‹ Corps étrangers permanents du cœur, Projectiles d'armes à feuChapitre 31 sur 54 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Conclusions.

Nous avons étudié en détails chacun des temps de l'examen radiologique : la confrontation de leurs résultats amène le plus souvent à un diagnostic de localisation précis. Celui-ci pose, nous l’avons vu, une double question :

1° Le projectile siège-t-il dans le ventricule ou l'oreillette ? et de quel côté ?

Cette localisation d’ordre purement « fopographique », est, en règle, aisément obtenue par l'étude comparative de la projection thoracique du corps étranger, de sa profondeur, de la situation qu'il occupe dans l’ombre cardiaque sous les différentes incidences, et surtout par la radiokymographie.

29 Mais, ce premier point acquis, reste à savoir s’il siège dans le péricarde, la paroi ou la cavité du cœur : c’est ce qu’on pourrait appeler la localisation « en épaisseur ».

Le problème est ici beaucoup plus délicat.

a) Il est certes des cas évidents : une balle indissociable de l’ombre cardiaque sous toutes incidences et animée de mouvements tourbillonnaires rapides est, sans aucun doute, endo-cavitaire ; un éclat inclus dans une paroi ventriculaire en toutes positions et battant synchroniquement avec le cœur peut être affirmé intra-pariétal...

b) Mais il est des cas, nombreux, où l’on ne peut dire si le corps étranger qui présente des mouvements pulsatiles

et se déplace avec la paroi, y est vraiment inclus ou s’il n’est pas fixé dans un diverticule de la cavité, ou encore s’il n’est pas extra-cardiaque mais plus ou moins incrusté dans la paroi...

«) Nous avons vu les réserves avec lesquelles il faut interpréter la dissociabilité des ombres du projectile et du cœur: si un corps étranger qui reste inclus dans la silhouette cardiaque sous toutes incidences peut être considéré, — sauf de très rares exceptions, — comme «intra-cardiaque » (paroi ou cavité), la proposition inverse est inexacte : un projectile pariétal peut, nous l'avons vérifié, sembler quitter l’ombre du cœur dans certaines positions.

6) Vaquez et Bordet insistent sur quelques éléments capables de différencier un projectile intra-péricardique fixe d’un projectile pariétal : il s'agissait, dans leur observation (obs. 88) d’un shrapnell localisé à 3 cm. 5 de profondeur de la paroi sternale inférieure, sur une ligne antéropostérieure passant à la partie inférieure du cœur droit et tangente au bord gauche de la colonne vertébrale. «Etait-il « adhérent à la paroi ventriculaire ? ou siégeait-il dans le « péricarde ? — L'étude des mouvements du projectile « devait guider la réponse. Ces mouvements étaient de « deux ordres : 1° des battements, 20 des déplacements « respiratoires. Les battements étaient synchrones à ceux « du cœur, mais d’amplitude beaucoup plus considé- « rable... Ils se propageaient dans le sens vertical, ayant « une excursion totale de 8 millimètres, 4 en haut, 4 en « bas, ce qui démontrait qu'il s'agissait de battements « communiqués. Les déplacements respiratoires étaient « de même sens, mais plus étendus que ceux du cœur, de « même sens également, mais moins étendus que ceux du « diaphragme... Donc : projectile logé dans le péricarde, « au voisinage de la paroi ventriculaire. »

De l’avis unanime, un projectile extra-cardiaque (intrapéricardique) peut être animé des mêmes mouvements qu'un projectile situé dans la paroi du cœur (obs. 81...). Ce n’est donc que lorsque les déplacements du corps étran-

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