‹ Corps étrangers permanents du cœurChapitre 6 sur 57 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Introduction.

On connaît de longue date la possibilité d’une inclusion prolongée de corps étrangers dans le cœur humain ; pendant longtemps néanmoins, les observations furent simplement publiées à titre de curiosités anatomiques.

Jamain, dans sa Thèse d’Agrégation (1857) [154], puis

Fischer (1867) [111], Loison (1899) [203], Guibal (1905) [136], en d’importants mémoires consacrés aux Plaies du: Cœur, réunissent les premiers un certain nombre de cas de corps étrangers cardiaques ; mais il faut attendre la guerre de 1914-1918 pour que, les observations se multipliant, les premiers travaux d'ensemble paraissent sur le sujet l'étude très documentée faite par Paul Delbet, en 1917, ‘dans Paris-chirurgical [#1 ], représente, à cet égard, la plus importante revue générale. Aucun travail comparable n'étant paru depuis, nous avons, à l’instigation de notre Maître, M. le Pr. A. Clerc, jugé opportun de faire la mise: au point de la question (1).

(1) Nous avons l'intention de publier prochainement les conclusions. d'ordre pronostique et thérapeutique qui découlent de cette étude.

Les corps étrangers les plus divers ont pu être rencontrés dans le cœur : un fragment de poinçon (Ferrus, 1826) (1), un cure-dents en ivoire (Barbier, 1828) (1), des éclats de bois, d’os (Purple, 1855) (1), (Davis, 1834) (1), des burins (Roux) (1), (Pommer, 1835) (1), une épingle à cheveux (Laugier) (1), un morceau d’épée (Dupuytren, 1839) (:), une arête de poison (Andrews, 1860) [2], une épine de prunier épineux (Kusmaul, 1864) (1). Mais les corps étrangers les plus fréquemment rencontrés sont constitués par des aiguilles et des projectiles d’armes à feu.

La nécessité de nous limiter, d’une part, de l’autre la prédominance indiscutable, parmi les corps étrangers cardiaques permanents, des projectiles d’armes à feu, nous ont porté à n’envisager que les faits concernant cette dernière variété ; encore, parmi eux, faut-il distinguer ceux où la rétention représente la séquelle d’une plaie cardiaque cicatrisée, de ceux où elle apparaît comme une complication immédiate, contemporaine de la blessure du cœur : nous avons éliminé tous ceux qu’une intervention précoce ou une mort rapide (par choc ou hémorragie), doivent faire ranger parmi les Plaies du Cœur.

Paul Delbet réunissait, en 1917 [71], 69 cas de plaies du cœur par projectiles d'armes à feu, 64 d’entre eux correspondant à ce cadre ; dans les 5 autres observations, la mort est survenue soit d'emblée, soit dès les premières heures, résultant manifestement de la plaie cardiaque, non .du corps étranger.

Nous en avons nous-même rassemblé 138 observations, dont 4 personhelles ; ce nombre représente, pensons-nous, la totalité des cas publiés en France depuis 1815 et la grande majorité de ceux qui l’ont été à l’étranger.

L'importance de ce travail, qui déborde largement le cadre d’une Thèse, nous a mis dans l’obligation de n’envi-

(1) Cité par Paul Delbet [71].

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