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moyenne peut être néanmoins le résultat de son séjour dans le conduit auditif. Le corps étranger enflamme le conduit, l’ulcère et le fait suppurer. Mais la cause persistant, l’écoulement du pus devient chronique et les parois du canal se hérissent de granulations, de fongosités qui obturent sa lumière et fixent mieux encore le corps étranger. L’écoulement du pus au dehors est difficile, incomplet. Il s’accumule en arrière vers la membrane du tympan. Il y séjourne, s’y décompose et s’altère. La membrane macérée dans ce liquide s’enflamme, puis se détruit en tout ou en partie, soit par fonte purulente, soit par ulcération progressive. Alors le pus pénètre dans la caisse librement et l'otite moyenne apparait avec toutes ses conséquences si graves: symptômes cérébraux, méningite, etc.
L'otite moyenne peut encore se propager par l’aditus à l’antre mastoïdien et aux cellules de l’apophyse. Nous y reviendrons.
L'observation que nous avons rapportée plus haut, fournie par Sabatier, montre bien les désordres considérables que l’otite moyenne peut entrainer à la suite de corps étrangers de l'oreille.
Les complications de cet ordre sont donc très importantes, puisque si elles ne déterminent pas la mort (méningite, abcès du cerveau) elles entrainent des caries du rocher, des paralysies faciales, en tout cas, la suppression de l’ouie de ce côté.
La surdité sera donc le moindre des inconvénients dûs à ces complications, qui peuvent être rapidement mortelles.
90 Conduit osseux. — De ce côté, on le prévoit facilement, nous aurons à constater de la périostite et de l’ostéite
des parois osseuses du conduit. Rarement ces ostéo-périostites sont isolées. Presque toujours elles coïncident avec l’otite moyenne ; que celle-ci soit primitive, le corps étranger y ayant été poussé, ou bien qu’elle soit secondaire à l’otite externe déterminée par le corps introduit.
En tous cas les souffrances deviennent plus vives. Le malade accuse des douleurs térébrantes, lancinantes, plus fortes la nuit s'accompagnant de retentissement dans tout le côté correspondant de la tête. Le gonflement du conduit augmente beaucoup, l'exploration otoscopique devient impossible, car les parois molles devenues œdémateuses transforment sa lumière en une simple fente verticale. On conçoit que ce gonflement considérable augmente la pression produite sur les parois par le corps étranger.
Cette ostéo-périostite se termine le plus souvent par suppuration, contrairement aux ostéo-périostites simples qui peuvent s’observer en dehors de ces conditions qui, elles, se déterminent plus souvent par résolution. On voit alors des abcès du conduit, à bords fongueux, des séques- . tres toujours très longs à s’éliminer.
Dans certains cas la paroi postérieure du conduit est totalement détruite en un point et par cet orifice plus ou moins large peut s'établir une communication entre les cavités qui creusent l'apophyse mastoïde et la lumière du conduit. Il en résultera une mastoïdite; avec ou sans passage du corps étranger dans l’antre ou dans les cellules mastoidiennes.
On se rappelle les observations de Toynbee dont nous avons parlé plus haut et dans lesquelles des bouchons cérumineux ont perforé la paroi postérieure du conduit osseux
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pour passer dans lantre. C’est alors qu'on verra évoluer la mastoïdite avec ses symptômes généraux graves et l’abcès mastoïdien. Or on sait quelles suites terribles peuvent être celles de cette affection. L’antre pétreux est en rapport intime en haut et en arrière avec le sinus latéral, qui peut être mis à nu dans la cavité même de l’antre par la carie de la lame osseuse qui la limite en arrière. On pourra observer dans certains cas des phlébites du sinus dont l'issue est à peu près sûrement fatale. En haut l’antre est très voisin du cerveau. En avant passe le facial dans son canal osseux, et ceci nous explique la possibilité des méningites, des ahcès du cerveau et des paralysies faciales.
Mais l’ostéo-périostite peut atteindre la paroi supérieure ou antérieure du conduit osseux et on aura dans le premier cas des caries de l’écaille et des accidents cérébraux, dans le second la possibilité d’arthrite temporo-maxillaire avec tous ses symptômes fonctionnels sur lesquels nous ne pouvons insister ici. Les complications du côté du conduit osseux peuvent donc être elles aussi très graves, et déterminer la mort, d'autant plus que comme nous l'avons déjà dit, elles coïncident souvent avec l’otite moyenne.
3 Accidents réflexes graves. .
Nous avons signalé, en parlant des symptômes, les accidents réflexes qui ont été observés dans les cas de corps étrangers de l'oreille. Certains d’entre eux peuvent être excessivement graves.
Belbeder parle d’une mort rapide avec convulsions, due à un grain d'avoine implanté sur la membrane du tympan. Dans d’autres cas, ce fut à l'occasion d’une petite boule de verre, d’un haricot, d’un mille pattes introduit
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dans l'oreille, qu'apparurent de véritables crises épileptiques. On peut s'expliquer ces phénomènes en les rapprochant des crises épileptiques vraies. On admet aujourd’hui, en effet, que dans bien des cas, au moins, l’épilepsie a pour point de départ l’irritation excessive des terminaisons nerveuses (aura). Il semble donc logique d'admettre la même origine pour ces accidents épileptiformes dans les cas de corps étrangers du conduit. ;
4° Infection.ganglionnaire. — Adéno-phlegmon.
Nous avons, dans notre observation VII. un bel exemple de ces complications. L’otite externe retentit sur les voies lymphatiques, et les ganglions s’enflainment. On les trouve engorgés, plus ou moins gros, surtout dans la région sterno-mastoïdienne supérieure et vers l’angle de la mâchoire inférieure.
Bien souvent, une poussée aiguë se produira vers ces ganglions engorgés, surtout lorsque l’écoulement d'oreille date d’assez longtemps. C’est presque toujours au moment où cet écoulement diminue ou disparait brusquement, que l'adéno-phlegmon évolue et que la suppuration ganglionnaire se fait. Nous n'’insisterons pas sur les signes bien connus de l’adéno-phlegmon ; mais nous ferons remarquer ici, en passant, qu il peut entrainer de la gêne respiratoire chez les jeunes enfants, et qu’en tout cas, il nécessite une évacuation du pus par incision. Il restera done une cicatrice désagréable pour une fille, en un point assez exposé aux regards. D'autre part, chez l'enfant, les cicatrices sont assez souvent kéloïdiennes, et l'on sait combien ces cicatrices sont affreuses et difficiles à modifier.
Fort heureusement, une intervention précoce et bien