orgueil des porcelaines Flotteront dans la paix des salles à manger
Et les cristaux de sel brilleront dans la laine
Des grands manteaux flottants que portent les bergers
Mes baisers rejoindront les larmes qui vont naître
Ils rejoindront la solitude sans pitié
Les vents marins soufflant sur les chaumes sans maîtres Et les parfums mourants au fond des compotiers
Je suis marqué par mes amours et pour la vie Comme un cheval sauvage échappé aux gauchos Qui retrouvant la liberté de la prairie
Montre aux juments ses poils brûlés par le fer chaud
SIRÈNE-ANÉMONE
Tandis qu’au large avec de grands gestes virils La sirène chantant vers un ciel de carbone au milieu des récifs éventreurs de barils, au cœur des tourbillons fait surgir l’anémone.