II. — Méthodes radiographiques
L'examen radiographique complètera naturellement la radioscopie, qui l’aura préparé, en précisant les conditions de projection les plus correctes. Une difficulté surgit cependant : les corps étrangers cardiaques sont toujours animés
(1) Voir : Demars [78], p. 86, 4° observation.
AMG CE
de mouvements plus ou moins rapides et amples : leur photographie nécessite donc des poses extrêmement réduites si Von veut obtenir une image nette. Ledoux-Lebard soulignait dès 1916 la difficulté et la rareté de radiographies satisfaisantes : seul à cette date Finzi ([110] et obs. 40), par une pose d’1/10e de seconde, avait obtenu un cliché lisible. Selon Ledoux-Lebard des instantanés de l’ordre du 1/20e de seconde au maximum, peuvent arriver à ce résultat, et il publie (obs. 2), deux radiographies nettes, prises au 1/50 de seconde environ... Ces difficultés d'ordre purement technique, sont de nos jours plus aisément surmontées : Ponzio en 1917 (obs. 14) parvient à fixer une balle libre dans le ventricule droit par une pose au 1/300€ de seconde. Ascoli (obs. 4), la même année, obtient des résultats satisfaisants au 1/10€ de seconde. Finzi signale encore que les clichés pris pendant la diastole sont plus nets que ceux pris pendant la systole, le mouvement pariétal étant plus lent pendant la 2€ phase de la révolution cardiaque.
IT. — Diagnostic différentiel.
De ces premiers examens on peut donc conclure à l’existence d’un projectile dans la région du cœur. Sans détailler toutes les fausses images de corps étrangers que la radiologie peut rencontrer, nous rappellerons les causes d’erreur les plus fréquentes : outre celles, facilement évitées, qui proviennent d’un vice de lechnique (défaut de la plaque, taches des écrans renforçateurs..….), ou d’un objet porté par le sujet au moment de l’examen (bijoux, épingles, boutons, boucles, vêtements...), certaines causes sont parfois plus difficilement éliminées ; il en est ainsi des produits médicamenteux opaques, à poids atomique élevé, utilisés dans certains pansements : iodoforme, pâtes bismuthées, sels métalliques et métalloïdiques lourds ; ces corps, lorsqu'ils ont pénétré dans une plaie, peuvent y demeurer longtemps. Il en est de même des injections intra-musculaires ou souscutanées de sels de mercure ou de dérivés iodés, des résidus
AL Fee
bronchiques d’un examen radio-lipiodolé. Certains produits pathologiques posent parfois des problèmes bien délicats : plaques d’athérome aortique, calcifications pleurales, péricardiques ou ganglionnaires d’origine tuberculeuse (Albert Weill) ou autre, qui peuvent même présenter, comme les projectiles cardiaques, des battements d’origine cardio-vasculaire. Nous venons de voir enfin combien, dans certains cas, la distinction peut être difficile entre un projectile et un éclat osseux résultant de la blessure initiale (observation de Le Fort).