‹ Corps étrangers permanents du cœur, Projectiles d'armes à feuChapitre 10 sur 54 · I. — Méthodes radioscopiques · texte numérisé non relu

I. — Méthodes radioscopiques

Rappelons que l’examen à l’écran sera pratiqué en frontale antérieure puis dans les positions obliques : l’exploration rapide de l’ensemble du thorax donne très souvent

d’emblée la certitude de l'inclusion. Si les balles de fusil, les

éclats d’un certain volume sont aisément découverts, les cas ne sont pas rares où un corps petit, ou très mobile, ou situé dans la partie médiane du thorax, en projection des ombres du rachis et du cœur, passe inaperçu à un premier examen : tel le cas de Beaussenat (obs. 24), où la balle de shrapnell, fixée dans la cavité du ventricule droit, n’est découverte que plusieurs mois après son inclusion, lors d’une deuxième radioscopie ; dans celui de Davison (obs. 89) un premier examen radiologique méconnaît la balle péricardique et ne découvre que la balle pleurale ; dans l’une de nos observations (obs. I), l'éclat de grenade, situé dans la

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paroi ventriculaire droite, n’est reconnu que 16 ans après la blessure, les premiers examens étant demeurés négatifs. Une réserve s’impose encore en cas d’épanchement péricardique ou pleural abondant : l'obscurité produite par le liquide empêche en effet une exploration complète et peut masquer un projectile peu opaque, (obs. 40, 1e7 examen négatif à cause d’un hémopéricarde abondant). L’observation 83 est du même ordre : un hémothorax important rend difficiles les premiers examens.

Il est donc nécessaire de pratiquer une radioscopie minutieuse et systématique : le sujet sera examiné debout puis couché, en ayant soin de diaphregmer successivement au niveau de toutes les régions particulièrement opaques (projection du squelette, du cœur, du médiastin), en faisant exécuter de fortes insptrations qui dégagent les culs-de-sac péricardiques et pleuraux et décollent le diaphragme du contour cardiaque (ventricule droit surtout) : dans un cas de Le Fort (obs. 32), la balle disparaissait complètement derrière le diaphragme pendant la moitié de la phase respiratoire, mais se situait nettement au-dessus de lui, dans le thorax, à l'inspiration forcée. Il en était de même dans les observations 38 (Ferrabouc et Trial) at 31 (Moreau).

On utilisera les incidences les plus variées (face, obliques, transverses) en s’efforçant de dissocier les ombres : la balle du blessé de Paul Delbet (ohs. 62), logée « au niveau de la « paroi postérieure du cœur », était absolument invisible dans les positions obliques.

Dans la majorité des cas par conséquent, la radioscopie fournit d'emblée la certitude d’un corps étranger dans la « région du cœur ». En règle générale tout projectile «ayant au moins 3 millimètres de côté, et qui est constitué «par un métal autre que l’aluminium, est toujours déce- « lable radioscopiquement, fût-ce dans les régions les plus « épaisses du corps et même dans le crâne, le rachis ou le «bassin » (Ombredanne et Ledoux-Lebard). L’examen direct à l'écran apportera encore des renseignements sur sa forme, sur son volume. Il permettra d'apprécier ses mouvements, ses déplacements, éléments de valeur localisatrice

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capitale, et que nous envisagerons au paragraphe suivant.

Sa nature est par contre souvent difficile à préciser. Celle d’une balle de fusil, d’un volumineux shrapnell, d’un éclat d’obus est évidente. Mais si l'éclat est petit, son épaisseur minime, nombreuses peuvent être les causes d'erreur : c’est dire l’intérêt qu'il y a de varier les incidences et la force de pénétration des rayons. Une observation de Le Fort, est particulièrement instructive à ce point de vue (1) : un soldat est blessé d’un éclat de grenade au thorax ; la radioscopie montre un corps étranger appliqué sur l’auricule gauche, «de faible opacité, long de 2 cms. 5, situé «à 9 cms. de profondeur sous la partie inférieure du 3€ car- « tilage costal gauche... très mobile, suivant tous les mou- «vements de l’oreillette gauche, montant et descendant «avec le diaphragme, suivant la systole et la diastole et « paraissant en outre animé d’une sorte de trépidation ». On pense qu'il s’agit du projectile qu’on décide d’extraire : l'intervention découvre non pas l’éclat de grenade, mais un fragment osseux d’origine costale, entouré d’une gangue assez résistante et qu'on retire par morcellement d’une cavité dont le fond paraît formé par la paroi même de l’auricule. On voit donc l'intérêt d'examiner toujours un corps étranger peu opaque sous deux incidences perpendiculaires l’une à l’autre : s’il est mince, il peut être métallique ; si au contraire il est d’une épaisseur notable, on peut affirmer qu'il s’agit d’un objet non métallique, d’un éclat osseux par exemple.

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