V. — PÉRICARDE
1° Projectiles péricardiques libres.
O8s. 82. — Le Fort (3e cas). Balle de shrapnell libre dans le péricarde. Extraction par vote trans-pleurale large (1/2 volet costal). Guérison.
Le Fort [ 185] et [187], p. 380-382.
Une radioscopie montre un shrapnell à droite de la ligne médiane, « se projetant à la partie inférieure de l’aire cardiaque, audessus du diaphragme dont il suit assez mal les mouvements, animé d’un battement transversal aisément constatable en apnée ». En transverse, le projectile semble en avant du cœur, à 4 centimètres environ de profondeur.
Os. 83. — Le Fort et Phocas (8e cas). Eclat d’obus dans la cavité du péricarde.
Le Fort [ 187], p. 518-520.
5 mai : l’orthodiagramme révèle un « éclat à gauche de la colonne vertébrale, dans la partie moyenne de l’ombre cardiaque et figurant un mouvement de haut en bas et de droite à gauche ».
Il persiste un hémothorax gauche important.
1er juin : une radiographie situe le projectile « à 13 centimètres « du plan antérieur, à 9 centimètres du plan postérieur, à 15 centis « mètres du plan latéral... donc en arrière du cœur ».
20 juin : persistance de l’hémothorax.
La radioscopie (Le Fort), précise que « l’éclat d’obus, assez -« difficile à trouver à cause de l’épanchement, paraît gros comme -« un haricot, animé de mouvements tourbillonnaires rapides. « se projette dans l’ombre cardiaque dans toutes les incidences, -< .. est vu dans la partie postéro-inférieure du cœur et se meut, -Cindépendamment des mouvements respiratoires, dans un espace « du volume d’une bonne châtaigne ». |
29 juin : une nouvelle radioscopie montre que « le projectile, en
« position transversale, paraît nettement situé en arrière du cœur. « Le mouvement de cet éclat a diminué d’amplitude, ses carac-
« tères ne se sont pas sensiblement modifiés, on constate toujours
« le mouvement tourbillonnaire ». L’hémithorax est presque tari.
29 Projectiles péricardiques fixes.
Oss. 84. — Le Fort (7€ cas). Eclat d'obus de la pointe du péricarde. Extraction par résection limitée de deux côtes. Guérison.
Le Fort [ 187], p. 337-338.
Radioscopie : éclat de la taille d’un haricot, suivant « assez faiblement les mouvements du diaphragme au voisinage duquel il est situé. Le repéreur (compas de Danion), le situe à gauche, près de la 8° côte, assez en dehors. Le diaphragme est peu mobile à ce niveau et.le cul-de-sac costo-diaphragmatique très peu profond. I1 semble probable qu’une adhérence fixe la plèvre diaphragmatique à la plèvre pariétale au voisinage du corps étranger ».
Ogs. 85. — Sirving. Blessure par shrapnell de la paroi postérieure du péricarde ; extraction du projectile ; guérison. Sirving [ 278]. — Ce cas est analysé par Tanton in : Journ. de Chir., t. XIV, n° 6, 1918, p. 626-627.
Ex. radiologique : montre un « corps étranger situé au niveau du reflet supérieur du péricarde postérieur, à gauche de la ligne médiane », se déplaçant verticalement avec les mouvements respiratoires, latéralement avec les mouvements du cœur ; en outre, il présente des « mouvements de rotation sur son axe vertical ». —
Conclusion : projectile « incrusté en partie dans le sac péricardique, saillant en partie au dehors de lui », siégeant sur ou entre les veines pulmonaires.
Os. 86. — Rastouil (1er cas). Extraction sans incidents et suivie de guérison d'un projectile situé dans la paroi du péricarde.
| Rastouil [ 249].
La radioscopie montre un «éclat d’obus du volume d’une grosse olive, inclus dans le parenchyme pulmonaire, au niveau de la région antéro-externe de la pointe du cœur, et adhérant au péricarde ».
Ogs. 87. — Le Fort (10€ cas). Eclat d’obus situé entre les segments intra-péricardiques de l'aorte et de la veine cave. Extraction par voie trans-pleurale large (volet costal arnélioré, avec volet chondro-sternal). Guérison.
Le Fort { 189 |, p. 1587-1588 ; Demars [ 78), p. 82-86 (32 obs.).
1er juin : radioscopie : « éclat d’obus à 5 centimètres de profondeur, sous le repère cutané de la région sternalé ; l'éclat, mobile avec les mouvements respiratoires et animé de pulsations, est probablement au voisinage du hile pulmonaire » (Chéron).
12 août : radioscopie (de Keating-Hart, 23 août) : « Eclat métallique pulsatile, du volume d’un haricot, situé sur la paroi antérolatérale droite de l'aorte, à 2 doigts au-dessous de la crosse. » Le 29 août, ce projectile, qui est animé de battements, « doit être situé dans les gros vaisseaux de la base du cœur, car en aucune position 1l n’est possible de détacher son ombre de celle des vaisseaux ». Il se projette à droite du sternum, un peu au-dessus du 2° cartilage costal.
Ons. 88. — Vaquez et Bordet. Balle de shrapnell dans la cavité péricardique.
Vaquez et Bordet [ 307 |, p. 243-245.
Cette observation est fournie par les auteurs comme exemple de projectile intra-péricardique tombé au fond du sac après un épanchement de la séreuse.
ORALE EC LTE
Il s’agit d’un canonnier porteur d’une balle de shrapnell apparaissant, en position directe antérieure, sur le contour inférieur du ventricule droit, au niveau du bord gauche de la colonne vertébrale qu’elle chevauche exactement. Cette ombre est séparée du centre du diaphragme par une bande transparente s’élargissant à l'inspiration. En position latérale, elle se projette sous la masse ventriculaire, à 3 em. 5 de la paroi thoracique antérieure. — Conclusion : balle logée à 3 cm. 5 de profondeur de la paroi sternale inférieure, sur une ligne antéro-postérieure passant à la partie inférieure du cœur droit et tangente au bord gauche de la colonne vertébrale : est-elle pariétale ventriculaire ou péricardique ? — La réponse à cette question est fournie par l'étude des mouvements du projectile, qui sont de deux ordres :
19 Battements synchrones à ceux du cœur, mais d'amplitude beaucoup plus considérable. En O. A. D. 209, ils se propagent verticalement sur une étendue de 8 millimètres (4 en haut, 4 en bas). Il s’agit donc de battements communiqués.
2° Déplacements respiratoires : en O. A. D. 450, ils paraissent « de même sens mais plus étendus que ceux du cœur, de même sens mais moins étendus que ceut du diaphragme ».
Le projectile est par conséquent « logé dans le péricarde, au voisinage de la paroi ventriculaire ».
Ogs. 89. — Davison. Extraction d’une balle contenue dans le péricarde, sous anesthésie locale.
Davison [ 65 ].
Tentative de suicide par revolver, le 30 mars 1923 : une balle pénètre dans le 3€ espace intercostal gauche, sur la ligne mamelonnaire, une autre dans le 5€ espace du même côté, un peu en dehors de la ligne mamelonnaire : pas d’orifice de sortie.
La radioscopie ne découvre que l’un des deux projectiles, au niveau de la 102 côte, très en arrière, et nettement libre dans la cavité pleurale.
Une seconde radioscopie, pratiquée ultérieurement, permet de découvrir la seconde balle « directement sur l’ombre cardiaque. soit dans le sac péricardique, soit incluse dans le myocarde, car
à ei Qi
elle présente des mouvements synchrones à chaque battement cardiaque ». En transverse, elle est « antérieure à l'ombre du cœur, . mais à son contact direct ».